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6 étapes pour créer son entreprise: la folle recommandation de Bpifrance

Par Philippe Silberzahn, professeur d’entrepreneuriat, stratégie et innovation à EMLYON Business School et chercheur associé à l’École Polytechnique (CRG)

C’est à désespérer. Dans sa dernière newsletter, BPIFrance-Création nous livre une très belle infographie intitulée « 6 étapes pour créer son entreprise ». On y découvre qu’il faut d’abord évaluer et valider l’idée, puis étudier le marché, puis chiffrer le projet, après quoi on le financera, puis on choisira la bonne structure et on pourra enfin créer l’entreprise. C’est beau. C’est logique. C’est impeccable. Ça ne marche pas, personne ne fait comme ça, c’est totalement contre-productif de procéder ainsi, et pourtant on continue à dire qu’il faut faire comme ça. On arrête quand cette folie?

Depuis vingt ans et notamment depuis les travaux pionniers de Saras Sarasvathy sur l’effectuation, on sait que la plupart des entrepreneurs ne démarrent pas avec une idée précise et ne suivent pas un plan bien ordonné, mais démarrent avec ce qu’ils ont sous la main et font progressivement émerger leur idée. Lean Startup a montré qu’on construisait son produit en marchant. Des centaines d’articles ont confirmé ce mode émergent de création d’entreprise, dans les journaux de recherche les plus prestigieux. Des centaines de cas l’ont documenté.

Mais non. Aussi bien dans les écoles de commerce que dans les organismes d’accompagnement, on continue majoritairement à prétendre qu’il faut un plan précis et une idée claire pour entreprendre, qu’on démarre avec une idée puis qu’on la met en œuvre. Qu’il faut faire une étude de marché. Tout ça bien dans l’ordre, avec des étapes clairement délimitées et précises. Évoquons-en quelques unes:

Ça commence avec « Définir et valider l’idée ». L’infographie nous précise « avoir une idée c’est bien; la définir et savoir l’expliquer c’est mieux ». Pourquoi c’est mieux, personne ne sait (ça explique sans doute pourquoi on gaspille le temps et l’énergie des entrepreneurs à leur faire faire des pitchs plutôt que d’aller chercher des clients). Pratiquement aucun projet entrepreneurial ne démarre avec une idée précise, et celle-ci change considérablement dès les premiers pas du projet. Non, avoir une idée n’est pas nécessaire, et on se fiche de savoir l’expliquer. L’expliquer à qui? Au banquier qui ne vous prêtera pas d’argent peut-être?

La folie c’est faire encore et toujours la même chose en espérant un résultat différent (Infographie BPIFrance).

Ça continue avec « Faire son bilan personnel »: c’est là qu’il faut une bonne « adéquation homme/projet ». Un pot et un couvercle. Deux objets séparés et immuables. Il y aurait un projet, désincarné, hors-sol, en sustentation, et il y aurait un homme, et il faudrait vérifier que les deux sont compatibles. Or on sait que le projet est l’émanation d’un individu et qu’au moment où celui-ci agit, nul ne peut savoir ce qui émergera de l’action. En outre ce sont souvent les circonstances qui révèlent les talents. Que signifie adéquation homme-projet? Impossible à dire. Comment se valide-t-elle a priori, avant d’agir? Nul ne le sait. Qui peut le faire? Nul ne le sait. On enferme les gens dans des carcans avec de belles grilles d’analyses bien logiques et propres. L’adéquation homme-projet est un slogan creux qui n’a aucune base scientifique; elle ne servira qu’à empêcher un talent de s’exprimer et réservant tel projet à quelqu’un qui proclamera une expertise dans le domaine. Elle sert à écarter les gueux.

Puis on en vient à l’étude de marché, la sacro-sainte. Et là c’est le festival des lieux communs. C’est à pleurer parce que tout a été dit sur le sujet depuis longtemps. Le langage employé est typique de modèles mentaux sous-jacents: il faut « s’insérer » dans le marché (faites-moi une place svp). Il faut « formaliser » son étude (pourquoi? Mystère! Mais formaliser c’est important!) et, nous précise-t-on comme une évidence, « se faire accompagner est un gage de succès » (rien n’est moins sûr si on est accompagné par un imbécile cartésien). Rappelons que les études de marché avaient « montré » qu’il n’y avait pas de marché pour la téléphonie mobile, pour Xerox, pour l’iPad et pour Nespresso, entre autres.

