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Retail : la startup française Alkemics rachetée par le groupe américain Salsify

Interview d'Antoine Durieux, co-fondateur et CEO d’Alkemics

Un nouveau chapitre s’ouvre pour Alkemics. Près d’un an après avoir levé 21 millions d’euros pour poursuivre le développement de sa plateforme permettant de fluidifier la collaboration entre fournisseurs et distributeurs, la start-up française annonce son rachat par l’entreprise Salsify, qui épaule les marques dans la gestion de l’expérience produit avec les distributeurs. Les modalités financières de l’opération n’ont pas été dévoilées. Depuis sa création en 2011, Alkemics a levé 46 millions d’euros en trois tranches (jusqu’à la série C) pour financement son développement.

Avec ce rapprochement, Alkemics et Salsify donnent naissance à un groupe qui va dépasser les 100 millions de dollars de chiffre d’affaires. Complémentaires sur le plan technologique, les deux entreprises le sont aussi au niveau géographique. En effet, cette opération va permettre à Alkemics de déployer son produit sur le marché américain, ce qui aurait en temps normal nécessité une nouvelle levée de fonds et une réorganisation de la société. Dans le même temps, Salsify pourrait faire de même sur le marché européen, en bénéficiant de la présence de la start-up française en France, au Royaume-Uni, en Allemagne et en Espagne.

Si Alkemics n’était pas forcément en quête d’un partenaire auquel s’adosser pour monter en puissance, les discussions avec Salsify ont fini par convaincre Antoine Durieux, co-fondateur et CEO d’Alkemics, de sauter le pas. «Au fil des discussions, nous nous sommes aperçus que non seulement nous avions des points communs mais aussi des ambitions communes. On avait l’ambition de transformer le commerce, chacun avec son approche : Salsify avec une approche autour des marques qui avait abouti à la création d’une plateforme de gestion de l’expérience produit, et nous avec une plateforme mise à disposition des distributeurs pour gérer l’expérience de leurs fournisseurs et ainsi aider les distributeurs à être des acteurs omnicanaux», explique celui qui reste chez Salsify pour piloter les opérations en France et en Europe.

Écoutez notre échange avec Antoine Durieux pour comprendre les enjeux autour de ce rapprochement :

«Notre ambition est de rendre le commerce B2B facile, rapide et interactif»

Cette «trajectoire convergente» va ainsi permettre de créer un géant mondial, comptant 600 employés répartis dans des bureaux à Paris, Boston et Lisbonne, capable d’accompagner distributeurs et fournisseurs à chaque étape de leur relation commerciale. Avec une offre complète, intégrant la gestion de l’expérience produit et celle de l’expérience fournisseur, la plateforme de Salsify va ainsi concrétiser l’ambition d’Antoine Durieux en matière de collaboration entre les acteurs de la distribution. «Notre ambition est de rendre le commerce B2B facile, rapide et interactif. N’importe quel fabricant devrait pouvoir mettre un produit sur le marché aussi simplement que l’on poste un message sur un réseau social. Et n’importe quel magasin devrait pouvoir trouver les produits que les consommateurs lui demandent avec une simple recherche sur une app», estimait-il l’an passé lors du dernier tour de table d’Alkemics.

A l’heure où la crise du coronavirus a accéléré la transformation digitale du retail et renforcé le besoin de données et de transparence, Salsily et Alkemics ont désormais tous les outils à leur disposition pour «aller à la même vitesse que le consommateur». Car aujourd’hui, c’est bel et bien le consommateur qui dicte ses propres règles dans le commerce. Désormais pleinement omnicanal, celui-ci n’hésite pas à renoncer à un achat s’il manque d’informations sur un produit (visuels, ingrédients, informations nutritionnelles, logistiques ou encore tarifaires…). C’est dans ce contexte que Salsify et Alkemics se rapprochent aujourd’hui, afin de mieux adresser de grandes marques, comme Mars, L’Oréal et Bosch, et des distributeurs, à l’image de Carrefour, Intermarché et Metro.

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