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Sous la pression du coronavirus, le régulateur britannique valide l’entrée d’Amazon au capital de Deliveroo

AFP

Le gendarme britannique de la concurrence a validé vendredi l’entrée du géant Amazon au capital de la plateforme de livraison de repas Deliveroo afin de permettre à cette dernière de survivre à la tempête du coronavirus. La CMA (Competition and Markets Authority), qui avait lancé une enquête approfondie sur cette opération en décembre dernier, explique dans un communiqué qu’il s’agit d’une décision provisoire et prise en urgence compte tenu de l’impact de la pandémie. Le but du britannique Deliveroo est de lever un total de 575 millions de dollars auprès d’Amazon et de fonds d’investissement.

La part prise par le géant américain du commerce n’avait pas été dévoilée, même si la presse britannique évoque un chiffre de 16%, mais son entrée au capital avait suscité de nombreuses spéculations sur ses ambitions dans la livraison de repas. La CMA a estimé que Deliveroo est une entreprise à succès qui s’est fait une place de choix sur le marché britannique de la livraison de repas, mais dont les finances sont mises à rude épreuve depuis le début du confinement le 23 mars au Royaume-Uni.

La grande majorité des restaurants sont fermés et le chiffre d’affaires de plateforme a plongé, au point que Deliveroo a confié au régulateur qu’il serait peut-être obligé de quitter le marché britannique. La CMA a conclu que ce scénario « serait inévitable sans accès à des financements supplémentaires importants », ce qu’« Amazon est le seul à souhaiter et à pouvoir fournir en ce moment ». Le régulateur estime qu’un départ du marché de Deliveroo serait pire du point de vue de la concurrence qu’une prise de participation d’Amazon.

Un changement de pied spectaculaire de la CMA 

Il s’agit d’un changement de pied spectaculaire de la CMA qui redoutait en menant son enquête qu’Amazon renonce à lancer son propre service de livraisons de repas et préfère se ranger derrière Deliveroo, ce qui aurait nui à la concurrence. « Ces circonstances sans précédent font que nous avons réévalué l’objet de cette enquête, réagi rapidement à l’impact du coronavirus et décidé de ce que cela signifiait pour les entreprises impliquées et les consommateurs », souligne Stuart McIntosh, responsable de l’enquête au sein de la CMA.

Amazon avait tenté le pari de la livraison de repas en 2016 avant de le fermer deux ans plus tard. Deliveroo, dont le siège est à Londres, emploie 2 500 personnes dans le monde. La société travaille avec 80 000 restaurants dans 500 villes à travers 13 pays et compte 60 000 livreurs, reconnaissables aux imposants sacs à dos verts qu’ils portent en sillonnant les rues à vélo.

La rédaction

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