On avance ensuite sur le chiffrage, présenté comme l’étape de vérité, alors que tout le monde sait qu’il s’agit le plus souvent d’un grand exercice de mensonge entre adultes consentants. Pas grave, faisons comme si. Puis on recherchera des financements (comme si la plupart des entreprises ne se créaient pas sans financement), et on termine par le florilège: « Donner vie à son entreprise ». Parce que jusque-là, effectivement, il n’y avait rien de vivant. Des plans, des chiffres, des idées, un processus mécanique, des calculs, enfin bref la mort. Mais il faudrait passer par tout ça pour « donner vie » à son projet, modèle mental très fort qui distingue l’homme et le projet alors que les deux ne font qu’un. Je me souviens d’un entrepreneur, à qui on demandait comment il équilibrait sa vie pro et sa vie perso. Il avait répondu: « Vous savez qu’il n’y a qu’une vie, n’est-ce pas? »

Des dégâts considérables

Combien de projets a-t-on ainsi tué parce que leurs porteurs n’étaient pas capables de se conformer au moule institutionnel du « tu auras une vision et un plan mon fils (ou ma fille) »? Telle cette jeune femme venant vers moi après une conférence de présentation de l’effectuation et me disant, les larmes aux yeux: « J’avais arrêté mon projet car mon conseiller [d’une structure d’accompagnement publique que je ne nommerai pas par charité] me disait que sans clarté de mes objectifs et de mes projections financières, je ne pouvais avancer. Après vous avoir écouté, je sais que je peux aller de l’avant, et j’ai décidé de reprendre mon projet! » Avec un grand sourire!

Combien de gens prometteurs a-t-on bloqué et continue-t-on de bloquer dans leur projet de vie parce qu’on exige d’eux une clarté de but, alors qu’on sait depuis longtemps que les buts émergent au fur et à mesure de notre action? Autrement dit, il n’y a qu’en agissant que je découvre ce que je peux faire? Bill Hewlett et David Packard ont créé HP simplement parce qu’ils voulaient travailler ensemble. Ils ont trouvé quoi faire plusieurs années après, vivant de petits contrats en attendant. Ils se seraient fait jeter par les structures d’accompagnement et leurs conseillers cartésiens qui veulent de l’ordre, de la méthode et de la rigueur, et surtout bon sang des idées claires! Et on s’étonne de n’avoir généré AUCUN champion technologique mondial dans ce pays depuis vingt ans? Croit-on que Facebook a suivi un plan en 6 étapes? Amazon? Tesla? Apple? AirBnB?

Prisonniers d’un modèle mental: l’idéal

Au-delà de s’obstiner à présenter une vision erronée de l’entrepreneuriat, l’idée d’une avancée en étapes traduit un modèle mental selon lequel il nous faut absolument un but clair et un processus tout aussi clair pour avancer dans la vie. Ce « super » modèle mental, qu’avec Béatrice Rousset nous appelons « idéal » dans notre ouvrage Stratégie Modèle Mental, façonne complètement notre façon de penser. Nous persistons à expliquer aux entrepreneurs qu’ils doivent avoir un but et un plan d’action très clairs pour avancer. Nous expliquons aux étudiants qu’ils doivent avoir un objectif de carrière très clair avant de se lancer dans la vie (comme s’ils n’étaient pas déjà dans la vie).

Un reportage de France Culture montrait ainsi que de nombreux jeunes se trouvent embarrassés d’avouer qu’ils ne savent pas trop quoi faire. Nous demandons même à nos enfants dès la classe de 4e de savoir ce qu’ils veulent faire plus tard. Pas une stratégie d’entreprise qui ne soit complète sans son exercice de vision et ses 5 objectifs stratégiques. Pas un candidat à une élection qui ne puisse se présenter sans un programme. Pas un manager qui ne doive être clair sur ses objectifs pour l’année. Comment peut-on persister avec cette obsession du but dans un monde aussi incertain, qui nous apporte surprise après surprise? Qui casse nos modèles mentaux les uns après les autres? Un monde qui demande plutôt une plongée joyeuse dans son incertitude, sa complexité et sa richesse? Ô Montaigne, reviens, ils sont devenus fous!

