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Déconfinement: face aux transports en commun, le retour gagnant des vélos et trottinettes en libre-service

AFP

En sommeil ou délaissés pendant plusieurs semaines, les vélos et trottinettes en libre-service ont fait leur retour en ville depuis le déconfinement et commencent à profiter de la défiance des usagers envers les transports en commun. Après un mois d’arrêt en pleine crise du coronavirus, les trottinettes de l’opérateur Tier Mobility ont repris du service en France le 17 avril. Mais lundi, premier jour du déconfinement, a marqué un net redémarrage. Les 535 engins déployés à Paris ont effectué deux fois plus de trajets que la semaine précédente. Le taux d’utilisation reste cependant cinq fois inférieur au niveau attendu pour un mois de mai, a indiqué à l’AFP Alexandre Souter, directeur général pour la France.

Comme toutes les entreprises de transport, la startup allemande, également présente à Bordeaux et dans 55 villes en Europe, pâtit toujours de l’immobilité relative de la population, encore invitée à restreindre ses déplacements au maximum. Pour la sécurité des clients, « on fait une désinfection complète de la trottinette tous les cinq trajets et on recommande fortement de se laver les mains avant et après utilisation », explique M. Souter. Mêmes précautions chez Lime, leader mondial revendiqué de la mobilité connectée, qui a remis 2 000 trottinettes en service à Paris depuis lundi. La société américaine affirme toutefois que le contexte de crise « est une opportunité de prioriser les modes de transport plus écologiques » et croit à une accélération de la demande.

Chez le concurrent Bird, les affaires ont repris vendredi dernier à Paris, Lyon et Marseille. « C’est un retour progressif, l’idée est de ne pas remettre trop de trottinettes trop vite et de s’assurer que la demande est bien au rendez-vous », a expliqué à l’AFP le responsable pour la France, Driss Ibenmansour. « Je m’attends à une augmentation d’utilisation avec un report des transports publics vers la trottinette », a-t-il ajouté, tablant aussi sur le coup de pouce que constitue la mise en place de pistes cyclables temporaires dans de nombreuses villes ainsi que sur le retour des beaux jours qui pourrait stimuler les envies de sorties.

Chez Smovengo, exploitant du service Vélib’ à Paris, on constate aussi un réveil de la demande: 75 600 courses lundi, soit un doublement par rapport à la semaine précédente. Le chiffre est encore monté à près de 95 000 mercredi, tout proche des niveaux d’avant crise… Mais encore moitié moins que pendant la grève des transports en commun fin 2019.

Suppressions d’emplois 

Le redémarrage est crucial pour des sociétés lourdement frappées par les conséquences de la pandémie de Covid-19. Bird a licencié fin mars un tiers de ses salariés. Lime s’est refinancé via une participation à son capital du rival Uber qui lui cède au passage ses activités de vélos et trottinettes exploitées sous la marque Jump. Et Uber a lui-même annoncé la semaine dernière supprimer 14% de ses effectifs… Ces mobilités douces en libre-service « vont se renforcer et bénéficier de la crise », estime pourtant Joël Hazan, expert du Boston Consulting Group (BCG). En Chine, l’utilisation des vélos partagés à été multipliée par 2,5 dans certaines villes ces dernières semaines alors que la fréquentation du métro a chuté de 40%, constate-t-il.

En France aussi, « on voit actuellement beaucoup de gens à vélo ou en trottinettes ». Ces modes de transport « sont excellents pour le maintien de la distanciation sociale » dans le contexte pandémique, tout en évitant la pollution et la congestion provoquées par l’automobile, constate encore M. Hazan. Certes, la plupart des utilisateurs possèdent leur propre véhicule et « les boutiques sont prises d’assaut », observe-t-il. Mais les mobilités en libre-service trouvent leur marché pour des usages moins réguliers que les trajets quotidiens domicile-travail et « vont se développer ».

Reste une grande interrogation: la vitesse de la reprise en Europe et aux Etats-Unis. Ces services étaient déjà peu ou pas rentables avant la crise. Même si les opérateurs « ont fait des levées de fond et sont bien financés », ils ne tiendront pas très longtemps avec une activité réduite. « Tant qu’on restera sur une quantité de déplacements très dégradée, personne ne tirera son épingle du jeu », avertit Joël Haza.

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La rédaction

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