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[French Tech 120] Tourisme: pourquoi Worldia compte sur son expertise multiservices pour redécoller après la crise

Interview de Grégoire Pasquet, co-fondateur et CEO, de Worldia

Fondé en 2013, Worldia, spécialiste du voyage sur mesure, opère sa propre plateforme mais se développe aussi en marque blanche ou grise pour des entreprises. «Historiquement, nous avons commencé avec des acteurs de l’industrie, essentiellement des tours opérateurs et des agences de voyages physiques. Aujourd’hui, nous travaillons avec 2 000 à 2 500 agences en France sur un total de 4 000. Et nous prévoyons de couvrir 70% des agences françaises dans les 12-18 mois qui arrivent», explique Grégoire Pasquet, co-fondateur et CEO.

Depuis, d’autres types d’acteurs ont trouvé un intérêt dans les offres proposées par Worldia. «Nous avons assez rapidement commencé à nous adresser à d’autres acteurs qui voulaient aussi proposer une expérience de voyages sur mesure- qui n’avaient pas les compétences pour l’opérer- mais étaient très légitimes pour en vendre», développe le CEO. C’est ainsi que l’entreprise travaille désormais aussi avec d’importants acteurs du e-commerce comme Veepee ou encore Cdiscount. A cela s’ajoutent des prestataires finaux comme des compagnies hôtelières et aériennes ou encore des entreprises de location de voitures qui veulent également pouvoir proposer la possibilité aux voyageurs de construire un voyage sur mesure depuis leur plateforme.

Worldia, qui fait partie du French Tech 120 pour la deuxième année, collabore également avec des sites de listes de mariage pour lesquels l’entreprise opère une offre de voyages de noces de A à Z en marque blanche. «Et nous commençons à regarder comment permettre aux mariés d’organiser facilement le déplacement de tous leurs invités pour le mariage en question».

Mais tout cela est conditionné à la reprise des voyages. Comment la plateforme l’entrevoit-elle?

Retrouvez l’interview complète de Grégoire Pasquet, co-fondateur et CEO, de Worldia

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«Il nous faudra entre 6 et 12 mois pour retrouver nos niveaux de croissance»

Il faut d’abord rappeler que comme toute l’industrie, l’entreprise est fortement touchée par la crise. Depuis le début de la pandémie, elle a ainsi vu ses activités baisser entre 90% et 50% en fonction des mois et des restrictions. Mais une fois que le marché repartira, la société juge être particulièrement bien placée pour redécoller rapidement.

«Nous pensons que nous arriverons plus rapidement que l’industrie à revenir à nos niveaux pré-Covid», commence Grégoire Pasquet. «Nous pensons qu’à partir du moment où nous aurons des signaux de reprise, il nous faudra entre 6 et 12 mois pour retrouver nos niveaux de croissance attendus avant que la crise éclate. Pour rappel, l’industrie prévoit elle plutôt un retour à des niveaux pré-Covid aux alentours de 2023-2024 en fonction des différents domaines: l’aérien, l’hôtellerie, etc.».

Pourquoi l’entreprise fait-elle ce pari? Grégoire Pasquet met en avant son modèle, «plus agile que le reste de l’industrie». «Du fait de notre taille, cela est plus facile d’aller chercher des parts de marché», poursuit-il. Et surtout, ce dernier pense que les voyageurs, notamment ceux échaudés par des niveaux de services décevants lorsque leurs voyages ont dû être annulés, en feront un de leur principal critère de sélection. «Le digital aujourd’hui doit s’accompagner de services. Et c’est souvent ce qui est reproché à des acteurs comme Booking ou Expedia. En fait aux acteurs qui vendent des prestations à l’unité», explique le CEO.

Worldia parie également sur le « multi-prestations ». «Nous sommes convaincu qu’au-delà de l’aspect digital de l’offre et de l’expérience qui doit être irréprochable, c’est très important d’avoir une expertise sur du voyage multi-prestations. Les plus gros OTA ont beaucoup de mal à vendre plusieurs typologies de produits parce qu’ils sont généralement spécialistes d’un seul type de prestations: l’hôtel ou le vol».

Que ce soit directement sur sa plateforme ou auprès des partenaires avec lesquels l’entreprise collabore en marque blanche, elle fonctionne comme un tour opérateur digitalisé: elle s’occupe de toute la logistique liée à la réservation des prestations, du bon déroulement  du voyage et propose de l’accompagnement si le voyageur en a besoin.

Les Etats-Unis en ligne de mire

Côté business model, Worldia achète des prestations à tarifs négociés directement auprès des fournisseurs et les revend ensuite aux voyageurs. A combien se situent les taux de marge? «Il faut distinguer deux typologies de composants. Il y a les vols sur lesquels les niveaux de marges sont extrêmement faibles, quasiment anecdotiques et servent à couvrir les frais d’opération. Aujourd’hui, nous ne gagnons pas d’argent sur les vols. Et ensuite il y a le reste de la marge qui s’applique à tout ce que l’on va appeler les ‘prestations terrestres’: hôtels, activités, location de voitures et les autres transports à destination. Là, les es niveaux de marge se situent en général entre 20% et 25% en fonction de la destination et de la typologie de produit», explique Grégoire Pasquet. L’un des impératifs de Worldia est donc de réaliser des benchmarks efficaces afin de pouvoir proposer des prix compétitifs. 

De leurs côtés, les partenaires qui proposent ces offres en marque blanche, sont rémunérés par une commission fixe sur chaque voyage vendu.

L’entreprise ne communique pas sur son chiffre d’affaires. Elle explique qu’avant la crise, elle enregistrait des taux de croissance annuels compris entre 50% et 100%. La startup est présente dans 4 pays en dehors de la France: la Belgique, l’Allemagne, la Suisse et l’Australie. Worldia teste en ce moment l’Espagne et l’Italie. La société vise aussi les Etats-Unis où des partenariats sont en cours de déploiement pour l’après-crise avec la chaîne hôtelière The Standard et la marketplace de mariage The Knot.

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