Car qu’observe-t-on? Le but vous éloigne de la vie. C’est son rôle d’ailleurs. Un but, un plan, ça sert à pointer « là-bas, dans longtemps ». Et puis la vie se rappelle immanquablement à vous sous forme d’une belle surprise qui ruine le but et le plan. Tous les entrepreneurs le savent. Tous les managers le savent. Tous les vivants le savent. Et pourtant, les morts continuent d’expliquer aux vivants qu’ils devraient avoir des buts clairs.

Qu’un entrepreneur, au lieu de partir de qui il est, de ce qu’il connaît, et de qui il connaît, et de faire avec, ici et maintenant, devrait aborder son projet comme s’il devait monter un Lego en suivant un plan bien détaillé. Qu’un étudiant à 18 ans devrait savoir exactement ce qu’il va faire plus tard. Qu’il faut être clair! Qu’il faut savoir où on va! Et pourquoi? Parce qu’ils sont prisonniers de ce modèle mental de l’idéal. Ce modèle nous tue, tue nos enfants, tue toute initiative et génère frustration et angoisse. Alors que la vie n’exige aucun but hors elle-même. L’absence de but, c’est la liberté. L’absence de but c’est la vie. Mais la vie intéresse-t-elle les cartésiens vendeurs de plans?

On arrête quand cette folie? 

Sur le sujet, lire également Faut-il un but dans la vie? Conseil d’orientation aux étudiants… et aux autres. Pour en savoir plus sur l’effectuation, lire mon article: Effectuation: Comment les entrepreneurs pensent et agissent… vraiment.

La notion de modèle mental et son importance dans la transformation individuelle, organisationnelle et sociétale est développée dans notre ouvrage Stratégie Modèle Mental co-écrit avec Béatrice Rousset.

Le contributeur:

Philippe SilberzahnPhilippe Silberzahn est professeur d’entrepreneuriat, stratégie et innovation à EMLYON Business School et chercheur associé à l’École Polytechnique (CRG), où il a reçu son doctorat. Ses travaux portent sur la façon dont les organisations gèrent les situations d’incertitude radicale et de complexité, sous l’angle entrepreneurial avec l’étude de la création de nouveaux marchés et de nouveaux produits, et sous l’angle managérial avec l’étude de la gestion des ruptures, des surprises stratégiques (cygnes noirs) et des problèmes complexes (« wicked problems ») par les grandes organisations.

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23 commentaires

  1. En tant que chargée de mission,hors Paris ou j’ai tout même fait mes armes, je ne peux qu’être désolée du manquement de connaissance marché dont vous faîtes preuve :)
    Au delà de la sacro sainte startup nation et les messages publicitaires dont nous sommes bassinés sur l’audace, il y a des genw, bien réels, aux profils, âges et expériences diverses qui rêvent de succès et se lance sur une intuition. Et echoue. Par méconnaissance. Et le mensonge et là, dans ce mythe succès qui fait briller les yeux de ce 1000ème consultant en management bienveillant ou coach qui ne parviendra jamais a vivre de son activité.

    1. Entièrement d’accord avec vous, l’auteur semble lui même prisonnier de son modèle « start-up » qui ne créé rien avec pas grand chose.
      Un boulanger est un entrepreneur, n’en déplaise à certains, qui DOIT savoir combien de clients il peut attirer (et comment) et combien de produits il doit vendre pour rembourser sur 15 ans son emprunt aux échéances bien réelles. C’est bien différent de l’étudiant d’une école de management qui vit chez ses parents et peut passer des semaines sans avoir à contribuer d’un seul euro à la vie d’un ménage…
      Et cette démarche n’est pas incompatible avec l’audace ou les idées innovantes : la société Néoline est en train de se créer son marché de transport maritime à la voile avec les bons profils (adéquation homme-projet), une étude de marché bétonnée (est-ce que c’est rentable pour eux comme pour leurs clients), les bons financements et partenaires, etc. etc.

