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[BtoC] Pourquoi la réalité augmentée ne décolle pas ?

La réalité augmentée, autrement appelée RA, est une technique qui vise à insérer en temps réel un élément virtuel (2D ou 3D) dans une image réelle à partir d’un device. Elle a fait son apparition auprès du grand public en 2009 avec l’application Layar et on prévoyait à ce moment une explosion du marché d’ici à 2010.

Le nombre d’applications de réalité augmentée s’est ainsi multiplié à une vitesse fulgurante, le marché B2B a rapidement progressé, et les marques, cherchant à doper leurs ventes, ont appris à s’approprier la technologie et essaient d’offrir de belles expériences aux consommateurs. Pourtant, seulement 1 à 2% des utilisateurs de smartphones profitent aujourd’hui des applications de réalité augmentée et, mis à part le secteur du jeux, le marché du grand public stagne. Alors pourquoi la réalité augmentée ne décolle-t-elle pas?

Première probabilité, le grand public ne comprend pas l’utilité de la réalité augmentée. Selon une étude réalisée par le cabinet Marsouin sur les perceptions de la réalité augmentée, les Français percevraient la technologie de 4 manières différentes : certains pensent qu’elle leur permettrait d’obtenir des informations additionnelles sur un produit avant d’aller l’acheter, d’autres la voient comme une possibilité de partager son expérience en ligne, d’autres ont compris la technologie mais ne comptent pas l’utiliser, et les derniers ne comprennent ni la technologie ni ses bénéfices. En bref, tant que le grand public n’aura pas compris l’utilité de la réalité augmentée, il ne cherchera pas à l’utiliser.

Autre explication, la nécessite d’utiliser un device « encombrant » pour profiter de la technologie. Smartphone, tablette ou ordinateur, il n’existe à ce jour aucun petit objet, pratique et presque invisible, permettant de profiter pleinement de la réalité augmentée. Les Google Glass ou les lentilles iOptik, qui devraient respectivement être commercialisées au printemps 2013 et en 2014, pourraient être de bonnes alternatives aux supports actuels. Pourtant, voilà un autre problème qui se pose. Les applications de RA les plus utiles et surtout les plus réelles s’appliquent à des produits couteux (1500€ pour les Google Glass). Quand ce genre de fonction se développera autour de modèles bons marchés, le grand public risque de s’y intéresser.

Dernière hypothèse : la multiplicité des applications « gadgets » dédiées aux marques. Comme évoqué plutôt, les commerçants ont bien intégré la technologie et souhaitent profiter de l’interactivité de la RA pour améliorer le taux de transformation de leurs sites. Chacun a ainsi commencé à développer sa propre application de réalité augmentée, comme par exemple Axe avec son application « Axe Hair » pour iPad, qui permettait aux utilisateurs de choisir, visualiser et partager leur future coiffure, ou l’application « La nuit des Chimères » de TV Mag qui offrait la possibilité de découvrir la cathédrale du Mans en réalité augmentée depuis le magazine papier. Les exemples sont nombreux mais le problème est là : les consommateurs téléchargent les applications et finissent rapidement par s’en lasser. Elles n’amènent pas de valeur au produit, et il est compliqué pour le consommateur de recommencer le processus de téléchargement à chaque marque qu’il rencontre dans la rue. L’idée, selon Jean-François Chianetta, créateur de la start-up Augment, serait de créer une plateforme commune qui regrouperait toutes les marques et qui permettrait aux utilisateurs d’ouvrir une seule et même application de réalité augmentée pour l’utiliser avec n’importe quelle marque.

Aujourd’hui, deux marchés grand public ouverts à la réalité augmentée fonctionnent plutôt bien: celui du jeux vidéo, et celui de l’optique, dont l’essayage des lunettes en RA sur internet plaît beaucoup. D’autres marchés commencent également à émerger, comme ceux de l’immobilier, du tourisme et de la culture.

