ActualitéBusinessRetail & eCommerce

E-commerce: comment la startup Stockly veut en finir avec les ruptures de stock

Dans l’industrie du retail, la gestion des stocks est un enjeu majeur, en particulier depuis la crise sanitaire qui a mis la chaîne logistique des commerçants à rude épreuve. 30% des visiteurs abandonnent leur intention d’achat à cause des ruptures de stock, souligne Stockly, une startup française fondée en 2018, qui développe un logiciel de mutualisation de stocks.

Lancé sous l’impulsion d’Eliott Jabès et Oscar Walter après leurs études d’ingénieur, respectivement aux Ponts et Chaussées et à l’Ecole Normale Supérieure, Stockly a pour ambition de créer le plus grand réseau de stock partagé en Europe pour éviter les ruptures de stocks et, sur le long terme, permettre un accès illimité au stock pour le commerçants.

« Nous voulions nous lancer avec Oscar dans l’e-commerce car nous voyions que ce marché était en pleine expansion et qu’il y avait beaucoup de problèmes à résoudre, notamment sur le sujet de la disponibilité des produits », explique Eliott Jabès. « On avait constaté, en tant que consommateurs, que tous les sites marchands avaient beaucoup de ruptures de stock et on a voulu d’abord essayer de comprendre pourquoi puis résoudre ce problème, avec une solution capable de passer à l’échelle pour répondre à cette problématique de façon globale. Après 6 mois sur le terrain, à parler à de nombreux e-commerçants, mais également des boutiques physiques, et une dizaine d’itérations sur nos premiers embryons de produits, nous avons finalement lancé Stockly. »

Générer un stock illimité

Concrètement, la startup développe un algorithme capable d’agréger le stock de plusieurs centaines d’entreprises en temps réel. Une entreprise peut ainsi continuer à vendre ses produits même si elle n’en possède pas encore le stock, en le faisant expédier par un autre e-commerçant. Les deux entreprises y trouvent leur compte puisqu’elles se font chacune une marge et ne manquent pas une commande, qui aurait pu être avortée faute de stock.

Ce système permet à des enseignes clientes comme les Galeries Lafayette ou encore Go Sport de ne plus afficher une rupture de stock sur leur site quand le produit est disponible sur le réseau Stockly. Cette solution a pour objectif final de générer un stock illimité, évitant ainsi les pertes financières que la rupture de stock occasionne. « Stockly permet à un site e-commerce A, lorsqu’il est en rupture de stock sur un produit de son catalogue, de maintenir le produit comme disponible à la vente et continuer à le vendre, s’alimentant chez d’autres site e-commerce autorisés. Le site fournisseur expédie directement le produit au client final, et tout le monde est gagnant ».

Un manque à gagner pouvant aller jusqu’à 30%

“L’e-commerce de biens est un marché qui se chiffre en centaines de milliards d’euros par an en Europe. Le manque à gagner lié à l’indisponibilité de produit peut aller jusqu’à 30%, en fonction des catégories », affirme Eliott Jabès. « Il existe de nombreuses sociétés de logiciel tentant de connecter les stocks de différents points de ventes d’une même enseigne, ou d’anticiper les ruptures. Notre approche est nouvelle dans l’idée de créer un véritable réseau de stock partagé. »

Sur ce marché, on peut citer la startup parisienne Cubyn qui propose aux retailers une solution leur permettant d’externaliser leur logistique tout en gardant leur stock. Depuis 2019, l’entreprise va plus loin en abritant les stocks des commerçants, avec son offre Cubyn Fulfillment. Avec sa plateforme, Cubyn entend faciliter la gestion de la logistique des commerçants, en les déchargeant notamment des problématiques liées à l’espace de stockage. La startup a levé 35 millions d’euros en début d’année pour accélérer son déploiement en Europe.

De son côté, Stockly a également réalisé un tour de table de 5,1 millions d’euros en seed en mars dernier, auprès d’Idinvest Partners (filiale d’Eurazeo), de Daphni et de business angels pour accélérer son développement en Europe et recruter une vingtaine de collaborateurs, notamment dans les équipes Tech, Finance et Business Development. Depuis, la startup affirme avoir triplé son chiffre d’affaires. « Nous avons développé de nombreuses fonctionnalités techniques, notamment au niveau de l’automatisation des opérations, et la famille s’est agrandie », renchérit Eliott Jabès.

Problème : chez les retailers, la gestion du stock a été l’un des principaux axes de tension pendant la pandémie. Sur les sites e-commerce, jusqu’à 30% des visiteurs abandonnent leur intention d’achat à cause des ruptures de stock. Des intentions d’achat qui représentent chaque année plus de 20 milliards d’euros de pertes pour les e-commerçants.

Solution : Stockly a développé une solution de mutualisation de stocks qui permet d’éviter d’éventuelles ruptures de stocks. Objectif : créer le plus grand réseau de stock partagé en Europe et au monde, afin de résoudre dans un premier temps le problème de la rupture de stock en ligne, ainsi que de permettre un accès illimité au stock aux e-commerçants.

Tech : algorithme capable d’agréger le stock de plusieurs centaines d’entreprises en temps réel.

Clients : Les Galeries Lafayette, GoSport, ect.

Fondateurs : Eliott Jabès et Oscar Walter

Création : 2018

Siège social : Paris

Secteur : e-commerce

Financement : 6 millions de dollars auprès notamment de d’Idinvest Partners (filiale d’Eurazeo) et de Daphni.

 

Bouton retour en haut de la page
E-commerce: comment la startup Stockly veut en finir avec les ruptures de stock
Ukraine: Microsoft prévient que la cyberattaque pourrait rendre inopérables les sites gouvernementaux
[Série D] Exotec lève 335 millions de dollars pour devenir la première licorne industrielle française
Comment Block (ex-Square), la FinTech de Jack Dorsey, veut démocratiser le minage de bitcoin
Avec 25,5 milliards de dollars levés en 2021, la Tech londonienne domine l’Europe
[SEED] Stoïk lève 3,8 millions d’euros auprès d’Alven Capital et Kima Ventures pour assurer les PME contre les cyberattaques
Google demande l’annulation d’une amende de 100 millions d’euros reçue de la Cnil pour ses cookies