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Scoot racheté par Bird pour moins de 25 millions de dollars malgré une valorisation de 71 millions de dollars

C’est ce qu’on appelle une (très) bonne affaire. La start-up américaine Bird, qui développe un service de trottinettes électriques en free-floating, rachète Scoot, un concurrent plus modeste, confirmant ainsi une information annoncée la semaine passée dans nos colonnes faisant état d’un rapprochement imminent entre les deux entreprises. Aujourd’hui, nous apprenons non seulement que l’opération ira bel et bien à son terme, mais en plus, il s’agit d’un joli coup réalisé par Bird dans la mesure où la valorisation de Scoot était beaucoup plus élevée que la somme finalement déboursée pour son rachat.

En effet, la jeune pousse américaine était valorisée à environ 71 millions de dollars avant d’être rachetée par Bird, dont la valorisation s’élève de son côté à 2 milliards de dollars. Une valorisation qui avait pu être atteinte notamment grâce à 47 millions de de dollars levés. Si les modalités financières de l’acquisition n’ont pas été dévoilées, le Wall Street Journal a indiqué que le montant de l’opération n’excédait pas 25 millions de dollars. Une information finalement confirmée par TechCrunch, qui assure même qu’il s’agit d’une transaction inférieure à 25 millions de dollars, bien loin de la valorisation de l’entreprise californienne. Cela représente ainsi une décote d’au moins 46 millions de dollars.

Scoot seulement présent à San Francisco, Barcelone et Santiago 

Si Scoot fait figure de pionnier en matière de micro-mobilité, la société n’est jamais parvenue à réellement s’imposer sur ce marché et encore moins à s’étendre à l’international. Après avoir lancé son service de trottinettes électriques en libre-service à San Francisco, où elle est basée, la société avait par la suite étendu ses activités à Barcelone, en Espagne, pour déployer des vélos et des scooters électriques, et à Santiago, au Chili, pour lancer une flotte de trottinettes électriques. Dans le même temps, Bird, qui a seulement vu le jour en 2017, a déployé ses trottinettes électriques dans une centaine de villes aux États-Unis et en Europe, dont Paris.

Peinant à tirer son épingle du jeu face à des géants comme Bird et Lime, qui lèvent plusieurs centaines de millions de dollars pour se développer rapidement à l’international, Scoot n’a eu donc que d’autre choix que d’envisager un rachat pour être viable. Cette acquisition va notamment permettre à Bird de remettre les roues à San Francisco où la municipalité, excédée par les dérives engendrées par l’utilisation des trottinettes électriques, avait tapé du point sur la table en avril 2018, en exigeant au passage que les opérateurs obtiennent un permis pour garer leurs engins sur la voie publique. Permis justement accordé à Scoot ainsi qu’à Skip, une autre entreprise du secteur, qui a levé 31 millions de dollars, qui intéresserait Uber.

Uber et Lyft rachètent, Lime lève 

Sur ce marché de la mobilité urbaine, où l’heure de la consolidation semble avoir sonné malgré son jeune âge, Uber s’est positionné en s’emparant l’an passé des vélos électriques en libre-service de Jump pour 200 millions de dollars. C’est d’ailleurs sous la marque de Jump que la plateforme de VTC propose désormais la location de vélos et de trottinettes électriques en libre-service via l’application Uber. Le géant américain était également intéressé par un rachat de Bird, mais la valorisation de la start-up américaine a refroidi ses ardeurs. 

Dans la même veine, Lyft, le rival d’Uber aux États-Unis, a racheté en 2018 Motivate, le leader américain des vélos partagés, pour 250 millions de dollars. De son côté, Lime, autre géant des trottinettes et des vélos électriques, n’a pas encore réalisé la moindre acquisition, mais enchaîne les tours de table d’envergure. Lors de son dernier tour de table, en février dernier, la start-up américaine avait levé 310 millions de dollars, une opération qui avait valorisé la société à 2,4 milliards de dollars.

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Maxence Fabrion

Journaliste chez FW - DECODE MEDIAPour contacter la rédaction : redaction.frenchweb@decode.media

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