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Covid-19: des grandes écoles tentent le campus virtuel

AFP

Sur son écran d’ordinateur, l’étudiant promène son avatar dans une version virtuelle de son école, cherchant la salle de cours où il s’apprête à présenter le projet qui l’a occupé les jours précédents. Sa destination trouvée, il peut bavarder quelques minutes grâce à son micro avec les autres avatars -étudiants et professeurs- déjà présents, avant de commencer sa présentation, en s’appuyant sur des vidéos ou diaporamas qu’il projette sur un écran de la salle virtuelle.

Forcées par le Covid-19 de limiter la présence physique de leurs étudiants, plusieurs grandes écoles testent en ce moment les possibilités des « campus virtuels », qui permettent aux communautés éducatives d’échapper à la froide solitude des vidéo-conférences. Dans le campus virtuel, « on croise par exemple des gens que l’on n’avait pas prévu de rencontrer », retrouvant ainsi une précieuse dimension de surprise et de spontanéité, explique Ivan Laurens, l’un des professeurs qui coordonnent le campus virtuel de Grenoble Ecole de Management (GEM).

Les avatars disposent d’un petit nombre de manières d’exprimer leurs émotions pour enrichir l’interaction, allant jusqu’à une cocasse petite danse pour manifester leur enthousiasme. GEM a utilisé le campus virtuel pour accueillir ses quelque 650 nouveaux étudiants de première année. La première grande réunion des étudiants s’est effectuée dans l’auditorium du campus virtuel et ils ont ensuite été lancés sur la construction d’un projet en équipe de cinq s’étalant sur dix jours, avec soutenance dans le campus virtuel. « Sur les dix jours, ils ont bien dû passer trois ou quatre jours dans le campus virtuel », indique Laura Leick, chargée de communication à GEM.

La première grande réunion des étudiants s’est effectuée dans l’auditorium du campus virtuel. Crédit: GEM/Facebook.

GEM n’a pas encore tranché sur l’avenir qu’elle va donner à cette expérience. Mais Neoma, grande école de commerce rivale qui dispose de trois campus à Rouen, Reims et Paris, a décidé de sauter le pas sur toute l’année. Aujourd’hui, un peu moins de 500 étudiants ont leur avatar sur le campus virtuel de l’école, mais le nombre devrait rapidement monter à 9 000, probablement d’ici à la fin de l’année, explique Alain Goudey, le directeur de la transition digitale de Neoma.

«Pour un campus virtuel, on est à quelques dizaines de milliers d’euros par an»

« Les premiers retours que nous avons sont très bons », justifie-t-il. Avec le campus virtuel, « on arrive à recréer une unité de lieu et de temps, une coprésence, qui n’existe pas » avec les applications de vidéo-conférence comme Teams ou Zoom, affirme-t-il. Mais « nous ne voulons pas être dans une démarche d’obligation. Les professeurs vont être libres d’utiliser le système ou non pour faire cours », tempère-t-il. Neoma, comme GEM, utilise la solution de monde virtuel proposée par Laval Virtual, qui gère le salon de la réalité virtuelle du même nom, et qui repose sur le monde virtuel de la société californienne Virbela.

Laval Virtual l’avait déniché en catastrophe au printemps dernier, en montant au dernier moment une version en ligne de son salon annulé en raison de l’épidémie. Après la réussite de la manifestation, l’équipe de Laval Virtual a été sollicitée par de nombreuses institutions et entreprises pour partager son expérience, explique Laurent Chrétien, le directeur général de Laval Virtual.

« Aujourd’hui nous avons une équipe de six personnes qui travaille » sur ces projets de mondes virtuels professionnels, particulièrement intéressants pour tout ce qui touche à la formation, explique-t-il. « Ce n’est pas très compliqué, ni très cher de tester ces univers pendant quelques mois », ajoute-t-il. « Pour un campus virtuel, en fonction de sa taille, de son ambition, de sa complexité, on est à quelques dizaines de milliers d’euros par an, en restant en dessous de la centaine de milliers d’euros », estime-t-il.

Laval Virtual collabore avec les Arts et Métiers sur ce sujet et a embauché dans le cadre des contrats emploi recherche (Cifre) un étudiant qui prépare une thèse sur les possibilités des mondes virtuels pour l’apprentissage. Côté offre, l’éventail ne cesse en tout cas de s’élargir. « Quand nous avons fait notre recherche de monde virtuel pour notre salon, nous avons dénombré une quarantaine d’offre de mondes virtuels disponibles », indique-t-il. « Aujourd’hui, je pense qu’on est plutôt au niveau de la centaine ».

La rédaction

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