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[Made in Shanghai] VivaLing, Big Bang Buzz China, The Bridge 8…

Tour d’horizon de l’actualité économique et digitale en Chine avec Eda Erbeyli, correspondante FrenchWeb à Shanghai, à l'occasion du #NouvelAnChinois.

 

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[tab title= « La start-up du mois: VivaLing »]

Plus de 400 millions de Chinois, soit environ 30 % de la population du pays, sont actuellement en train d’apprendre l’anglais, et leur motivation est sans faille! En Chine, savoir parler anglais, c’est s’assurer un bon avenir et un bon salaire. Les parents l’ont bien compris, et sont prêts à consacrer tous les moyens nécessaires pour que leurs enfants maîtrisent la deuxième langue la plus parlée au monde. Pour cela, ils les mettent de plus en plus tôt à l’apprentissage de l’anglais. Pourtant, la Chine peut encore mieux faire.

Dans son index mondial sur la connaissance de l’anglais, EF (Education First) la classe au 39ème rang mondial sur les 72 pays couverts. Comme la majorité des pays asiatiques, la Chine sort d’une très longue tradition d’apprentissage par une méthode privilégiant la grammaire et la mémorisation mécanique (le «par cœur» étant encore considéré comme étant le meilleur moyen d’apprendre), un peu comme l’on étudie les langues mortes en France. Beaucoup connaissent les règles, peu savent le parler. Mais les mentalités évoluent ainsi que les techniques d’apprentissage, et compte tenu de l’effort actuel consenti en Chine pour une mise à niveau générale en anglais, les Chinois vont sans nul doute progresser de manière significative.

Avec une demande aussi forte, le marché est déjà bien établi, bien que très fragmenté, puisque le géant du secteur n’a que quelques dizaines de milliers d’étudiants – une paille par rapport au marché actuel total, et plus encore par rapport au potentiel colossal de la Chine. À lui seul,​ le marché de l’anglais en ligne en Chine croît de plus de 54 % par an, et d’ici 2020 représentera plus de 36 % du marché total. La Chine est de très loin le pays où l’adoption de l’anglais en ligne est la plus rapide, surtout grâce à la nouvelle génération. En effet, la part des enfants a connu ces dernières années une progression spectaculaire, et représenterait maintenant plus de la moitié du total chez les plus grands acteurs du domaine.

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Ce n’est pas sur Smartphones ou autres terminaux mobiles que l’enseignement des langues décolle en Chine, mais bien sur ordinateurs: apprendre sur Internet avec un coach, d’accord, mais sûrement pas sur une tablette ou un téléphone portable, jugés moins sérieux que les ordinateurs par les parents chinois. En revanche, les enfants sont encouragés à télécharger les innombrables applications intelligentes de vocabulaire déjà disponible sur le marché, pour s’entraîner pendant leur temps libre.

Ce n’est pas un hasard si la Chine, où l’on dénombre près de 731 millions d’internautes, a toujours été au cœur de la stratégie de VivaLing, la start-up digitale lancée en 2014 à Singapour par deux anciens des Mines, Bernard Golstein et Zihan Wang, son associée chinoise. Pour ceux qui ne la connaissent pas encore, VivaLing est la première plateforme disponible en trois langues (français, anglais et chinois) proposant un enseignement interactif en ligne pour les enfants avec de vrais professeurs natifs de langues étrangères.

Vivaling est positionné «haut de gamme» et propose des cours 100 % personnalisés au niveau, à la vitesse d’apprentissage et aux centres d’intérêt de l’enfant. Dès sa levée de fonds de 500 000 dollars singapouriens (soit environ 345 500 euros) réalisée à Singapour en avril 2015, VivaLing a annoncé que la priorité serait donnée aux marchés chinois et singapourien. «La Chine présente à la fois l’écosystème «consumer internet» le plus avancé du monde par son ubiquité, une soif d’apprendre l’anglais inégalée et un poids démographique sans équivalent» explique Bernard Golstein – chacune de ses caractéristiques suffirait à elle seule à justifier le choix de la Chine.

En novembre de l’année dernière, à l’occasion du Global Education Technology Summit & Expo (GET), soit le rendez-vous incontournable en matière d’Ed-Tech en Chine qui met à l’honneur les dernières innovations en matière d’intelligence artificielle, gaming et technologies au service de l’éducation, VivaLing faisait partie des start-up sélectionnées pour leur apport majeur en termes d’innovation. Le lendemain de l’événement, VivaLing lance son offre en Chine sous le nom de WeiLing, et ouvre son compte WeChat (ID: 微龄) ainsi que sa plateforme en mandarin ​www.WeiLing.com.cn​. Un démarrage sur les chapeaux de roue qui a largement dépassé les attentes des deux entrepreneurs.