La start-up youARhere développe par ailleurs des solutions de réalité augmentée liées à ces domaines, et a récemment créé l’application CultureClic qui permet de profiter d’informations sur les monuments que l’on rencontre dans la rue, les oeuvres d’art, les musées, etc. Concernant le marché de l’habillage, qui était un des premiers « grand public » à se lancer dans l’expérience, les essais, peu concluants pour l’instant, devraient à présent s’associer à la Kinect et aux télévisions connectables.

 

Au final, la Réalité Augmentée doit passer un cap pour percer le marché du grand public, en se libérant du carcan de l’écran et en trouvant la convergence parfaite entre device et application.

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La rédaction

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16 thoughts on “[BtoC] Pourquoi la réalité augmentée ne décolle pas ?”

    1. Ce n’est pas un échec. La technologie et les usages sont encore en phase émergente, mais en plein développement. Les soft ne sont pas encore à maturité tant s’en faut, mais les plus récents smartphones et tablettes commencent à avoir des processeurs qui peuvent proposer de l’AR de 2e génération. À nous d’inventer les services qui vont avec. Pour info : Telefonica said it has picked HP’s Aurasma technology to expand its mobile advertising offerings in one of the largest deals yet in the emerging market for augmented reality (dans 25 pays) http://ow.ly/dNcCs

  1. Personnellement, mis à part les jeux video, des applications pour les plus jeunes, je ne vois pas non plus l’ intérêt de la « réalité augmentée ».
    Même moi qui passe ma journée sur l’ ordi, je trouve totalement intrusif ce concept. A moins d’ avoir une ( très sérieuse utilité, professionnelle par exemple ), je ne vois pas comment les gens accepteront de vivre autant dans le virtuel. On est, de loin, pas encore prêt et c’ est tant mieux, à vivre comme dans Wall-E !

  2. Je ne vois pas en quoi une plateforme commune fera tomber les barrières à l’adoption de ces technologies.

    Les applications de R.A. utilisent des technologies émergentes (donc immatures) qui
    nécessitent des ressources importantes pour le calcul et l’affichage des informations qui très souvent sont dynamiques.

    Comme le dit Jean-Rémi plus haut, il faudra compter sur les prochaines générations de mobiles pour espérer obtenir des performances acceptables.

    Par ailleurs les applications de R.A. vont avoir besoin,à l’image des navigateurs web, de standards permettant à chaque fournisseur de contenu de décrire simplement et avec précision la façon dont ces applications devront interpréter et représenter ces informations.

    A titre d’exemple augmentedev.com (Augment) demande à ses clients d’injecter des informations (tailles, prix, description) décrivant des posters qui pourront être « augmentés » dans leur application mobile propriétaire.

    Le problème est que ces informations ne sont pas standards et ne pourront pas être lues par d’autres applications (sauf développements spécifiques bien entendu).

    Il aurait été bien plus judicieux d’utiliser le standard HTML5 Microdonnées dont la structure sémantique définie par http://schema.org permet, entre autres, de décrire précisément un « CreativeWork » (http://schema.org/CreativeWork).

    C’est aussi un format dont les moteurs de recherche sont très friands.

    Pour plus d’infos voir ici: http://www.html5-css3.fr/html5/microformats-microdata-html5

  3. Pour ma part, j’utilise une application de RA qui permet de situer les étoiles dans le ciel. Intéressant, mais avec de gros problèmes de positionnement exact ! Peut être est ce une autre raison de la mauvaise réponse du marché pour ces applis ?

  4. Le monde de la culture et du tourisme s’en empare et donne des résultats très satisfaisant.
    La reconstitution de patrimoine en est un exemple avec la très récente application sur l’abbaye de Jumièges, « Jumièges 3D » qui apporte un vrai plus lorsque l’on visite ce lieu en partie détruit.

    Pour moi l’affichage de la position d’un restaurant sur un flux caméra est juste un angle de vue différent par rapport à une carte. Il n’y a aucune reconnaissance de l’environnement par la caméra, il ne s’agit là que d’un calcul de distance gps et de boussole. La caméra n’est là qu’en déco.

