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Malgré des pertes colossales, WeWork lance son entrée en Bourse

Malgré des pertes nettes encore colossales, WeWork fait le pari de la cotation. Le spécialiste américain de la location de bureaux partagés (et de services) a officiellement annoncé lundi son projet d’introduction en Bourse. L’entreprise avait initialement lancé sa démarche auprès de la Securities and exchange commission (SEC) en décembre dernier. Son IPO devrait désormais être effective avant la fin de l’année.

Fondé à New York en 2010, WeWork est devenu The We Company plus tôt cette année. Il est valorisé à hauteur de 47 milliards de dollars, selon les dernières estimations. Et notamment depuis un investissement de 2 milliards de dollars de Softbank en janvier. Le conglomérat japonais envisageait d’abord d’investir 16 milliards de dollars dans WeWork, avant de revoir ses ambitions à la baisse. Le modèle économique de WeWork dépend lourdement des financements d’investisseurs. Au total, l’entreprise a réuni plus de 10 milliards de dollars depuis son lancement.

Des dépenses immobilières dans les villes les plus chères du monde

En 2018, le géant du coworking a enregistré un chiffre d’affaires de 1,82 milliard de dollars (+105,4%), pour des pertes nettes de 1,9 milliard de dollars (+103,6%). Sur la même période, toutefois, ses abonnements ont progressé de 116% et son taux d’occupation a atteint 90%. En 2017, le chiffre d’affaires atteignait 886 millions de dollars, pour des pertes nettes de 933 millions de dollars. Des pertes causées principalement par des dépenses immobilières dans les certaines des villes les plus chères du monde. Mais WeWork est loin d’être la seule licorne à se lancer sur les marchés malgré un modèle économique instable. Lyft, Uber, Pinterest ou encore Slack connaissent tous de fortes croissances sans pouvoir atteindre la rentabilité.

En mars dernier, le président de WeWork Artie Minson avait indiqué aux New York Times que son entreprise pouvait devenir rentable si elle « modérait sa croissance ». Mais il arguait que la société en était à une période où elle devrait « continuer à accélérer ».

Un nouvel entrepreneur sur huit membre de WeWork

WeWork a aussi effectué plusieurs acquisitions ces deux dernières années, notamment pour diversifier son offre: la plateforme d’offre de services par abonnement ou à la demande Managed by Q début avril, la plateforme d’analyse d’espace Euclid en février dernier, le spécialiste des outils de gestion d’espaces de travail Teem en septembre 2018 pour 100 millions de dollars, la start-up dédiée à l’éducation MissionU en mai 2018, le concurrent chinois Naked Hub en avril 2018 pour 400 millions de dollars, ou encore Meetup, plateforme dédiée à la création de rassemblements à partir d’un intérêt commun, en novembre 2017. Plus récemment, The We Company a également lancé un programme d’accélération destiné faire décoller les pépites de la FoodTech, ou encore une fonctionnalité baptisée WeWork Go, application qui permet aux utilisateurs de vérifier en temps réel la disponibilité des bureaux avant de s’y rendre.

WeWork dispose aujourd’hui de 425 établissements dans 100 villes, dans 27 pays. Près de 32% de ses membres viennent d’entreprises clientes. Aux Etats-Unis, la société fondée par Adam Neumann et Miguel McKelvey affirme qu’un nouvel entrepreneur sur huit dans les grandes villes est un membre WeWork.

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Patrick Randall

Journaliste chez FW - DECODE MEDIA. Pour contacter la rédaction : redaction.frenchweb@decode.media
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