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Enseignement du numérique : la France « extrêmement en retard » selon un rapport parlementaire

Le rapport propose d’éveiller au codage informatique dès la primaire

« Une personne qui n’a jamais commis d’erreurs n’a jamais tenté d’innover », Albert Einstein – Conscience.  C’est avec cette citation qu’est introduit le rapport d’information « Agir pour une France numérique : de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace… » présenté ce mercredi à l’Assemblée nationale. La Commission ayant fini de se réunir à 11h30, le document sera officiellement dévoilé à 14h.

Cette copie de 140 pages supervisée par Corinne Ehrel, députée socialiste des Côtes d’Armor, et Laure de La Raudière, députée UMP d’Eure et Loir, passe en revue l’écosystème numérique français pour en dresser le panorama, déterminer les faiblesses et les enjeux qui y sont liés. Dans la version provisoire à laquelle Frenchweb a eu accès, le rapport estime qu ‘« il est temps de prendre conscience que sans actions fortes, sans un engagement entier de tous les acteurs de notre pays dans cette révolution, nous serons laissés sur le bas-côté de la route, condamnés à fournir nos matières premières – données, ressources humaines, idées – à d’autres États qui les feront prospérer ».  Et de commencer par remettre en cause l’esprit encore dominant au Palais Bourbon et dans les ministères.

Evaluer les incubateurs

« Pour ce faire, il faut arrêter de penser le numérique comme une filière industrielle à part entière, arrêter de considérer le numérique comme une simple évolution technologique, arrêter de « se mettre au numérique » de manière incrémentale, mais bien prendre conscience qu’il s’agit d’une révolution systémique qui change profondément nos sociétés, en influant sur nos modes de production, nos modes de vie, notre quotidien, nos institutions, et en appelant une conversion numérique globale ».

Les deux députées proposent ainsi de commencer par l’Etat et les collectivités locales pour booster les start-up françaises et de « réserver une part de la commande publique numérique » au développement de nouvelles applications dans le domaine de l’internet des objets » et de « renforcer la place de l’innovation de rupture dans les critères d’évaluation et d’attribution des marchés publics ».

Souhaitant faciliter les démarches des jeunes entrepreneurs pour trouver les bons interlocuteurs, elles préconisent l’instauration d’une plate-forme publique pour les aiguiller. Pour favoriser les écosystèmes et leur déploiement, le rapport propose l’évaluation des incubateurs et des accélérateurs bénéficiant de crédits publics et d’ajouter « dans les critères d’évaluation des pôles de compétitivité un critère relatif à l’identification des pépites du numérique ». Pour combler le gap qui existe entre les grands groupes et les jeunes entreprises, il est suggéré d’inciter « à ce que les conseils d’administration des entreprises du CAC40 comprennent un membre ayant fondé une start-up innovante ».

Enseignement : la France est « extrêmement en retard »

La réduction de la fracture numérique passera par la formation selon le rapport qui propose de revoir les maquettes pédagogiques en éveillant les élèves du primaire au codage informatique et en imposant l’enseignement de l’informatique dès le collège. Un domaine dans lequel la France est « extrêmement en retard » soulignent les auteurs du rapport. « Soit ils programmeront, soit ils seront programmés » avait même jugé Fleur Pellerin en 2013 pour tacler les esprits réticents. Pour y parvenir, encore faut-il préparer les enseignants spécialisés dans ces disciplines avec la créations d’un CAPES et d’une agrégation d’informatique.

« Partout ailleurs, l’informatique a été inscrite dans les programmes scolaires dès le plus jeune âge. Ainsi, en Chine, au Japon et en Corée du Sud, l’informatique est enseignée dès l’âge de 8-10 ans et jusqu’à l’équivalent du bac. En Allemagne, certains Länder, comme la Bavière, ont rendu obligatoire l’enseignement de l’informatique depuis une quinzaine d’année. Par ailleurs, au Royaume-Uni, un rapport publié en 2012 par la Royal Society, intitulé Shutdown or Restart a conduit à faire de l’informatique une matière aussi importante que les mathématiques, la physique ou la biologie » rappellent les deux rapporteures. Au delà de l’initiation et des cours généraux, elles insistent sur la nécessité de former « des cohortes » de data scientists et de, façon plus générales, de renforcer les disciplines informatiques à l’université en réservant 10% des bourses à des sujets de recherche informatique. Hors des circuits institutionnels, est également préconisé l’élargissement des MOOCS, les cours en accès gratuits sur Internet, une initiative qui renforcerait encore plus France Université Numérique, la plate-forme dédiée pour les établissements de l’enseignement supérieur français.

En attendant, et pour combler le manque de formation adaptée, les deux députées invitent à la mise en place d’un « visa développeur » pour attirer les talents en France. Il s’agirait alors d’une prolongation du « visa entrepreneur », jusqu’à 10 000 par an, disponible sous 48 heures, annoncé par François Hollande en février dernier lors de son déplacement aux Etats-Unis.

Booster les start-ups avec le capital-risque

Pour faire face au manque de financement au niveau européen, notamment par rapport aux Américains, le dossier suggère la création de fonds paneuropéens, favoriser l’investissement de l’Etat dans des fonds d’investissement privés pour dynamiser le capital-risque et développer la liquidité des marchés – et donc les sorties de capital – avec la création d’un « Nasdaq européen ». Une idée de longue date.

Crédit photo: Fotolia, banque d’images, vecteurs et videos libres de droits
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Microsoft Experiences les 3 et 4 octobre 2017

Olivier Harmant

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