    2. Pareil que vous LEO mais moi en plus c’est après trente ans à répéter cela et en étant passé pendant dix ans par la case « thèse sur les PME ». J’ai créer l’éditeur de référence au niveau mondial de solutions cartographiques et statistiques en marchant parce que j’avais besoin d’un tel logiciel et que j’ai rencontré par hasardJérôme Barthélémy avec qui je me suis associé et la suite de la success story, c’est un torrent de montagne avec des hauts et des bas énormes …

  2. Après 5 ans dans la tech…je perdais espoirs de ne pas lire ce genre d’article !
    Merci ! Et dieu sait qu’il faut du courage pour aller contre la BPI dans une économie numérique trusté par les grands groupes et les institutions publiques.

  3. C’est effectivement très intéressant et un peu ce que je pense. Je suis actuellement porteur de projet et je passe notamment par cette étape d’étude de marché. J’aime fonctionner à l’opportunité car c’est ce qui fait avancer rapidement.
    Par contre, lorsqu’il sera nécessaire d’obtenir des fonds pour pouvoir avoir les bâtiments etc il faudra bien avoir matière en termes de pitch, documents etc pour pouvoir avoir l’aval des banques non ?
    Que conseillez vous dans ce cas?

    Merci

  4. Quel cri du cœur ! Loin d’être d’accord sur tout mais bien en phase sur ce problème du manichéisme actuel dans l’entreprise au sens large. Il aurait été passionnant de vous croiser lors de mon passage a l’EML…
    Pour votre point de vue, Je vois renvois aux principes types (MBTI) qui ont depuis longtemps démontrés quelle structuration mentale correspondait a quel poste, hors en schematisant un peu on y voit que les métiers de la gestion réclament souvent une pensée analytique (étape par étape) la où l’entrepreneur est souvent en instinct (vision globale) ces 2 modèles s’opposent souvent dans les moyens c’est tout la le problème. Du coup je ne vous rejoins pas sur l’absence de but, au contraire il en faut bien un, c’est la route a prendre qui elle n’est pas obligatoirement tracée ou identique a tous. Je suis en pleine création d’entreprise donc extrêmement concerné :) bien a vous.

  5. Tout à fait d’accord sur la critique du discours BPI qui semble insuffisant, mais pas pour autant complètement d’accord avec le point de vue de cet article: monter son entreprise demande de faire monter un certain nombre de personnes dans le bateau (banquiers, investisseurs, employés, fournisseurs, clients…). Et pour qu’ils montent, les convaincre qu’on va gérer l’incertitude avec professionnalisme n’est pas suffisant, ça ne marche pas, si vous ne me croyez pas essayez. Et c’est probablement dans l’imperfection du mélange des deux points de vue que cela finit par fonctionner ? Un plan clair, ET un H/F qui sait porter et assumer face à ses contradicteurs les incertitudes qui l’entourent ? Une adéquation H/F-projet tout de même, mais ainsi mieux exprimée ?

    1. Bon, on s’en fout des ventes, c’est pas important de comprendre ce que l’on fait, ni d’avoir une idée où l’on va. Cela m’évoque une citation de Groucho Marx: We did not know where we were going or how we are going to get there, but we sure are going there ». OK, et le cash flow dans tout ça? Ah les crédits impôt-recherche… Bonne formule pour réussir! RDV dans 5 ans…
      Just joking…

  6. Merci pour cette belle démonstration à laquelle j’adhère, avec cependant une petite pondération sur le but. En effet, je ne crois pas qu’il faille s’interdire de se donner un but, au contraire, tant qu’on ne s’impose pas de rester figé sur son atteinte. Le but permet de donner un mouvement, puis l’agilité permet de rester debout pour l’infléchir, quelles que soient les rencontres, les opportunités, les embûches qui interviennent en chemin. Et dieu sait s’il y en a !

  7. c’est parce que la bpi est, comme d’autres secteurs ou entreprises accaparée par des énarques, totalement théoriques, infoutus de créer de la valeur, de manager des hommes et des projets… c’est la France de la French tech du 7e arrondissement. Et après on s’étonne! pathétique….

