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Face à Uber, Taxify change d’identité pour devenir une plateforme multimodale de transport

Après Chauffeur Privé qui est devenu Kapten début février pour lancer son offensive internationale, c’est au tour de Taxify de changer de nom. La plateforme estonienne de VTC a en effet décidé de supprimer le terme équivoque «taxi» de son identité pour devenir Bolt, une appellation qui n’est pas sans rappeler un certain Usain Bolt, champion jamaïcain réputé pour sa vitesse légendaire. Bolt, c’est aussi le nom déjà utilisé par la société depuis plusieurs mois pour son service de trottinettes électriques, qui a notamment fait ses débuts à Paris en septembre dernier. La société entière étant désormais baptisée ainsi, Bolt nourrit des ambitions bien plus larges en matière de mobilité.

Fondée en 2013 par Markus et Martin Villig, avec le soutien d’Oliver Leisalu, Bolt était au départ une plateforme permettant aux utilisateurs de commander un taxi. «Il y a cinq ans, Taxify (Txfy en France) avait pour mission de rendre les transports urbains plus pratiques et plus abordables. Le premier service proposé était la mise en relation de taxis, ce qui a d’ailleurs inspiré le nom originel de l’entreprise. Depuis, nous avons étendu nos services bien au-delà de cette offre initiale qui continue par ailleurs de se développer», explique Markus Villig, co-fondateur et CEO de la société estonienne.

25 millions d’utilisateurs dans 30 pays 

Après ses débuts avec les taxis, la société a en en effet enrichi son offre pour proposer des VTC, des moto-taxis et plus récemment des trottinettes électriques en free-floating. A ce jour, Bolt revendique 25 millions d’utilisateurs dans 30 pays à travers le monde, principalement en Europe et en Afrique.

Sur un marché des VTC très concurrentiel dominé par le géant américain Uber, l’entreprise a pu compter sur le soutien de plusieurs investisseurs de renom, à l’image de Daimler, Didi Chuxing, Korelya Capital et TransferWise, pour continuer à se développer. L’an passé, la société estonienne a notamment bouclé un tour de table de 175 millions de dollars mené par le constructeur allemand Daimler, qui a d’ailleurs racheté fin 2017 la plateforme française Chauffeur Privé, devenue Kapten il y a un mois. L’opération a permis à l’entreprise d’atteindre le milliard de dollars de valorisation, la propulsant ainsi au rang de licorne.

Uber ajoute les transports en commun sur son application 

Forte de ce statut, la société estonienne veut désormais passer la vitesse supérieure pour devenir une plateforme multimodale de transport. Les trottinettes électriques constituent l’une des premières briques de cette ambition mais la route est encore longue. Bolt songe à proposer prochainement de nouveaux modes de transport individuels ainsi que des liaisons avec les transports en commun. Une approche «Mobility-as-a-Service (MaaS)» qui rappelle celle d’Uber.

En effet, la firme américaine a procédé à plusieurs manoeuvres dans ce sens au cours des derniers mois. Uber a ainsi investi dans les trottinettes électriques de Lime et racheté les vélos électriques de Jump l’an passé. En 2019, le géant américain des VTC poursuit sa montée en puissance dans la mobilité en testant aux États-Unis une nouvelle fonctionnalité qui permet aux utilisateurs de se voir proposer plusieurs itinéraires en transports en commun. Uber compte également proposer dans un futur proche la possibilité d’acheter un titre de transport depuis l’application. Par ailleurs, le groupe américain s’intéresse à la mobilité de demain en menant des expérimentations avec des voitures autonomes et des taxis volants. De nouveaux services qui doivent permettre à l’entreprise californienne de devenir l’application de transport ultime dans le monde. Un statut convoité par plusieurs acteurs, à l’image de l’Estonien Bolt et du Britannique Citymapper.

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Maxence Fabrion

Journaliste chez FW - DECODE MEDIAPour contacter la rédaction : redaction.frenchweb@decode.media
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