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SEREACT lève 93 millions d’euros pour se positionner au cœur de l’IA appliquée au monde réel

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En levant 93 millions d’euros en série B, Sereact s’inscrit dans une séquence d’accélération de l’IA appliquée au monde physique, où l’enjeu ne porte plus seulement sur la performance des robots, mais sur la standardisation de leur intelligence.

Fondée à Stuttgart, la société développe une approche singulière : dissocier le cerveau du robot de son corps. Là où l’industrie a longtemps privilégié des systèmes intégrés, Sereact propose une couche logicielle capable de s’exécuter sur différents types de machines, indépendamment de leur architecture matérielle.

Du picking à la planification : une évolution du rôle de l’IA

Le produit central de Sereact, Cortex, est conçu comme un système d’intelligence embarquée pour robots opérant en environnement réel. Sa nouvelle version, Cortex 2, introduit une évolution notable : l’intégration d’un modèle du monde permettant d’anticiper les conséquences d’une action avant son exécution.

Cette logique rapproche la robotique des dynamiques observées dans les modèles de langage, en introduisant une capacité de simulation et de raisonnement. L’IA ne se contente plus de réagir à une situation, elle évalue plusieurs scénarios possibles et sélectionne celui présentant la probabilité de succès la plus élevée.

Cette capacité ouvre des perspectives au-delà des cas d’usage traditionnels du picking en entrepôt. Manipulation d’objets fragiles, assemblage sous contrainte, opérations nécessitant une précision d’orientation : autant de tâches où le contact physique et l’incertitude environnementale exigent une compréhension plus fine du réel.

L’entrepôt comme terrain d’apprentissage

Le choix initial des entrepôts logistiques constitue un environnement particulièrement dense en données, combinant diversité des objets, contraintes opérationnelles fortes et conséquences immédiates en cas d’erreur.

Sereact revendique plus de 200 systèmes déployés en production en Europe, totalisant plus d’un milliard d’opérations de picking. Ce volume constitue la base d’un mécanisme d’apprentissage continu, où chaque interaction alimente l’amélioration du modèle.

Une dynamique européenne en phase d’accélération

La levée de Sereact intervient dans un contexte d’intensification des investissements en Europe dans l’IA physique et la robotique. Plusieurs acteurs ont récemment levé des capitaux sur des segments complémentaires : automatisation d’entrepôts, plateformes de compétences robotiques, infrastructures de données ou encore simulation physique.

Dans cet ensemble, Sereact se distingue par un positionnement transversal, centré sur la couche logicielle. Plutôt que de développer un robot propriétaire, la société s’inscrit dans une logique d’interopérabilité, visant à équiper un parc existant de machines industrielles.

Vers une commoditisation du hardware ?

La thèse portée par Sereact repose sur une transformation progressive de la chaîne de valeur. À mesure que les composants robotiques se standardisent, la différenciation se déplacerait vers le logiciel et la capacité à exploiter des données issues du monde réel.

Dans ce cadre, la performance ne dépend plus uniquement de la qualité mécanique des machines, mais de la capacité du modèle à généraliser, apprendre et s’adapter à des environnements variés.

Un déploiement international en ligne de mire

Au-delà du marché européen, Sereact amorce son expansion vers l’Amérique du Nord, avec l’ouverture prévue d’un bureau à Boston. Cette implantation vise à capter une demande croissante pour des solutions d’automatisation dans les chaînes logistiques et industrielles, dans un contexte de tension sur la main-d’œuvre et de recherche d’efficacité opérationnelle.

La société indique également un intérêt croissant aux États-Unis, notamment à la suite de démonstrations récentes de ses technologies sur des salons spécialisés.

Une levée de fonds pour structurer le passage à l’échelle

Sereact a levé 93 millions d’euros en série B auprès de HEADLINE, qui mène le tour, avec la participation de BULLHOUND CAPITAL, DAPHNI et FELIX CAPITAL, ainsi que des investisseurs historiques AIR STREET CAPITAL, CREANDUM et POINT NINE. Cette opération fait suite à une série A de 25 millions d’euros réalisée en 2025.

Fondée en 2021 à Stuttgart par Ralf Gulde et Marc Tuscher, la société développe une plateforme d’intelligence artificielle destinée aux robots opérant en environnement physique, avec pour objectif de proposer un modèle unique capable de s’exécuter sur différents types de machines. Les fonds levés doivent permettre d’accélérer le développement de Cortex 2, de renforcer les équipes et de soutenir l’expansion internationale, notamment aux États-Unis.

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