    1. C’est l’habitude de l’Etat : il pique une partie des revenus de TOUTES les entreprises et particulièrement des PME qui n’ont pas les moyens de faire de l’optimisation fiscale. Avec les sous, il lance un MACHIN comme disait de Gaulle, pleins de gens très couteux, qui louent le Grand Palais ou invitent des artistes de talent, puis en redistribuent une petite partie après sélection sur LEURS critères de technocrates au mieux sur le copinage au pire à quelques entreprises … Et comme ils vendent cet argent argent très cher sans prendre trop de risques c’est en plus une des banques les plus rentables ; c’est souvent les mêmes que le CPME dont ils sont souvent issus … L’intervention en R&D est très différente et beaucoup plus positive et ce sont les restes de l’ANVAR ce qui change la donne. Du coup on a les start up et elles sont rachetés par les USA ou les Chinois parce que incapables de se développer pour atteindre les ETI. On est bloqué à 50 salariés par exempel chez nous depuis 10 ans …

  8. Merci pour votre article criant de vérité ! Inspirant et qui démontre bien que l’on ne peut tout prévoir, planifier à l’avance.
    L’adaptabilité étant le maître mot. Un projet ça se construit pas à pas et prendra parfois une direction tout à fait différente de celle qu’on avait prévue.

  9. Je suis pas un fana de l’effectuation, loin s’en faut, mais je dois m’associer au coup de gueule de Philippe Silberzahn sur cette publication de la BPI !

    C’est drôle, il me semblait que dans BPI, il y avait un « I » pour Innovation ?

    Visiblement, l’auteur.e de l’infographie ne connait pas le terme « Agile ». Ce qui est effrayant dans cette démarche, c’est sa linéarité. Ça fait quand même déjà 15 ans – depuis le Customer Discovery & Customer Development de Steve Blank – que toutes les démarches liées à l’innovation ont le mérite d’être agiles, c’est à dire itératives, reconnaissant le droit à l’erreur et à la correction pour évoluer dans des marchés incertains (voire inexistants)… Même le Lean Startup d’Eric Ries, pourtant de moins en moins efficace dans les marchés actuels déjà saturés d’offres, a cet avantage de l’agilité et limite un peu les risques.

    L’objectif de l’article était certainement louable, se voulant pédagogue pour parler au plus grand nombre et susciter les vocations… Objectif raté !

    Correction et itération SVP ?

  10. Cet article me gêne car un excès ne permet pas d’en corriger un autre. J’imagine facilement le côté un peu scolaire de l’article de la BPI. Cela étant, je ne crois pas qu’il faille jeter le bébé avec l’eau du bain, ni se faire mousser en tapant sur une institution qui a du bon.

    Je vois beaucoup d’entrepreneurs se planter faute de s’être posé quelques questions clés : combien de clients potentiels ? de quoi ont-il besoins? combien dois-je investir ? Certes , l’échec est parfois fructueux. Il est souvent aussi douloureux, financièrement désastreux parfois, et totalement destructeur.

    Ce qui me gêne également, ce sont les amalgames et le fait d’invoquer (encore une fois) les Apples et autres icônes du même genre. Ces entreprises ne représentent pas tous les entrepreneurs et on tombe dans ce que l’on appelle le biais du survivant : on tire des conclusions sur des exemples atypiques.( De façon anecdotique, il me semble que Jeff Bezos a été au contraire très systématique dans le lancement d’Amazon…)

    Enfin, je crois que l’auteur se fonde sur une vision dépassée des méthodologies qu’il condamne (un peu vite). Le design thinking est très utile par exemple. Les business plan ne sont pas non plus des monstres pondus par des experts comptables. Il doit s’agir au contraire d’un exercice pragmatique, appelé à évoluer rapidement…

