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Deliveroo: pourquoi un fonds britannique important refuse d’investir dans la plateforme

AFP

Le géant britannique de la gestion d’actifs Aviva Investors a annoncé mercredi ne pas souhaiter investir dans la plateforme de livraison alimentaire Deliveroo qui va entrer en Bourse à Londres, évoquant la précarité de ses livreurs. « Beaucoup d’employeurs pourraient changer énormément la donne pour la vie des travailleurs s’ils garantissaient des heures de travail ou un salaire minimum », a déclaré sur la radio BBC 4 David Cumming, un responsable d’Aviva Investors. « Nous n’investirons pas dans Deliveroo pour plusieurs raisons mais celle-là est l’une d’elles », complète-t-il.

Aviva Investors, filiale de l’assureur Aviva, est l’un des poids lourds de la gestion d’actifs au Royaume-Uni avec des encours de 365 milliards de livres. M. Cumming insiste notamment sur le fait que les livreurs Deliveroo, « n’ont pas nécessairement les droits élémentaires pour le salaire minimum, les journées maladies ou les congés ». Il évoque le risque d’investissement en cas de changement de la législation qui obligerait Deliveroo à reclasser ses livreurs comme travailleurs. C’est ce qui vient de se passer pour le géant américain de réservation de voitures Uber qui a été obligé de reconnaître au Royaume-Uni le statut de « worker » ou travailleur salarié, à ses chauffeurs après une décision de la Cour suprême britannique.

Épinglé pour la précarité de ses livreurs en Europe

Deliveroo est quant à lui régulièrement épinglé pour la précarité de ses livreurs en Europe. Au Royaume-Uni, ces derniers attendent la décision de la Cour d’appel de Londres qui doit dire s’ils peuvent bénéficier d’une convention collective afin d’avoir de meilleures conditions de travail. Les déclarations d’Aviva Investors interviennent alors que Deliveroo est sur le point de s’introduire en Bourse à Londres. Il vise une capitalisation boursière entre 7,6 et 8,8 milliards de livres pour ce qui devrait être l’opération la plus importante sur le marché londonien depuis près de dix ans.

L’entrée en Bourse devrait s’effectuer à partir du 31 mars pour un groupe, qui compte parmi ses actionnaires Amazon et qui fait partie d’un des rares secteurs de l’économie à avoir profité de la pandémie et des confinements, qui ont dopé les livraisons de repas à domicile. La société, créée à Londres en 2013, travaille avec 115 000 restaurants dans 800 villes dans le monde et compte quelque 100 000 livreurs, reconnaissables aux imposants sacs à dos verts qu’ils portent en sillonnant les rues à vélo. Elle emploie 2 000 personnes dans le monde et entend se diversifier dans la livraison de courses alimentaires via des partenariats avec des supermarchés.

La rédaction

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