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Uber boucle une année 2017 chaotique avec une perte de 4,5 milliards de dollars

Uber n’oubliera pas de sitôt l’année 2017. Véritable «Annus Horribilis», l’année écoulée s’est achevée dans la douleur pour la plateforme de VTC. Et pour cause, la firme américaine a concédé une perte vertigineuse de 4,5 milliards de dollars sur l’ensemble de l’année 2017, dont 1,1 milliard de dollars au quatrième trimestre. Un an plus tôt, Uber avait concédé une perte nette de 2,8 milliards de dollars. En l’espace de douze mois, celle-ci s’est donc creusée de 1,7 milliard de dollars.

Dans ce tableau particulièrement sombre, la plateforme de VTC a cependant vu son chiffre d’affaires brut atteindre 11 milliards de dollars entre octobre et décembre, contre 6,9 milliards de dollars à la même période un an plus plus tôt. En intégrant la rémunération des chauffeurs et les différentes remises offertes aux clients, qui ont pesé environ 8 milliards de dollars au dernier trimestre, le chiffre d’affaires net d’Uber s’élève à 2,22 milliards de dollars, en progression de 60% entre octobre et décembre, contre 1,38 milliard de dollars à la même période en 2016. Autre (léger) motif de satisfaction pour Uber, les pertes au quatrième trimestre (1,1 milliard de dollars) ont été réduites de 26% par rapport au trimestre précédent (1,46 milliard de dollars).

Le conflit avec Waymo moins coûteux que prévu 

La révélation de ces chiffres vient ainsi clore une année 2017 qui aura vu Uber subir de nombreux changements et pléthore de polémiques. La plateforme de VTC s’est notamment retrouvée au coeur d’un scandale avec Waymo, la filiale de Google dédiée à la voiture autonome. Cette dernière accusait Uber d’avoir volé une série de secrets commerciaux via Anthony Levandowski, ancien ingénieur de Google qui travaillait sur le projet de voiture autonome avant de rejoindre Uber.

Alors que Google réclamait 1,8 milliard de dollars pour régler le litige, le bras de fer judiciaire s’est finalement achevé avec un accord à l’amiable entre les deux sociétés. Uber a ainsi accepté de verser 245 millions de dollars à Waymo et promis de ne pas utiliser les technologies de la filiale de Google pour ses projets en matière de voiture autonome. Si cette affaire appartient désormais au passé, Uber souffre cependant d’une image largement écornée par les dérapages de Travis Kalanick, qui a été poussé vers la sortie en juin 2017, et le vol des données de 50 millions de clients et de 7 millions de chauffeurs.

L’équilibre opérationnel en 2019 avant l’IPO 

Pour envisager un avenir plus serein, Dara Khosrowshahi s’appliquera en 2018 à réduire les pertes d’Uber. Le successeur de Travis Kalanick se fixe en effet comme objectif d’atteindre l’équilibre opérationnel en 2019 avant l’entrée en Bourse de la société. L’IPO d’Uber sera menée par le géant japonais SoftBank, qui est devenu fin 2017 l’actionnaire de référence de la firme américaine en prenant 15% des parts de la plateforme de VTC. Cependant, l’opération a considérablement abaissé la valorisation d’Uber. De 68 milliards de dollars, celle-ci a chuté de 30% pour s’établir à 48 milliards de dollars. Cette décote était une condition sine qua non à l’entrée au capital de SoftBank.

A la recherche de la rentabilité, Uber pourra s’appuyer sur UberEATS, son service de livraison de repas, qui a généré 1,1 milliard de dollars de ventes lors du quatrième trimestre 2017, soit environ 10% du chiffre d’affaires brut de la société. En l’espace d’un an, la firme américaine a vu ses revenus multipliés par quatre pour UberEATS. Cependant, la véritable clé pour Uber afin d’atteindre la rentabilité n’est autre que la voiture autonome. Malgré sa présence dans 633 villes à travers le monde, Uber ne touche qu’une commission comprise entre 20% et 25% sur chaque course, le reste de somme revenant au chauffeur. En se passant des services de ses conducteurs, Uber verrait ainsi ses bénéfices s’envoler. Maintenant que le conflit avec Waymo est terminé, la plateforme de VTC devrait profiter de 2018 pour revenir au premier plan sur ce marché.

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Maxence Fabrion

Journaliste chez Adsvark Media / FrenchWeb - We Love Entrepreneurs

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