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YouTube : retour sur le développement de la plateforme qui génère 15 milliards de dollars par an

Communiquer une information très attendue pour en évincer une autre… Les rouages des stratégies de communication n’ont pas de secrets pour les géants de la Tech. Pour contre-balancer des résultats mitigés au dernier trimestre 2019, Alphabet a enfin dévoilé un aperçu des revenus de YouTube et de Google Cloud. Le chiffre d’affaires du groupe a en effet été inférieur aux attentes à 46,075 milliards de dollars (+17% sur un an) alors que les analystes avaient tablé sur 46,9 milliards. Le bénéfice d’exploitation qui s’établit à 9,3 milliards a lui aussi déçu par rapport aux prévisions des analystes (9,9 milliards). 

15 milliards de dollars pour les publicités YouTube

Les publicités sur YouTube ont permis d’engranger un chiffre d’affaires de 4,7 milliards de dollars sur le trimestre et de 15,15 milliards sur l’ensemble de l’exercice. Les revenus des abonnements grossissent également et s’approchent désormais des 3 milliards de dollars de revenus annuels. Quelque 22 millions de personnes sont abonnées.

Son offre de cloud computing, regroupant les activités d’informatiques délocalisée, se développe avec des ventes à hauteur de 2,6 milliards de dollars sur le trimestre qui vient de s’écouler, soit une progression de 53% (8,9 milliards de dollars sur un an). « Nous sommes très satisfaits de l’élan que nous voyons dans le cloud« , a déclaré Sundar Pichai, promu PDG d’Alphabet en décembre par ses fondateurs.

Alphabet compte bien continuer à miser sur ses deux segments. « Nous avons l’intention d’augmenter nos investissements en 2020 aussi bien dans l’infrastructure technique que nos bureaux par rapport à 2019« , a prévenu la directrice financière Ruth Porat. Ces investissements seront concentrés sur l’apprentissage automatique dans toutes nos activités, tout comme le « cloud », le moteur de recherche, les publicités et YouTube, a indiqué la directrice financière.

YouTube, un succès rapide

YouTube a été lancé en 2005 par Chad Hurley, Steve Chen et Jawed Karim, trois anciens employés de PayPal. Le site de vidéos en ligne s’est hissé en seulement quelques mois à la 14e place des sites les plus visités du monde.

Me at the Zoo, première vidéo YouTube montrant l’un des fondateurs Jawed Karim, au zoo. La vidéo a aujourd’hui dépassé les 84 millions de vues :  

Un succès qui attise la convoitise de Google qui le rachète pour 1,65 milliards de dollars, en octobre 2006. « L’équipe de YouTube a bâti une puissante plate-forme de médias qui complète la mission de Google d’organiser le monde de l’information pour le rendre utile et accessible à tous », avait commenté Eric Schmidt, à l’époque PDG de Google lors d’une conférence téléphonique. Avant son rachat par le géant Google, YouTube basait déjà son modèle économique sur la publicité, ce qui lui permettait d’engranger jusqu’à 20 millions de dollars par mois. Avant son rachat par le géant Google, YouTube basait déjà son modèle économique sur la publicité, ce qui lui permettait ainsi d’engranger jusqu’à 20 millions de dollars par mois.

YouTube fait évoluer son offre

En mai 2007, YouTube lance son programme partenaire. Certains de ses utilisateurs les plus populaires peuvent prendre le contrôle de la monétisation de leurs contenus et toucher plus de la moitié des recettes publicitaires sur leurs vidéos. Ceux sont les prémisses de la professionalisation des Youtubeurs. Pour y participer aujourd’hui, les créateurs de vidéos doivent engendrer sur leur compte au moins 1 000 abonnés et 4 000 heures de visionnage sur les douze derniers mois.

YouTube se lance, en 2014, dans le streaming musical, sous abonnement. L’objectif est de proposer une meilleure expérience d’écoute sans publicité mais le service ne rencontre pas un véritable succès. En 2015, la société propose son offre Red qui permet d’écouter des contenus vidéos exclusifs.

Depuis novembre 2017, YouTube propose à ses créateurs de vidéos comptant plus de 10.000 abonnés de réaliser des stories, un format popularisé par Snapchat et repris par Instagram et Facebook. L’objectif est de permmettre aux créateurs de communiquer plus directeurs avec leur communautés et d’établir une relation plus privilégiée. 

T-series, chaîne d’un label de musique et studio de cinéma indien, est la chaine la plus suivie au monde avec 127 millions d’abonnés : 

YouTube recense plus de 2 milliards d’utilisateurs. Véritable pilier des nouvelles technologies et des nouveaux usages, YouTube a créé ses propres codes à travers le succès planétaire de ses « youtubeurs ». Le nombre de chaînes qui comptent plus d’un million d’abonnés a augmenté de plus de 65 % en un an. Les vidéos regardées sur mobile représentent plus de 70 % de la durée de visionnage enregistrée sur YouTube. Au cours des cinq dernières années, YouTube aurait reversé plus de deux milliards de dollars aux partenaires ayant choisi de monétiser les vidéos.

Droits d’auteur et fake news : les défis de YouTube

Mais malgré un succès indiscutable, la plateforme de vidéos fait face à certains défis : le respect des droits d’auteurs et la propagation de fausses informations sur son site. Depuis 2018, YouTube a développé une politique plus ferme pour le respect des droits d’auteurs. Les contenus tiers tels que les récaps ou les rediffusions sont soumis à examen pour vérifier le respect des droits d’auteurs. « Si vous utilisez des contenus tiers dans vos vidéos, il est possible que vous receviez des revendications Content ID ou que certaines de vos vidéos soient retirées pour atteinte aux droits d’auteur. De même, si un autre utilisateur met en ligne des vidéos incluant votre contenu, vous pouvez prendre certaines mesures pour revendiquer celui-ci », avait expliqué l’entreprise. 

Par ailleurs, accusés d’avoir laissé se propager des fake news sur leurs plateformes lors de la présidentielle américaine de 2016, les géants de la Silicon Valley ont annoncé des mesures pour mieux lutter contre ces dangers avant l’élection de 2020. YouTube affirmé que ces mesures étaient prises afin de faire de YouTube « une source plus fiable » d’information et de promouvoir « un discours politique sain ».

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Laetitia Lienhard

Journaliste chez FrenchWeb - DECODE.MEDIAPour communiquer sur FrenchWeb ou le Journal des RH, devenez partenaire, cliquez ici.
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