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FinTech : le crash temporaire de l’application de trading Robinhood menace son succès

Ceux ne sont plus seulement les crash boursiers qui inquiètent aujourd’hui mais aussi le crash des applications boursières… L’application de trading Robinhood est tombée en panne au mauvais moment. Lundi et mardi, l’application a rencontré de nombreuses difficultés techniques alors que les marchés mondiaux rebondissaient après une forte baisse la semaine dernière pour sombrer à nouveau. Ces problèmes techniques ont empêché les clients de Robinhood de négocier sur les marchés au moment le plus crucial en les laissant essuyer d’importantes pertes financières. 

Une perte financière pour les utilisateurs

Les problèmes techniques de la start-up ont commencé lundi matin et ont duré toute la journée de négociation et ont également perduré jusqu’à mardi main :

« Nous savons que nous avons laissé tomber nos clients et nous nous engageons à améliorer leur expérience« , a déclaré Jack Randall, porte-parole de Robinhood. Il a également affirmé que la start-up envisagerait de dédommager les clients au cas par cas.

Cependant, dans un article écrit par les deux cofondateurs mardi sur le blog du site internet de Robinhood, rien n’est précisé sur ce dédommagement. « Nous prenons notre responsabilité envers vous et votre argent très au sérieux. Nous reconnaissons que bon nombre d’entre vous ont des questions et nous nous efforçons d’y répondre le plus rapidement possible. Vous êtes nombreux à dépendre de Robinhood pour vos investissements, et nous nous engageons personnellement à faire tout notre possible pour exploiter un service stable disponible lorsque vous en avez le plus besoin. »

Aucune mention d’un potentiel dédommagement n’est donc effectué. Les deux cofondateurs reviennent surtout sur l’explication de cette panne : « Plusieurs facteurs ont contribué à la charge sans précédent qui a finalement conduit aux pannes. Les facteurs comprenaient, entre autres, des conditions de marché très volatiles et historiques; un volume record; et une forte augmentation des créations de compte », ont expliqué Vladimir Tenev et Baiju Bhatt, les cofondateurs de Robinhood. 

La société vient d’annoncer qu’elle offrira une compensation à tous les clients de son abonnement premium avec notamment un accès aux rapports de recherche Morningstar, aux données du Nasdaq et à des dépôts instantanés plus importants. Robinhood leur offre trois mois de service équivalent à 15 dollars ce qui peut paraitre dérisoire par rapport aux pertes financières causées par les problèmes techniques de la plate-forme.

Une pétition contre Robinhood est lancée par ses utilisateurs

De nombreux clients de Robinhood qui ont subi des pertes lundi, lorsque les marchés ont augmenté, avaient acheté des contrats d’options pour parier que les marchés chuteraient. Lorsque les marchés ont au contraire bondi après que la Réserve fédérale a baissé ses taux d’intérêt, ils n’ont pas pu sortir des contrats car l’application était en panne.

De nombreux utilisateurs de Robinhood se sont alors tournés vers Twitter et Reddit pour critiquer la start-up. Certains ont affirmé qu’ils allaient quitter la plate-forme, tandis que d’autres ont même menacé d’un recours collectif. Une pétition a été lancée pour bannir Robinhood de toutes activités financières. La pétition a été d’ores et déjà été signée par plus de 2 000 personnes. Le texte rattaché à la pétition indique qu’une plainte a également été déposée auprès de la Financial Industry Regulatory Authority et la Securities : 

 

L’accord client de Robinhood stipulé en effet que la plateforme ne sera pas responsable des «interruptions temporaires de service dues à la maintenance, aux modifications du site Web ou de l’application ou aux pannes» et n’est pas responsable des interruptions prolongées dues à des pannes «indépendantes» de la société. Robinhood « ne garantit pas que ces canaux seront disponibles et sans erreur à chaque minute de la journée ».

Pourtant, Robinhood est un courtier et est obligé par la Financial Industry Regulatory Authority et la Securities and Exchange Commission d’avoir un plan de secours au cas où l’une de ces «interruptions temporaires» apparaîtrait. Un soi-disant plan de continuité des activités exige que l’entreprise assure «un traitement rapide et précis des transactions sur titres».

Cependant, la grande volatilité du marché a également entrainé des difficultés chez d’autres sociétés qui s’adressent aux petits investisseurs. Vendredi dernier, le site Internet du géant Vanguard a connu une «indisponibilité sporadique» en raison des volumes de transactions importants, a déclaré un porte-parole tandis que TD Ameritrade a déclaré que les confirmations commerciales étaient lentes à traiter. Mais ces problèmes n’ont pas duré aussi longtemps que ceux rencontrés par Robinhood ces deux derniers jours. 

Une start-up en vue

Fondé en 2013, Robinhood attire des millions de millenials en proposant de la négociation d’actions facilitée et surtout en éliminant les frais de négociation. Jusqu’à aujourd’hui, l’entreprise californienne était considérée comme l’une des start-up de technologie financière les plus en vue. La société a levé environ 1 milliard de dollars auprès de sociétés de capital-risque telles que Index Ventures et New Enterprise Associates valorisant l’entreprise à environ 7,6 milliards de dollars.

L’absence de frais de négociation sur Robinhood a impacté ses concurrents en mettant la pression sur le secteur du courtage. E-Trade a notamment annoncé qu’elle se vendait à Morgan Stanley.

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Laetitia Lienhard

Journaliste chez FrenchWeb - DECODE.MEDIAPour communiquer sur FrenchWeb ou le Journal des RH, devenez partenaire, cliquez ici.
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