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Boosté par les GAFAM, le fleuron français des câbles sous-marins ASN espère doubler ses revenus

AFP

Sous l’impulsion des géants américains de l’Internet, le marché global des câbles sous-marins va doubler d’ici 2023, a assuré à l’AFP Alain Biston, PDG d’Alcatel Submarine Networks (ASN), qui espère conforter sa position de leader grâce à l’appui de Nokia, actionnaire à 100% depuis 2015. « Entre 2018 et 2023, notre vision c’est que le marché va passer en gros de 2 à 4 milliards d’euros », a déclaré Alain Biston dans un entretien à l’AFP. « Sur la même période, on va essayer de suivre le marché, de faire deux fois plus que ce qu’on faisait avant ».

L’entreprise française, qui fabrique, pose et entretient les câbles sous-marins, ne communique pas son chiffre d’affaires. Mais dans ce marché atypique où il est en concurrence avec deux acteurs majeurs, l’américain TE SubCom et le japonais NEC, ASN revendique la position de leader mondial. « Selon nos calculs, on pense qu’on est aux alentours de 35% (de part de marché) sur les commandes. Mais ce ne sont pas des chiffres officiels », indique M. Biston.

L’appétit grandissant des GAFAM

Avec l’appétit grandissant des « GAFAM » (Facebook, Google, Microsoft,…) pour les câbles depuis la fin des années 2010, en raison notamment de l’explosion des flux de données transitant entre l’Europe et les Etats-Unis et de leur immense force de frappe financière, ASN multiplie les commandes. « Ce sont nos principaux clients », confirme Alain Biston. « Ils ont permis de réduire la cyclicité de ce ‘business’ puisque avant vous aviez un gros projet environ tous les 12 à 15 mois. Maintenant on est quand même pas loin de 3-4 projets par an. Les Gafam doivent participer à environ 60%, peut-être même 70% des projets qui existent dans l’année. » 

Pour soutenir cette forte demande, le géant finlandais des télécoms Nokia compte investir 360 millions d’euros sur trois ans dans sa filiale française, selon l’hebdomadaire Challenges. Des chiffres confirmés par ASN à l’AFP. « On compte plutôt cet investissement sur quatre ans », précise Alain Biston. « Au niveau mondial, on va faire entre 300 et 350 embauches sur la même période », ajoute-t-il, alors que l’entreprise compte 2 000 employés, sous-traitants compris, au total. C’est en majorité sur l’usine de Calais, référence dans son domaine au niveau mondial, que sera fait l’effort d’investissements pour augmenter ses « capacités de production » et ses « espaces de stockage ».

Un secteur éminemment stratégique

Composée de six navires câbliers, la flotte d’ASN s’est délestée d’un navire vieillissant mais sera aussi augmentée de deux unités. « On devrait repasser, dans les 12-18 mois à peu près, à sept vaisseaux », indique encore son PDG. Entrée dans le giron de Nokia à l’issue de la fusion avec Alcatel-Lucent en 2015, l’ancienne division de câbles sous-marins d’Alcatel avait fait l’objet de négociations en 2019 pour un rachat de l’équipementier français Ekinops mais le processus de vente a été interrompu. « On voit bien que la demande est en train d’augmenter, c’est pour ça qu’avec l’actionnaire, on a mis en place un plan d’investissement dans ASN. Le fait qu’on soit toujours chez Nokia, cela montre qu’il y a eu un intérêt de l’actionnaire pour continuer à détenir sa filiale », souligne Alain Biston, arrivé à la tête d’ASN en 2019.

Considéré comme un actif crucial par la France, ASN occupe une place de choix dans un secteur éminemment stratégique. D’autant que les câbles sous-marins assurent 99% des communications numériques mondiales. « L’Europe a la chance d’avoir un acteur majeur de ce domaine sur son territoire. Si nous n’étions pas là, il n’y aurait absolument plus de technologie sous-marine en Europe », souligne M. Biston, ajoutant que la pandémie de Covid-19 a mis un « coup de projecteur » sur le caractère « extrêmement critique » de cette industrie. « L’intérêt pour l’Europe, c’est que s’il y a un besoin d’un projet particulier, nous avons toute la technologie et la maîtrise disponible au sein de l’Europe » pour le réaliser, ajoute-t-il.

La rédaction

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Un commentaire

  1. « L’Europe a la chance d’avoir un acteur majeur de ce domaine sur son territoire. Si nous n’étions pas là, il n’y aurait absolument plus de technologie sous-marine en Europe »,

    Et Orange? Ils ont une activité de câbliers aussi!

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