  11. Bonjour.
    On peut bien sûr développer son activité par une succession d’opportunités. Les études de marché sont de moins en moins utiles (depand quand même.du secteur). A un moment donné, ll faudra bien quand même pondre un document pour les financeurs mais aussi pour soi.
    Au plus simple a mon avis, le Business Model Canva. C’est un outil de travail et un outil de présentation. C’est gratuit et basé sur une logique simple. Après avoir réfléchit et remplit le business model canva il vous faudra tout de même présenter l’équipe. Quelques chiffres sur 3 ans et montrer ce qui fait votre différence, et les premiers deniers tombés dans votre escacelle.
    Rester simple.
    Au plaisir

  12. Intéressant mais dépassé, rempli de clichés, excessif, confusion de genre… dommage !

    C’est un peu comme le principe de précaution, il ne faut pas se cacher derrière mais, avoir conscience des risques, c’est quand même utile ! Avoir des outils, des maitrix, des données, c’est intéressant et cela conforte un peu son intuition mais on ne bâtit pas toute son existence sur des stat, ou sur une veille. … on est tous d’accord avec vous.

    Apprendre en chemin :
    Dans beaucoup de projet on ne peut pas trop apprendre en faisant chemin car les investissements de départ sont trop grands…
    vos conclusions sont valables si on croit a un modèle de découvertes heureuses qui donnent naissance à des choses révolutionnaires, dans un contexte de jeu.

    Mais votre curseur de « révolutionnaire » est aussi à placer : facebook (aliénation, arnaques, fichage d’état et spoilation du marché, de la publicité online), delivroo, uber, blablacar… belles innovations que voila :-)

    Le lean évidement cela fonctionne et peut régir le web et l’immatériel, un processus intellectuel : « on tatonne », on pivote – on reconstruit – on s’enrichit – on consolide… on est tous d’accord mais on est au final intéressé malgré tout (on a un ou des objectifs) et on a des timings aussi. On est pas tous Microsoft (qui nous tins en captiviter) > on a pas les moyens de tâtonner et faire des correctifs.

    Enfin, tout n’est pas bon à explorer et bien sure, vous trouverez toujours des contres exemples de réussites qui n’ont pas suivis les codes, des histoires de garage, de post it etc. (de bons storytelling d’ailleurs).

    Pour moi il y a quand mêmes des codes récurrents, des gages reconnus : d’abord avoir les compétences en interne ou les fédérer, des moyens suffisants, une vision partagée « de quelque chose » à améliorer ou transformer : bref de satisfaire sufisament quelq’un, un pseudo but qui rassemble, le temps, la passion, la passsion, la passion X1000 (qui vous permet de vous obstinez à …) et de quoi payer son appart ou un copain ou une copine, un parent pret à etc., basique.

    Oui on peut dire aux jeunes bien au chaud dans leur appart et dans leurs écoles, dans un cours d’entrepreneuriat : « amusez vous : tester, innover, ne penser pas utile… mais cela s’arrête la ! » C’est un excellent point de départ mais c’est tout > c’est de la créativité et je suis d’accord nos jeunes en manque ou ne savent pas l’activer et s’en donner le droit.

    Faire croire que PAYPAL, c’est un accident, facebook aussi etc… regarder le passif, le réseau, les qualités et compétences des gars + la conjonction des planètes… il y a au final peu de hasard pour le succès de ces modèles qui aujourd’hui sont portés au nu.

    Combien d’appli inutiles survivent ? Vos modèles, c’est bien pour apprendre, pour se faire plaisir mais a un moment il faut être rationnel, et après le temps de la créativité, il y a quand même le temps de la confrontation avec la réalité : le besoin et l’utilisateur et surtout le payeur;

    Tout n’est que tendance aujourd’hui dans l’entrepreneuriat : 2020, on est à fond dans la pseudo IA de comptoir, on vous met du numérique dans tout, on va nous mettre de l’électrique dans tout, la nourriture il faut du bio et local, il faut aider les anciens qui sans nous sont perdus, la deeptech etc. Est ce bon , est ce moins nocif, est ce véritablement moins polluant, est ce plus enrichissant … on en sait rien, voir on s’en fout, mais cela occupe les humains et les détournent de la vie et du présent .. un peu glauque. La vous avez un sujet qui me parait plus intéressant que BPICréation, non ?