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Crédit photo: Vivaling

Si VivaLing a rencontré un franc succès dès son lancement en Chine, Bernard Golstein, le PDG et co-créateur de la startup, insiste sur l’importance d’être présent sur place pour bien comprendre les spécificités de ce marché unique. «La Chine reste difficilement accessible à moins d’en maîtriser les codes, d’avoir de très solides relais locaux et une allocation de ressources en conséquence. C’est pour cela que toute l’équipe technique est dirigée par notre CTO (NDLR directeur de la technologie) chinois depuis Shanghai», explique-t-il. Il rappelle également le deuxième challenge auquel doivent faire face tous les entrepreneurs souhaitant se lancer sur un marché porteur en Chine : la vitesse à laquelle la concurrence va copier le concept. «À marché attractif, concurrence forcément très rude. En l’espace de deux ans, face à une apparence trompeuse de faible barrière à l’entrée, une multitude de services semblables ont émergé. Cependant, comme souvent pour les imitations, la plupart de ces nouveaux acteurs offrent une prestation de piètre qualité, visant au gain financier à court terme pour eux-mêmes et négligeant la qualité de l’enseignement, ce qui n’est pas durable. Enfin, contrairement à l’immense majorité de nos concurrents chinois, nous sommes nés globaux et avons déjà de jeunes apprenants dans plus de trente pays, ce qui diminue le risque d'échec, augmente les opportunités pour nos professeurs et l’attractivité pour les investisseurs.» 

Cette stratégie a permis à Vivaling de devenir en deux ans et demi une véritable multinationale avec des équipes dans plus de vingt pays et des jeunes apprenants répartis dans une trentaine de pays en Europe, au Moyen-Orient et en Asie.

VivaLing a tout misé sur son premier canal de développement: un bouche-à-oreille et un taux de satisfaction élevé de ses clients. La start-up utilise par ailleurs un système de parrainage. Grâce à une stratégie de communication digitale complète notamment sur les principaux réseaux sociaux internationaux, mais aussi locaux. Par exemple, en Chine, VivaLing utilise principalement WeChat, l’application de messagerie instantanée chinoise qui devient un écosystème de plus en plus complet et autonome, aussi bien pour la communication que pour l’aspect transactionnel. VivaLing a également noué des partenariats avec des supports online comme LePetitJournal.com, Devenir Bilingue ou Maman Vogue pour sa cible francophone, dont une grande partie est composée de familles expatriées. En revanche, le PDG de VivaLing ne conseille surtout pas les techniques de Search Engine Marketing (SEM): «Le coût d’acquisition clients a atteint des niveaux jamais vus ailleurs allant jusqu’à 1000 dollars par client. VivaLing n’utilise pas ces techniques désormais inopérantes dans notre marché en Chine.»

Le secret de la réussite de VivaLing ? L’humain! Selon Bernard Golstein, la communauté de coaches VivaLing est très vivante et fidèle. Contrairement à certains autres acteurs du marché qui sont de simples marketplace, Vivaling revendique une approche qualitative et investit beaucoup dans ses ressources humaines, notamment en formant et accompagnant ses coachs tout au long de leur carrière. Leur satisfaction se traduit, in fine, par une plus forte satisfaction des clients. 

À terme, VivaLing souhaite renforcer son impact social en s’adressant aux plus démunis, que ce soit dans les pays développés ou au bas de la pyramide des pays émergents. En Chine, Bernard Golstein compte développer l’offre dans les villes chinoises de deuxième et troisième rangs. «Nos clients sont majoritairement issus des classes moyennes et supérieures, comme pour nos concurrents, mais nous anticipons progressivement l’élargissement du marché aux moins fortunés. Géographiquement, la bande côtière reste surreprésentée, de Guangzhou à Beijing en passant par Shanghai et Tianjin (NDLR Villes de premier rang), mais nous commençons à avoir des clients dans le centre et l’ouest du pays.» 

À plus long terme, VivaLing offrira non seulement les langues les plus demandées (VivaLing proposera bientôt l’apprentissage de l’allemand, du coréen et du japonais), mais aussi les moins demandées, contribuant à la sauvegarde du patrimoine linguistique de l’humanité et de l’héritage linguistique des familles.

