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Comment Learn Assembly veut rendre le e-learning plus engageant et immersif

Interview d’Antoine Amiel, cofondateur et CEO de Learn Assembly

Depuis près de cinq ans, la EdTech constitue un secteur en plein boom investi par de nombreuses startups, qui proposent pléthore d’outils et de plateformes de formation. Pour Learn Assembly, spécialiste des solutions de e-learning à destination des entreprises, ces technologies puissantes n’ont d’intérêt que si elles disposent en parallèle d’un accompagnement et de la création d’une vraie culture favorable à ces nouveaux modes d’apprentissage.

Dans le cas contraire, elles risquent d’être rejetées par leurs utilisateurs : « on parle beaucoup de fracture numérique, on risque d’être en plein dedans avec la EdTech », affirme Antoine Amiel, fondateur et CEO de Learn Assembly. Pour éviter cela, l’entreprise fondée en 2013 a pris le parti d’aider les individus à prendre soin de leur employabilité. La startup revendique aujourd’hui une soixantaine de clients et 250 000 personnes formées dans le monde.

« Très souvent, les gens commencent à se former quand ils sentent que leur emploi est un peu menacé ou quand les choses bougent, et c’est parfois un peu trop tard. Ce qu’on essaye de développer, c’est la curiosité, l’envie d’apprendre et la capacité à se projeter dans l’évolution de son métier pour apprendre en continu tout au long de sa vie. Pas seulement apprendre une fois et ‘attendre’. Pour cela, on essaye de trouver les bons moyens pour former les gens », a indiqué M. Amiel.

Ces « bons moyens » peuvent prendre la forme chez Learn Assembly des codes de YouTubeurs – et du digital de manière plus générale-, pour créer des dispositifs plus engageants et immersifs. En bref, tout ce qui peut servir à éviter les contenus statiques, non-interactifs, « sans émotion ou storytelling ». Les communautés, le social learning, le feedback, le co-développement et la co-construction font également figure d’outils vitaux pour un e-learning efficace et durable.

Pour Antoine Amiel, le Mooc (massive open online course), incarnation courante du e-learning, ne mérite pas tant les critiques formulées à son égard : « il y a une mode du Mooc-bashing. (…) Souvent, quand une innovation arrive, on s’attend à ce que cette innovation résolve tous les problèmes, comme si les Moocs pouvaient tous seuls résoudre tous les problèmes de l’orientation, de l’éducation, de l’enseignement supérieur. C’est un peu plus compliqué que cela ». Le CEO de Learn Assembly soutient que les Moocs sont une « vraie révolution » qui forment des « millions de personnes », malgré leur promesse initiale de démocratisation massive du savoir. Les Moocs seraient ainsi le plus utilisés par des individus déjà bien insérés dans l’emploi et diplômés de l’enseignement supérieur. Mais « les Moocs vont mûrir », grâce notamment à des modèles hybrides et freemium, assure Antoine Amiel.

Learn Assembly : les données clés

Fondateurs : Antoine Amiel et Sophie Cohendet
Création : 2013
Siège social : Paris
Activité : conception et production de formations en ligne sur les compétences numériques

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Patrick Randall

Journaliste chez FW - DECODE MEDIA. Pour contacter la rédaction : redaction.frenchweb@decode.media

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