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Au Web Summit, Margrethe Vestager veut «continuer à pousser» pour taxer les GAFA en Europe

Avec l'AFP

Les défenseurs d’une taxation des géants de l’économie numérique doivent «continuer à pousser» pour une solution à l’échelle européenne qui empêche le marché de devenir «le Far West», a affirmé mercredi la Commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager. «En matière de taxation, il faut pousser pour faire avancer les choses. J’espère que les Autrichiens (qui assurent la présidence tournante de l’Union européenne, NDLR) vont maintenir la pression», a déclaré Margrethe Vestager lors d’une conférence de presse pendant le Web Summit, rendez-vous annuel réunissant des milliers d’entrepreneurs du numérique à Lisbonne.

Le projet de directive européenne destinée à mieux imposer les GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon) se heurte à la vive résistance de l’Irlande, du Danemark et de la Suède, mais aussi aux doutes exprimés par l’Allemagne. Pour tenter de sauver un de ses projets phares, le gouvernement français a accepté mardi de repousser son éventuelle entrée en vigueur à fin 2020 pour convaincre les pays réticents de l’adopter au prochain Conseil européen de décembre.

Bruxelles dans les pas de Londres en plein Brexit ?

«C’est pour moi, personnellement, une proposition très importante», a souligné Margrethe Vestager. «Les entreprises numériques paient en moyenne 9% d’impôts, contre 23% pour les autres sociétés, alors qu’elles sont dans le même marché pour la main-d’oeuvre qualifiée ou le capital. Du point de vue de la concurrence, il faut équilibrer le terrain», a-t-elle fait valoir. «Au milieu d’une révolution technologique, si on veut éviter que ce soit le Far West, il faut être prêt à la réguler», a-t-elle insisté.

«Nous voyons que le Royaume-Uni avance vers la taxation numérique et cela abonde en faveur d’une réponse au niveau européen», a ajouté Margrethe Vestager, alors que des initiatives pour taxer les GAFA ont également déjà été prises en Inde et à Singapour. Des projets sont aussi en cours en Espagne et en Italie.

Au lendemain des élections de mi-mandat aux États-Unis qui ont donné aux démocrates le contrôle de la Chambre des représentants, tout en confortant la majorité républicaine au Sénat, la Commissaire a jugé qu’il était encore «difficile» de savoir si les Américains se montreraient plus enclins à réguler plus fortement les entreprises technologiques. Mais «il y a une curiosité croissante (aux États-Unis) envers ce que nous faisons en Europe, et ce des deux côtés de l’échiquier. Je ne détecte aucune intention de nous copier, mais plutôt un intérêt renouvelé pour les questions de droit de la concurrence», a-t-elle affirmé.

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