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Atos: après une véritable série noire, le géant informatique français change de patron

AFP

En pleine mauvaise passe financière et boursière, le géant informatique français Atos a annoncé mardi le départ quasi-immédiat de son directeur général depuis deux ans Elie Girard, remplacé par l’actuel patron d’Eutelsat Rodolphe Belmer. Elie Girard va quitter le groupe aux 107 000 salariés « à la fin de la semaine», et M. Belmer prendra ses nouvelles fonctions « au plus tard le 20 janvier 2022 », a indiqué Atos dans un communiqué. L’intérim sera assuré par deux hauts responsables actuels du groupe, Pierre Barnabé et Adrian Gregory.

« Le groupe s’apprête à accélérer son repositionnement stratégique, avec un renforcement dans le numérique, le cloud, la sécurité, la décarbonation », a précisé lors d’un point presse mardi soir Gilles Arditti, chargé des relations investisseurs et de l’audit interne dans le groupe. « Dans ce contexte et après une période particulièrement intense, Elie Girard a décidé de présenter sa démission au conseil d’administration pour des raisons personnelles », a-t-il précisé. Le nouveau patron d’Atos, Rodolphe Belmer était le directeur général d’Eutelsat depuis le 1er mars 2016, après être resté 11 ans chez Canal+ dont il a notamment été le directeur général entre octobre 2012 et juillet 2015. Il est l’un des administrateurs du géant américain de vidéos en ligne, Netflix.

Le conseil d’administration d’Atos l’a choisi « pour son sens stratégique et parce qu’il a démontré dans ses précédentes fonctions son efficacité managériale et opérationnelle, ainsi que sa capacité à diriger avec succès des transformations complexes », a indiqué Bertrand Meunier, le président du conseil d’administration d’Atos, cité dans le communiqué. Elie Girard, ancien directeur financier d’Atos, avait pris les commandes du groupe après le départ à la Commission européenne de Thierry Breton, qui dirigeait l’entreprise depuis plus de 10 ans. Depuis sa prise de fonction, Elie Girard n’a pas réussi à dissiper la méfiance historique des investisseurs envers un groupe bâti à coup d’acquisitions par Thierry Breton, et qui n’a jamais démontré sa capacité à générer une croissance interne robuste.

Sortie du CAC 40

Et il a dû affronter depuis un an une véritable série noire qui a fait plonger le cours de bourse à des niveaux historiquement bas, à 43,58 euros à la clôture mardi soir, alors qu’il cotait encore aux alentours de 75 euros en début d’année. Fin 2020, sa filiale américaine Syntel a été condamnée à payer une amende de 855 millions de dollars dans un litige antérieur à son rachat par Atos. Le groupe a ensuite affronté l’incompréhension sur un projet d’achat avorté d’entreprise outre-Atlantique, et subi un camouflet quand ses commissaires aux comptes ont émis une réserve sur ses comptes 2020 aux Etats-Unis.

En juillet, le groupe a dû reconnaître qu’il ne parviendrait pas à renouer avec une croissance de ses ventes dès cette année après la crise du coronavirus, se bornant à prévoir désormais une stabilité de son chiffre d’affaires en 2021 à taux de change constants. En septembre, le groupe a connu l’humiliation de sortir du CAC 40, remplacé par le géant français des laboratoires d’analyses, Eurofins Scientific.

Atos est notamment lesté par le poids de ses activités informatiques classiques alors que les entreprises se ruent vers le cloud, l’informatique dématérialisée. « Il faut radicalement, rapidement et très profondément, transformer le groupe », avait affirmé Elie Girard dans une interview aux Echos en juillet. « L’accélération post-Covid de la migration numérique dans le cloud est absolument phénoménale (…) Atos bénéficie de cette accélération, mais que pour la moitié de son activité », avait-il expliqué.

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