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Free, vent debout contre le lancement de Salto

Free a déposé un recours devant le conseil d’Etat contre l’autorisation donnée par l’Autorité de la concurrence pour le lancement de Salto, selon les informations de La Lettre A. En août 2019, le gendarme de la concurrence a autorisé France Télévisions, TF1 et M6 à s’unir pour diffuser leur propre service de streaming. Pour empêcher cette autorisation, l’opérateur de Xavier Niel avait déjà montré son désaccord et dénonçait un « cartel » entre les trois groupes de télévision qui représentent « 80 % de l’audience » en envoyant un courrier à l’Autorité de la Concurrence.

Des conditions insuffisantes pour Free

Free craint que les trois groupes favorisent Salto au détriment des autres distributeurs à travers notamment des tarifs favorables pour la vente des chaines. Mais l’Autorité de la Concurrence a posé certaines conditions pour éviter cela : les conditions de vente des chaines devront être « objectives et non discriminatoires » c’est-à-dire que le prix devra être similaire et ne devra pas favoriser Salto. Mais il reste toujours la possibilité d’augmenter les prix de vente à Salto pour l’appliquer au reste des distributeurs. 

TF1, France Télévisions et M6 se sont également engagées à « limiter les possibilités de promotion croisée entre leurs chaînes et la plateforme Salto ». De plus, si Salto devenait annonceur sur TF1, France Télévisions et M6, cela se ferait aux même conditions commerciales que les autres acheteurs d’espace publicitaires. L’Autorité de la Concurrence a également imposé que si Salto bénéficie en avant-première d’innovations en termes de services mais aussi de fonctionnalités, cette exclusivité devra être limitée dans le temps.

En termes de contenus, « les conditions d’approvisionnement de Salto seront encadrées à plusieurs titres, de sorte que la capacité d’approvisionnement en contenus exclusifs de Salto auprès de ses sociétés-mères sera limitée ».

Mais Free n’est pas satisfait de ces obligations et en réclamaient d’autres qui n’ont pas été retenues. L’opérateur demandait qu’un distributeur puisse acheter séparément une chaîne et son replay et que toutes les chaînes TNT soient fournies gratuitement mais aussi que les domaines d’activité de Salto soient limités et non extensibles à d’autres services, comme la VOD à l’acte, les chaînes payantes… Mais ces exigences n’ont pas été acceptées par l’Autorité de la Concurrence. 

Free a été contacté par la rédaction mais n’a pas souhaité communiquer.

L’ambition de concurrencer Netflix

Salto sera lancé le 3 juin pour un lancement test. À cette date, l’ensemble des consommateurs pourront se connecter. Pour se différencier des géants américains tels que Netflix ou Amazon Prime Vidéo, Salto compte miser sur sa valeur française en mettant l’accent sur des contenus français. Cependant, le budget de Salto dans les contenus, qui serait de 250 millions d’euros sur trois ans, n’est pas comparable aux milliards dépensés par Netflix ou Amazon… Ce nouveau service reposera sur un modèle payant avec plusieurs formules d’abonnement sans engagement oscillant entre 5 et 10 euros. 

Accessible sur ordinateur, tablette, smartphone et la plupart des téléviseurs, la plateforme Salto, nom qui désignait à l’origine la fonctionnalité permettant de revenir au début d’un programme en cours de diffusion lancée en 2012 par France Télévisions, proposera le replay des programmes diffusés sur les chaînes des trois groupes, ainsi que des contenus orignaux, notamment des films et des séries. Ce service sera effectivement un nouveau concurrent pour les distributeurs traditionnels de télévision tels que opérateurs télécoms dont Free mais aussi les bouquets satellite et les applications web.

Aujourd’hui, il s’agit d’une entreprise indépendante dont les trois chaines de télévision ne sont officiellement qu’actionnaires. 

Britbox, l’initiative au Royaume-Uni

La France n’est pas le premier pays à voir ses principaux groupes audiovisuels nouer une telle alliance. Au Royaume-Uni, les deux grandes chaînes de télévision BBC et ITV ont décidé de s’allier pour freiner Netflix outre-Manche. Ils ont lancé en novembre 2019 le service Britbox à 5,99 livres par mois (6,66 euros), là où Netflix démarre à 8,99 livres. Britbox existe déjà aux États-Unis et au Canada, où les performances sont meilleures que prévu par les deux groupes, même si elles restent modestes.

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Laetitia Lienhard

Journaliste chez FrenchWeb - DECODE.MEDIAPour communiquer sur FrenchWeb ou le Journal des RH, devenez partenaire, cliquez ici.
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