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SQUAREMIND lève 15,3 millions d’euros pour déployer Swan, sa plateforme d’imagerie dermatologique robotisée

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SquareMind accélère son passage à l’échelle, la startup française spécialisée en intelligence artificielle et robotique appliquées à la dermatologie annonce une levée de 18 millions de dollars, soit environ 15,3 millions d’euros, pour soutenir le lancement commercial de Swan™, son robot d’imagerie cutanée corps entier. L’opération intervient dans un contexte de tension croissante sur les capacités de diagnostic, où la demande dépasse structurellement l’offre disponible.

Le dépistage constitue l’acte le plus courant en dermatologie, mais les délais d’accès peuvent atteindre plusieurs mois, voire un an dans certaines zones. Cette situation s’inscrit dans une dynamique démographique marquée par le vieillissement de la population, alors même que les besoins en suivi longitudinal augmentent. La documentation exhaustive de la peau devient un enjeu central, d’autant que 80 % des mélanomes apparaissent sous forme de nouvelles lésions, nécessitant des capacités de détection et de comparaison dans le temps.

SquareMind se positionne précisément sur cette contrainte opérationnelle. Sa plateforme Swan™ combine robotique, imagerie haute résolution et intelligence artificielle. Le dispositif permet de numériser et de cartographier l’ensemble de la surface cutanée en quelques minutes, avec une résolution dermoscopique comparable à celle d’un examen à la loupe. L’acquisition d’images est automatisée et conçue pour s’intégrer dans le parcours clinique, sans rupture d’usage.

Au-delà de la capture, la plateforme vise à structurer l’information médicale. Un logiciel d’assistance basé sur l’intelligence artificielle facilite la revue des images et le suivi des lésions dans le temps. L’objectif reste d’augmenter la capacité d’analyse du praticien, sans se substituer à la décision clinique. « Notre technologie agit comme un compagnon : elle contribue à réduire la charge cognitive, optimise le temps médical et facilite une documentation complète, permettant aux médecins de se concentrer sur la prise en charge des patients et la décision clinique », explique Ali Khachlouf, cofondateur et CEO de SquareMind.

Le marché sur lequel s’inscrit la société reste en recomposition. Il se structure autour de plusieurs catégories d’acteurs qui adressent chacune une partie de la chaîne de valeur. Côté logiciel, des entreprises comme SkinVision, Skin Analytics ou Legit.Health développent des solutions d’analyse d’images et de triage, souvent à partir de photos capturées via smartphone. Elles contribuent à démocratiser l’accès au dépistage, mais restent dépendantes de la qualité et de l’hétérogénéité des images collectées.

À l’autre extrémité, des industriels de l’imagerie dermatologique tels que FotoFinder Systems ou Heine Optotechnik fournissent des équipements largement utilisés en pratique clinique. Ces dispositifs permettent une analyse fine, mais généralement localisée, centrée sur des lésions spécifiques plutôt que sur une cartographie globale du patient.

Entre ces deux approches, une nouvelle génération d’acteurs hybrides tente d’articuler acquisition et analyse, sans qu’un standard dominant ne s’impose à ce stade. Cette fragmentation caractérise particulièrement le marché européen, où coexistent innovations logicielles et savoir-faire industriel historique, sans véritable convergence vers un modèle intégré. Dans cet environnement, estimé à plusieurs milliards d’euros et porté par une croissance soutenue liée à la digitalisation des parcours de soins, la capacité à standardiser la capture et l’analyse des données pourrait devenir un facteur clé de différenciation.

C’est précisément sur ce point que SquareMind cherche à se distinguer. En intégrant l’ensemble de la chaîne (acquisition automatisée, imagerie haute résolution et analyse algorithmique) la startup propose une approche systémique de l’examen dermatologique. L’enjeu dépasse l’outil : il s’agit de structurer un référentiel exploitable dans le temps, susceptible de transformer les pratiques de suivi et de dépistage.

Le financement annoncé doit permettre d’industrialiser ce modèle. L’entreprise prévoit de renforcer ses équipes commerciales, d’ingénierie et de support client, en vue d’un déploiement simultané en Europe et aux États-Unis, deux marchés caractérisés par une forte tension sur l’accès aux soins dermatologiques.

Pour les investisseurs, la promesse repose autant sur la technologie que sur sa capacité à s’inscrire dans les pratiques médicales. « La robotique et l’intelligence artificielle vont redéfinir la pratique médicale en automatisant certains actes, afin d’optimiser le temps médical tout en rendant l’excellence des soins accessible à chacun. SquareMind a développé une plateforme unique au monde, appelée à devenir un standard de la dermatologie moderne », déclare Kate Garrett, Managing Partner chez Sonder Capital.

Fondée à Paris, SquareMind développe des solutions d’imagerie dermatologique associant intelligence artificielle et robotique pour améliorer l’efficacité et l’accessibilité des examens cutanés. La société est dirigée par Ali Khachlouf, cofondateur et CEO. Elle annonce une levée de 18 millions de dollars (environ 15,3 millions d’euros), incluant une levée antérieure de pré-série A. Le tour de table est mené par le fonds Deep Tech 2030, géré pour le compte de l’État par Bpifrance dans le cadre de France 2030, et Sonder Capital, cofondé par Fred Moll. Participent également Adamed, Calm/Storm Ventures, Teampact Ventures et plusieurs entrepreneurs.

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