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E-cinema.com veut devenir la «première salle de cinéma en ligne»

La révolution du cinéma est en marche. Ce week-end à Deauville, lors du 43ème Festival du Cinéma Américain, deux oeuvres «numériques» étaient en compétition, My Friend Dahmer de Marc Meyers et The Bachelors de Kurt Voelker. Ces films ont la particularité d’être uniquement visionnables sur Internet via le distributeur digital e-cinema.com. Le site français a réussi là où Netflix a échoué à Cannes: imposer le digital dans la compétition. 

 

L’évolution du 7ème art est en marche

Si cette évolution du 7ème art est en marche, «elle doit être accompagnée par des cinéphiles», avoue Bruno Barde, directeur artistique de e-cinema.com. Tout cinéphile qui se respecte le connaît certainement. Il se trouve à la direction artistique du Festival du Cinéma Américain de Deauville, du Festival du Film Fantastique de Gérardmer ou encore du Festival International du Film Policier de Beaune, pour n’en citer que quelques-uns. Entouré de Hengameh Panahi et Daniel Prejljocaj, il a la lourde tâche de choisir les films présents sur e-cinema.com.

A leurs côtés se trouvent trois fins connaisseurs du monde de la télévision et du cinéma, Frédéric Houzelle, PDG de la société de programmes TV Atlantis, Roland Coutas, fondateur de l’agence de voyage Travelprice.com et Thomas Thévenin, ancien directeur marketing vidéo et digital de Pathé. Depuis 2016, l’équipe réfléchit sur le développement de e-cinema.com, une plateforme de distribution de films en ligne. Le site Internet sera disponible dès le 20 octobre prochain.

«L’élitisme pour tous»

La ligne éditoriale se définit au travers des mots de Jean Vilar: «l’élitisme pour tous». Chaque vendredi à 14h, un film en exclusivité, jamais sorti en salles en France, sera proposé aux internautes. «Des films avec une volonté cinématographique […] des films de tous les pays et de tous les genres», qui, selon les fondateurs, doivent avoir un canal de diffusion en France. Pour exemple, voici quelques-unes des oeuvres achetées pour diffusion par le site: Outrage Coda réalisé par Takeshi Kitano, Hevn (Revenge) du réalisateur Kjersti Steinsbo ou encore le film iranien Paradise de Sina Ataeian Dena.

En tout, ce seront 52 films exclusifs diffusés chaque année sur le site. Ils vont être accessibles via un e-billet d’un montant de 5,90 euros valable pendant 5 jours, ou via l’achat du Pass Liberté, un abonnement mensuel sans engagements avec un accès illimité aux films, pour 9,99 euros. Les oeuvres seront toutes sous-titrées en français. Aucune publicité ne sera diffusée avant, pendant et après le film. Le business model se base simplement sur l’achat de «places». Cependant, e-cinema.com ne s’interdit pas de positionner ici et là des publicités de partenaires bien choisis. De plus, tous les vendredis à 14h, Audrey Pulvar animera une émission supplémentaire hebdomadaire de 26 minutes. Au programme de ce rendez-vous supplémentaire, pitch du film de la semaine et débats avec des invités, le tout accessible gratuitement. D’ici à 2019, la plateforme compte mettre en ligne des oeuvres originales. «Nous souhaitons produire 4 à 5 films à l’horizon 2019, libres artistiquement» explique Bruno Barde.

«Netflix n’est pas notre concurrent»

Si le «distributeur de film digital», comme le surnomme Thomas Thévenin, veut créer un nouveau rendez-vous le vendredi à 14h en devenant la «première salle de cinéma en ligne», il ne souhaite en aucun cas concurrencer les salles obscures. «Nous comptons apporter une offre complémentaire», précise le directeur marketing. Pareil pour Netflix. «Netflix n’est pas notre concurrent. Quand on lève quelques millions, ils vont lever quelques milliards», analyse Bruno Barde.

Même si les fondateurs ne s’attardent pas sur les questions de budget, «informations concurrentielles», la plateforme évolue aujourd’hui en fonds propre. Une levée de fonds est toutefois prévue dans les mois à venir.

Revoir l’interview de Frédéric Houzelle, président de e-cinema.com:

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Myriam Roche

Chef de projet éditorial at Adsvark Media / FrenchWeb - We Love Entrepreneurs

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