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Face aux startups qui bouleversent le marché de l’assurance, April veut se réinventer « en boîte Tech »

AFP

Considérablement amaigri, le courtier April veut se réinventer en misant sur la technologie, afin de rivaliser avec les start-up qui bouleversent le marché de l’assurance. « Nous allons transformer April pour en faire une ‘boîte tech’», a expliqué jeudi à quelques journalistes le directeur général Éric Maumy, arrivé en poste il y a un an dans la foulée du changement d’actionnaires. Fondé il y 32 ans par Bruno Rousset, April est l’une des plus spectaculaires réussites de l’assurance française. Un « Ovni », dit M. Maumy. Mais « ces dernières années, sa croissance, longtemps forte, s’était vraiment aplatie ».

Sous l’impulsion du nouvel actionnaire, le fonds anglo-saxon CVC, April a donc entrepris de céder nombre d’activités jugées non prioritaires. Le groupe entend notamment se désengager de la totalité de ses activités dans l’assurance. En tant que courtier, April conçoit, distribue et gère des contrats d’assurances, dont il transfère le risque à des assureurs « classiques ». Il peut ainsi économiser beaucoup de fonds propres dont l’activité d’assurance est grosse consommatrice. Comme déjà annoncé, le groupe lyonnais veut se concentrer sur cinq secteurs d’activité: la santé-prévoyance des particuliers, la santé-prévoyance des travailleurs non salariés, l’assurance emprunteur, certaines niches de l’assurance dommages (plaisance, deux-roues, entreprises du bâtiment, conducteurs à risques…) et l’assurance santé des expatriés.

La dernière pièce de son programme de désinvestissements sera aussi la plus substantielle, avec la vente programmée d’Axeria Prevoyance, dont le chiffre d’affaires atteint 300 millions d’euros. « Nous lancerons le processus de cession d’ici la fin de l’année », a indiqué M. Maumy. Une fois ces cessions achevées, le chiffre d’affaires du groupe aura été divisé par deux, passant de 1 017 millions d’euros à 500 millions d’euros. Il ne sera alors plus présent que dans 22 pays, contre 42 précédemment. Dès son arrivée, M. Maumy a impulsé une relance commerciale, passant par un doublement de la force de vente et un repositionnement tarifaire. Son plan stratégique, baptisé « Spring », met aussi fortement l’accent sur la satisfaction des clients, un point faible traditionnel des assureurs: « il nous faut redevenir ce qu’on était à l’origine, le champion de l’expérience client », a-t-il noté.

April entend donc investir « massivement » dans la formation de ses collaborateurs, alors qu’une «guerre des talents» fait rage dans les nouveaux métiers de l’assurance. « Quand on veut devenir une boîte de tech, il faut être capable d’attirer les compétences nécessaires et c’est un énorme défi pour nous ». Le groupe entend par ailleurs développer ses ventes réalisées en direct via internet, qui devront passer de 5% de son activité à 15% d’ici 2023.

Croissance organique et acquisitions

L’objectif: enregistrer plus de 6% de croissance organique par an. Ou +30% en cumulé d’ici la fin 2023, « année 2020 incluse ». Or si certains des marchés du groupe ont explosé avec la crise sanitaire, comme la santé internationale, l’assurance des deux-roues et des navires de plaisance (depuis le déconfinement), d’autres souffrent beaucoup, comme ceux liés à l’immobilier. S’il mise sur la croissance interne, April envisage aussi de procéder à d’importantes acquisitions sur ses marchés prioritaires et dans les technologies. M. Maumy a évoqué à cet égard des opérations pouvant atteindre 500 millions d’euros, voire 1 milliard d’euros.

Le groupe, qui a quitté la cote parisienne en juillet, peut se projeter sur le long terme, avec l’aide de son puissant actionnaire, a relevé le dirigeant. « On va faire de la croissance externe. Sur notre radar, il y a plusieurs boîtes technologiques que je voudrais racheter. Nous avons un gros agenda d’acquisitions dans ce secteur », a-t-il indiqué. « Nous allons aussi nous redéployer à l’international sur nos cinq marchés prioritaires, en Europe et en Asie, et notamment dans la santé. Au final, nous serons devenus beaucoup plus présents à l’international que nous ne l’avons jamais été », a souligné celui qui se définit comme un « développeur d’entreprises ».

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La rédaction

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Un commentaire

  1. M Maumy se hausse de développer April, par le digital.
    Mais aucune information sur la fermeture définitive des agences April Mon Assurance sur le plan national.
    Agence de proximité

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