  5. Bonjour,

    Merci pour cet article qui reprends bien les points de blocages actuels pour le développement de la RA. Il est clair que, aujourd’hui, les appareils à utiliser pour bénéficier de la RA sont trop encombrants. On peut utiliser des applications ponctuellement (pour regarder le ciel, essayer des lunettes ou tester la taille d’un colis) mais pas dans une situation de mobilité. Comme il est dit, la prochaine étape, c’est l’arrivée d’une paire de lunettes abordable (2014?). Pour répondre à Julie, il ne faut pas négliger les limites physiques des appareils actuels ! Les boussoles et les GPS embarqués ont parfois des précisions assez relatives !

    Pour la question du standard, Menorki fait un commentaire des plus pertinent ! Utiliser une base de HTML5 est une excellente voix … au pays des bisounours :) Soyons clair, le marche de la RA dans les prochaines années va exploser. Les grands du domaine (Total Immersion, Layar, Wikitude, Metaio, Aurasma, etc.) sont en train de constituer leur armée pour gagner la futur bataille (vous connaissez l’histoire du DVD?). Mais bon, il existe aussi des moteurs de RA libre comme mixare (http://www.mixare.org) !

    Grégory

    1. bonjour,

      oui je pense que la vitesse d’adoption des technologies AR dépendra d’une part de la puissance des équipements à venir (mobiles, lunettes voire lentilles de contact) mais aussi de leur capacité a interagir avec des informations standardisées et ouvertes (je ne vois pas vraiment le lien avec le DVD [stockage] utilisé par des lecteurs qui eux traitent de l’informations standardisée!!).

      Pour info la majorité des principaux fournisseurs de solution R.A. travaillent déjà à l’élaboration d’un consortium visant à établir ces normes (http://www.wired.com/beyond_the_beyond/2011/03/augmented-reality-wikitude-w3c-and-future-ar-standards, http://www.perey.com) en collaboration avec des organismes tels que w3.org ou web3d.org.

      Par ailleurs tous les vendeurs que vous citez proposent des solutions souvent onéreuses et basées sur des formats propriétaires. Certaines sociétés émergentes telles que arlab.com élaborent quand à elles des technologies permettant déjà le développement d’un large panel d’application R.A. (reconnaissance et tracking d’image, moteur 3D ..) et ce à un prix très abordable. Ce qui vous coûte 15 euros/page chez Layar vous coûtera 30-60 euros par application chez arlab (http://arlab.com/pricing).

      Enfin pour ce qui est des lunettes en 2014 je suis persuadé que vous n’y croyez pas vous-même :-) (je parle bien entendu de lunettes capables de réaliser ça: http://youtu.be/Y9HMn6bd-v8 ou ca:http://youtu.be/pBI5HwitBX4 )

  6. Bonjour (désolé mon commentaire ne s’est pas affiché)

    Non je ne crois pas à ce type de lunettes pour 2014, il y encore quelques pas à franchir, mais nous n’en sommes pas très loin. Je suis curieux de voir les propositions des constructeur en termes de lunettes pour console à Noel prochain ! J’ai essayé à Laval les lunettes de Laster Technologies et c’est vraiment impressionnant … Il reste à faire de la prod de masse pour descendre le prix.
    Pour l’histoire du DVD, je fais référence à la bataille des standards (pas aux data) qui a fait rage jusqu’à la mort des concurrents. C’est un phénomène assez récurrent dans l’industrie. Il me semble que l’AR consortium avait été lancé aussi dans ce but ?

  7. Au risque de te décevoir, il semble que malgré tout l’argent qui y est investi, 2013 ne sera pas l’année de la réalité augmentée. Même les Google GLASS ou l’annonce de jeux comme INGRESS n’arrivent pas à inverser la tendance, peut être faudra-t-il que des campagnes d’informations/communication soient menées afin de sensibiliser le public à la RA…

  8. Je crois tout simplement qu’il faudra créer des produits utiles apportant une valeur ajoutée par rapport aux appareils existants. Mais jusqu’à présent on nous montre que des concepts et prototypes mais il y a pas encore de produits finis. Mais je reste tout de même confiant pour cette année.

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