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Google a-t-il raison de craindre SIRI ?

Dans une réponse écrite aux sénateurs américain en charge de la commission antitrust qui s’intéresse en ce moment à Google, Eric Schmidt a mentionné à plusieures reprises SIRI, “l’assistant personnel” de l’iPhone 4s, comme preuve que la position de leader de Google sur le marché de la recherche n’est pas assurée. N’était-ce qu’une exagération destinée aux sénateurs ou bien la reconnaissance d’une véritable menace pour Google ?

Dans cette longue lettre de près de soixante dix pages, Schmidt pointe tout de même vers un article de Forbes qui affirme que “SIRI est un Google Killer”, confirmant que cette opinion est partagée.

La menace que représente SIRI pour Google n’est pourtant pas évidente à priori : SIRI n’apparait que comme un outil de reconnaissance vocale, qui utilise souvent Google lorsqu’on lui demande de rechercher quelque chose. Android intègre depuis longtemps la reconnaissance vocale, et les démonstrations de sa version 4.0 montrent que Google continue ses progrès dans le domaine et offrira une reconnaissance beaucoup plus rapide que celle de SIRI.

Il y a pourtant une différence fondamentale entre SIRI et les Voice Actions d’Android : ces dernières fonctionnent par mots clés tandis que, sur iPhone, vous êtes invités à construire des phrases comme si vous parliez à un être humain (par exemple, vous direz “Météo Paris” à votre smartphone Android et “quel temps fait-il à Paris ?” à SIRI). SIRI comprend les sens de vos phrases, et la révolution est là.

L’intelligence artifielle va transformer la recherche internet

La reconnaissance vocale n’est que l’interface à travers laquelle vous communiquez avec SIRI. Le logiciel lui même est une intelligence artificielle, qui s’améliore un peu à chaque nouvelle requête prononcée par un des millions d’utilisateurs de l’iPhone 4S. SIRI apprend ainsi à les connaître et à mieux les servir, et personnalise son interaction avec eux.

SIRI utilise encore souvent Google pour chercher la réponse à nos questions, mais à terme, les partenariats avec des sites comme il en offre déjà avec Yelp ou Bing Answers vont se multiplier et SIRI ira chercher ses réponses directement sur ces sites, sans passer par Google.

L’application n’est encore qu’en bêta mais développe déjà ses connaissances, et au fur et à mesure qu’Apple lui donnera de nouvelle capacités, nul doute que pour beaucoup le réflexe de poser des questions directement à Google sera supplanté par celui de les poser à SIRI. Et ce dernier, connaissant de mieux en mieux ses utilisateurs, sera à même de les comprendre et de leur répondre bien mieux qu’un moteur de recherche comme Google, qui connaît très bien l’internet mais assez mal les humains, finalement.

La réplique de Google

Face à cette attaque d’Apple, Google n’est évidement pas sans défense. D’abord parce que la reconnaissance vocale fonctionne pour l’instant mieux sous Android que sous iOS (peut-être fonctionne-t-elle mieux en anglais, mais SIRI a parfois du mal à comprendre ce que je lui dis), et si SIRI apprend vite, les logiciels qui apprennent à s’améliorer lorsqu’on les utilise, c’est la spécialité de Google depuis longtemps, pas d’Apple.

SIRI est encore en train de constituer sa base de données, alors que chez Google on sait déjà à peu près tout sur nos habitudes de recherches, et on a développé tout un tas de moyens pour toujours mieux nous répondre. Google a indexé et archivé tout le web depuis quinze ans, dispose de la plus grande collection de livres numérisés du monde, des cartes les plus détaillés… Apple est loin d’avoir autant de données à sa disposition.

Ce qui manque à Google, donc, c’est bien sûr une intelligence artificielle aussi développée que SIRI. Mais est-ce vraiment le cas ? Les questions qui entourent la notion d’intelligence artificielle sont complexes, et la définition même du concept serait trop longue pour cet article. Les Google bots ne sont-ils pas intelligents ?

Ce qu’on sait certainement, c’est que c’est un sujet qui intéresse Google depuis longtemps. Le genre de compréhension des requêtes développé par SIRI est exactement l’objectif annoncé de Google. Apple l’emporte pour l’instant parce que, comme a leur habitude, ils ont pensé l’interface mieux que personne. Nul doute cependant que depuis le lancement de SIRI, Google redouble d’effort pour dévoiler une version publique de sa propre intelligence artificielle.

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5 thoughts on “Google a-t-il raison de craindre SIRI ?”

  1. Sur ce coup Apple à fait fort (je précise que je suis ce que l’on peut appeler un pro Android, voire un anti Apple…) MAIS comme souvent ils n’ont fait que prendre (acheter, copier) un truc ou plusieurs trucs qui existaient déjà… …Pour les améliorer (enfin les rendre cool et bien les vendre surtout!)
    Ici Apple à racheté le logiciel de reconnaissance vocal SIRI (qui, au passage, fonctionnait sur tous les appareils avant qu’il ne soit cantonné qu’à l’iPhone 4S > business business!) et s’est associé aux dev’ de l’IA « alpha wolfram » me semble-t-il, pour avoir un bon produit…
    Donc ils ont fait du bon boulot mais n’ont vraiment rien créé ou inventé (aucune innovation…

  2. @Romain Je ne suis pas certain que ce soit un critique si recevable que ça : Google achète aussi à tour de bras, et d’ailleurs Android même est un achat. Il faut reconnaitre à Apple le talent d’avoir saisi tout de suite la portée de SIRI et d’avoir sauté sur l’occasion.

  3. @Cédric: Pour ne pas faire de jaloux, je rajoute donc que Google aussi rachète à tour de bras des sociétés ou reprennent des bonnes idées nées ailleurs…
    Mais je l’ai admis, le principe de SIRI est intéressant et j’aimerai voir quelque chose de similaire sur Android car je suis sous Android, mais pourquoi pas sur tout type d’OS (Windows Phone, RIM, Symbian, Windows, Linux, MacOS, ou même en flash, html 5, et tous ceux que je connais pas…)
    Google serait même mieux placé pour être le challenger de l' »IA Vocale » vu l’énorme quantité d’information, de données, de modèles sur les habitudes des internautes, leur recherches et questions sur le moteur de recherche depuis 15 ans!

  4. SIRI et GOOGLE devront bientôt faire face à INA (Intelligence Non Artificiel). Il n’y a pas de ressources encore sur le net mais un ami canadien m’en parle depuis qq temps. Ce concept d’intelligence basé sur l’humain sous forme communautaire devrait faire parler dans quelques temps.

  5. Il faut bien distinguer entre l’interface que représente SIRI et le moteur de recherche que représente Google Search.
    On pourrait comparer ça (d’une façon un peu simpliste) à une page de recherche HTLML.
    L’utilisateur ne voit que cette interface alors que le vrai travail se passe derrière.
    Il suffit que Google améliore sa propore interface de reconnaissance vocale pour que les gens oublient tout sur SIRI. A mon avis c’est une tâche bien plus facile que le sens inverse.

    NB. Je pense que Schmidt, dans sa lettre, a éxagéré la menace pour convaincre la commission antitrust que Google n’est pas un monopole

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