    Enfin ceux ne sont pas les profs, ni les campus qui payent les années d’études et les emprunts contractés. Alors tant que l’on reste dans le cocon d’un incubateur et que l’on fait mumuse, « on peut écrire pour dire moi je casse les codes » mais au moment de passer à l’acte, en général même le plus fantasque (et je le distingue du fou) se doit d’être responsable et donc à minima d’être rationnel, sinon on fait de la recherche dans un laboratoire de science fondamentale (donc il faut avoir le niveau de) ou dans une école d’art (et même dans ces deux cas, on fait une veille, on regarde ce qui se fait avant et pendant, les techniques, les connaissances actuelles, on a des postulas, un don etc.).

    Au final : On peut encourager de loin et décrier ceux qui sont au front, cela ne fait pas de mal mais cela ne fait pas des commentateurs des héros.
    On peut tous penser à la planète et faire les gestes que l’on juge pertinents, le revendiquez haut et fort et bien dormir le soir avec son beau portable polluant, prendre l’avion et profitez du luxe offert par sa situation, son lieu de naissance etc.

    Alors BPI création est peut être scolaire, carthésien mais en attendant, 90% des porteurs ne peuvent pas attendre 10 ans avant « un succès » fut il relatif.

    Enfin et pour information : BPI Création n’est pas BPI innovation, c’est la suite de l’AFE et de l’APCE, le site s’adresse aux entrepreneurs qui ne cherchent pas à créer « le nouveau pseudo machin ou service » mais à travailler autrement, sur des modèles que l’on dit connus… pour leur propre compte et qui ne sortent pas ou non pas fait 5 ans d’études de finances ou de stratégie.

    Bonne journée à vous.
    Précision, je ne travaille pas à BPI ;-)

  13. Juste pour rappel la BPI (Banque Publique d’Investissement) accompagne les entreprises en générale.
    La BPI Création (AFE + APCE) n’est pas la BPI innovation, cette infographie explique simplement les étapes de création d’une entreprise en générale, pas d’une startup qui sont des exceptions.
    LA BPI est tout à fait dans sont rôle, par contre cette article me semble un peu hors-sujet ^^

    1. Oui, bonne remarque, merci !

      Les méfaits de la centralisation : sous l’égide d’une seule marque, tout devient illisible.

      Cela étant, même hors innovation, une démarche un peu moins scolaire et un peu plus agile ne peut qu’aider : tous les marchés deviennent incertains aujourd’hui, numérique oblige…

  14. Pour avoir longtemps entrepris ( plusieurs entreprises technologiques complexes ) je n’ai jamais fait qu’une chose : faire parler les clients,, entendre les besoins, qualifier des solutions… On est entrepreneur ou on l’est pas. Et un vrai bon conseil : occuper vous à satisfaire des clients plutot que faire de demandes d’aides et de subventions. Vous ave 100 fois plus de chance d’y arriver. Par contre chercher des personnes pretes à financer vos besoins en les associant au Capital. Et n’ayez pas peur du nombres car ils vous trouveront des clients par leurs carnets d’adresse.

  15. J’adore! le meilleur conseil que j’ai jamais reçu sur la recherche d’emploi quand, après les études en Angleterre, je ne savais pas du tout vers quel métier m’orienter était de me poser une seule question: ‘what would be fun to do for the next 2 years?’ pas de projection à long terme, juste la permission de se connecter à ses envies.

  16. Article pas forcément juste mais qui peut en déranger certains et en faire réfléchir d’autres. Pour être en contact avec BPI France depuis assez longtemps et de maintenant monter un dossier de prêt à taux 0% pour un projet innovant, je suis d’accord avec certains aspects de cette analyse. Il est bien évident que sans des bases solides et une (assez) bonne idée de là où on veut mener son projet, c’est l’échec assuré. Que, au départ, les idées soient floues et qu’elles se catalysent en cours de route, oui. Par contre partir à l’aventure sans but réel, pour moi, n’a pas de sens.

    Avoir une « vision » ne nécessite pas d’avoir tous les éléments en main et sous contrôle. Par contre si il y a constamment des changements de cap il n’y aura pas concrétisation du projet car son environnement ne sera pas propice à son développement et à sa réussite.

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