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[tabs] [tab title= « L’événement du mois: Big Bang Buzz China »]

En quelques années seulement, les réseaux sociaux ont pris une part plus importante dans les budgets marketing des marques, au détriment des autres médias et de la publicité traditionnelle. Cette mutation est particulièrement visible en Chine, où le digital est comme une seconde nature pour les consommateurs. La Chine est probablement le seul endroit au monde où naît, se diffuse et meurt aussi rapidement un buzz sur les réseaux sociaux. Au royaume des wanghong (en chinois: 网红) ou célébrités du Web chinois (à ne pas confondre avec les bloggers) et de la fan economy, comment les marques étrangères peuvent-elles créer un impact de qualité sur les réseaux sociaux chinois?

Pour aider les pros du marketing et autres curieux à répondre à cette question, « Big Bang Buzz China » est organisé chaque mois à Shanghai par la SHAC, une association francophone locale, au sein des bureaux de l’agence française de communication digitale FRED & FARID. La conférence a rassemblé ce lundi 16 janvier plus de 90 participants, venus écouter Fred Raillard, le président cofondateur et creative CEO de FRED & FARID, autour du thème du digital et des marques en Chine.

Le key take-out de cette conférence? Ne prenez pas tout pour acquis! Votre marque, même très connue en France ou à l’étranger, ne correspondra pas forcément aux attentes ni aux envies des Chinois. La clef est de savoir comment toucher ses clients en Chine, comment engager une conversation créative avec une communauté, comment faire résonner sa marque avec le mode de vie des Chinois en général. 

Pour ceux qui n’habitent pas à Shanghai, Fred analyse dans sa chronique hebdomadaire les tendances qui émergent sur les réseaux sociaux chinois dans son podcast #FredInChina.

Pour en savoir plus sur ce qui a été dit pendant la conférence, c’est par ici: Le Petit Journal

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Crédit photo : FRED & FARID

Lieu : FRED & FARID, 200 Huangpu Lu, Huangpu District, Shanghai 

Prix adhérent : 150 rmb/Non adhérent: 200 rmb

La conférence est suivie d’un cocktail dinatoire. 

Inscriptions par email: conferences@cfshanghai.com

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[tabs] [tab title= « L’adresse du mois: The Bridge 8 »]

The Bridge 8 Creative Park (en chinois: 8号桥) est une ancienne usine fabriquant des freins automobiles reconvertie en hub créatif qui abrite une dizaine d’entreprises telles que Dyson, Ivy Maker, Aiye, CommUnnection, ou Resonance, et qui dédie son dernier étage à l’événementiel. Son quatrième étage est composé d’une grande salle de conférence, d’une terrasse qui comporte un jardin alternatif certifié LEED (acronyme pour « Leadership in Energy and Environmental Design »), et d’un espace lounge appelé The Place. C’est précisément à cet endroit qu’a eu lieu le 1er et 2 septembre 2016 l’événement digital CHat, la plus importante conférence sur WeChat à destination de la communauté internationale, organisée par China Channel (ChCh). Bien que très tendance à l’époque du lancement du projet, il y a six ans déjà, ce type de vieux bâtiments historiques protégés par le gouvernement chinois et rénovés en lieux design réunissant designers, artistes et créatifs sous le même toit, perdent de leur intérêt face aux nouveaux espaces de travail collaboratif ou « tiers-lieux ». La tendance actuelle du coworking est si forte qu’il y a fort à parier que The Bridge 8 trouvera très rapidement un partenaire tel que WeWork ou Naked Hub afin de s’adapter au mode de vie des jeunes employés et autres travailleurs nomades. Affaire à suivre. 

Bridge8 - CHat event

Crédit photo: Daxue Conseil

Adresse: 457 Jumen Lu, Huangpu District, Shanghai.

Site Web: www.bridge8.com

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[tabs] [tab title= « La correspondante »]

Diplômée de l’EFAP en communication puis de l’INSEEC Paris en marketing international, Eda Erbeyli a toujours eu un intérêt prononcé pour la culture chinoise et le mandarin qu’elle apprend depuis le collège. Après avoir effectué un premier stage dans le marketing des tendances à Shanghai, elle a décidé de s’y installer pour commencer sa vie professionnelle dans les réseaux sociaux, fascinée par la vitesse à laquelle le marché chinois se digitalise. Elle occupe depuis août 2016 le poste de responsable du contenu numérique au sein du cabinet Daxue Conseil, une agence d'études de marché et de conseil en stratégie basée en Chine.

Crédit photo : VivaLing

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Lire aussi: [Made in Shanghai] Bon App!, la French Tech, la e-santé en Chine…

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