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Comment BlaBlaCar a fait évoluer son modèle pour devenir une plateforme multimodale

Interview de Nicolas Brusson, co-fondateur et CEO de BlaBlaCar

Après des années 2017 et 2018 difficiles marquées par des fermetures de bureaux en Inde, au Mexique et en Turquie, BlaBlaCar, une des premières licornes françaises, a bien rebondi. Pour se réinventer, l’entreprise a diversifié ses activités, notamment avec le lancement de BlaBlaCar Bus (ex-BlaBlaBus) pour élargir sa clientèle et s’étendre à l’international (Russie, Ukraine, Brésil…). Un élargissement du périmètre d’action rendu possible par le rachat fin 2018 de Ouibus, l’activité de cars longue distance de la SNCF. A cette occasion, le groupe ferroviaire était entré au capital de BlaBlaCar lors d’une levée de 101 millions d’euros.

BlaBlaCar, historiquement positionné sur le segment du covoiturage longue-distance, a également décidé de miser sur la micro-mobilité avec les trottinettes électriques de la start-up suédoise Voi et de se lancer dans le covoiturage courte-distance avec BlaBlaCar Daily (ex-BlaBlaLines), une application destinée aux trajets entre le domicile et le travail. Une diversification qui s’avère aujourd’hui payante à l’heure de la crise du coronavirus. C’est l’occasion de revenir sur le virage opéré par l’entreprise depuis trois ans.

Écoutez notre échange avec Nicolas Brusson, co-fondateur et directeur général de BlaBlaCar :

La rentabilité fin 2022 avant une entrée en Bourse ?

A ce jour, BlaBlaCar revendique plus de 90 millions de membres dans 22 pays. Et si la société a vu son activité freinée par la pandémie de Covid-19, en passant de 70 millions de passagers transportés en 2019 à 50 millions en 2020, au lieu des 100 millions attendus, elle se montre assez optimiste quant à la sortie de crise qui se dessine. Et c’est surtout à l’international que la licorne française a trouvé des moteurs de croissance, notamment en Russie et en Ukraine où elle a racheté Busfor, spécialiste de la vente en ligne de billets de bus dans ces deux pays, et Octobus, une start-up ukrainienne spécialisée dans la numérisation des services des opérateurs de cars.

C’est aussi en Inde, au Brésil et au Mexique que BlaBlaCar se développe, en tant que marketplace pour agréger des liaisons proposées par des transporteurs locaux. Une approche multimodale, dite aussi de «Mobility-as-a-Service (MaaS)», qui ne cesse se répandre parmi les acteurs de la mobilité, consistant à rassembler plusieurs modes de déplacement sur une seule et même plateforme.

Pour continuer à gagner des parts de marché, aussi bien en France qu’à l’international, l’entreprise a annoncé un tour de table de 115 millions de dollars en avril dernier, la valorisant à 2 milliards de dollars. Une opération qui sera certainement la dernière de ce type avant une introduction en Bourse qui n’est pas encore à l’ordre du jour. Pour l’heure, la priorité pour la licorne, qui ne s’est retrouvée dans le vert qu’en 2018, est de «renouer avec la rentabilité dans la deuxième moitié de 2022», indique Nicolas Brusson. D’ici là, avec plus de 200 millions de dollars en cash sous le coude, BlaBlaCar n’exclut pas de réaliser des acquisitions pour se renforcer et s’éloigner de ce que son patron surnomme «la météorite Covid».

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