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AgTech: de New York à l’Asie, les fermes verticales se développent dans le monde entier

AFP

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Elles poussent en zone urbaine, prêtes à fournir aux citadins une nourriture fraîche et locale: les fermes maraîchères verticales se développent dans le monde, particulièrement en Asie et aux Etats-Unis mais l’Europe s’y met également.

Un concept venu de New York

En 2010, un professeur de microbiologie de l’Université de Columbia à New York, Dickson Despommier, publie un livre intitulé « Les fermes verticales: nourrir le monde au 21è siècle ». Il imagine « des cultures massives de plantes et d’animaux, à des fins commerciales, dans des gratte-ciel », grâce notamment à l’hydroponie (culture hors sol). « L’idée était née dix ans plus tôt avec mes étudiants qui avaient imaginé de faire pousser des végétaux sur les toits de New York », raconte Dickson Despommier, interrogé par l’AFP.

Ils étaient « déçus » des résultats liés au froid et au manque de soleil. « Je leur ai suggéré de travailler à l’idée d’une ferme dans un immeuble ». « Pendant dix ans, ma classe a exploré ce sujet » et le concept s’est popularisé, raconte l’octogénaire. « J’ai réactualisé le livre en 2020. Il y a désormais tant de fermes verticales que je ne peux pas dire leur nombre! »

Les fermes verticales sont des fermes en intérieur en climat contrôlé, souligne Yves Christol, expert français en agriculture urbaine à Paris. Les cultures se font sur des plateaux empilés à la verticale. Il s’agit de reproduire exactement le climat dont a besoin la plante pour se développer. « C’est de l’agriculture 4.0 », considère Eric Duchemin, directeur du Laboratoire agriculture urbaine à Montréal. « Tout ou presque est automatisé. « C’est l’intelligence artificielle qui prend les décisions, par exemple sur le contrôle d’humidité, de température ou d’intensité lumineuse. Et d’une simple décision peut dépendre la rentabilité d’un projet ».

Des atouts, mais aussi des faiblesses 

Les fermes verticales ont besoin de peu de foncier et n’ont pas à se soucier de la qualité des sols, souligne Baptiste Bannier, responsable du secteur Agri chez PwC France. Faiblement consommatrices en eau, elles n’utilisent pas ou peu de produits phytosanitaires et n’ont pas à se préoccuper des aléas climatiques, ajoute-t-il. Implantées près ou dans les villes, elles fournissent une production locale. Et la fraîcheur des produits assure généralement une qualité gustative au légume ou au fruit.

D’un point de vue environnemental, les fermes verticales sont énergivores. En raison de l’éclairage LED qui recrée l’ensoleillement nécessaire à la photosynthèse. Mais aussi de la consommation du circuit d’eau et du chauffage, relève Baptiste Bannier. Sur le plan économique, elles nécessitent de fortes dépenses d’investissement. « Cela rend le modèle économique viable uniquement pour certaines productions à cycle de croissance rapide, permettant de multiplier les cycles de production », note-t-il.

Capitales 

Le Japon a été pionnier dans la création de fermes maraîchères en intérieur. A partir de 2010, ces fermes entreprises qui commercialisent principalement des légumes feuilles, des fines herbes, des fraises et des baies, ont pris leur essor en Asie et en Amérique du Nord, avant de se développer en Europe et plus récemment au Moyen Orient, note un rapport récent du Laboratoire d’agriculture urbaine de Montréal (Canada). Le nombre de fermes maraîchères en intérieur serait d’environ 500 dans le monde. La grande majorité sont dédiées à la recherche, un faible pourcentage ayant une vocation commerciale, selon ce rapport. Elles sont présentes en Asie (Japon, Chine, Corée du Sud, Taïwan….) mais aussi aux Etats-Unis et démarrent seulement au Canada.

En Europe, « qui possède pourtant des entreprises spécialisées dans les technologies de l’agriculture en environnement contrôlé », les fermes en intérieur sont « peu développées ». Au Moyen-Orient, les Emirats Arabes Unis, soucieux de réduire leur dépendance alimentaire, s’y intéressent. Les fonds actuellement investis dans ces fermes en intérieur proviennent principalement d’investisseurs privés ou de sociétés de capital de risque, relève le rapport. « On a vu ces dernières années des investisseurs fortunés, tels que Kimbal Musk ou Jeff Bezos, ou des entreprises telles que Ikea ou Google Ventures s’aventurer dans le secteur, ainsi que des sociétés de capital-risque telles que Wheatsheaf Group, SoftBank Vision », note-t-il.

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