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À Paris, des chauffeurs dénoncent une volonté d’imposer une « loi Uber en Europe »

AFP

Plusieurs dizaines de chauffeurs VTC et quelques livreurs à vélo se sont rassemblés mercredi devant la représentation de la Commission européenne à Paris pour dénoncer la volonté d’Uber d’imposer en Europe une réglementation défavorable aux travailleurs des plateformes. « Pas de loi Uber en Europe », affichait une banderole tendue devant le rassemblement, revendiquant la participation à une « journée de mobilisation internationale contre le faux travail indépendant ». « La Commission européenne lance mercredi une consultation qui a pour but de faire un premier jet de proposition de réglementation pour les travailleurs des plateformes numériques », a expliqué la députées européenne Leïla Chaibi (LFI), qui participait à la manifestation.

Actuellement, « le patron d’Uber (Dara Khosrowshahi) fait la tournée des popotes, rencontre tous les décideurs, pour expliquer qu’il faut une nouvelle ‘Proposition 22’ en Europe », a-t-elle ajouté pour insister sur l’importance de la mobilisation. La « Proposition 22 » est une solution appliquée en Californie et formulée par Uber selon laquelle les conducteurs restent indépendants mais reçoivent des compensations (revenu minimum ou assurance santé). La Californie avait pourtant voté une loi afin d’imposer aux plateformes de requalifier leurs dizaines de milliers de chauffeurs en salariés, ce qui aurait nécessité des investissements considérables.

Dara Khosrowshahi «tente de remodeler la loi à son image»

Uber a contré cette nouvelle loi en soumettant la « Proposition 22 » à un référendum lors de l’élection présidentielle américaine, référendum remporté avec 58% des voix. Dara Khosrowshahi «est en panique», « tous les tribunaux lui donnent tort » et donc « il tente de remodeler la loi à son image », a souligné Leïla Chaibi. Vendredi, la Cour suprême britannique a rejeté un recours d’Uber, estimant que les chauffeurs pouvaient être considérés comme des « travailleurs » salariés.

Ils devraient donc avoir droit à un salaire minimum et des congés payés. Brahim Ben Ali, chauffeur VTC et secrétaire du syndicat INV, a demandé à ce que l’inspection du travail enquête sur Uber car « il y en a qui travaillent 17 heures par jour et il n’y a pas de rentabilité », dénonçant l’opacité d’un algorithme qui « nous téléguide comme des Pokemon ». « De plus en plus de chauffeurs se font déconnecter » sans explication, a-t-il poursuivi et « on veut qu’un lien de subordination (entre le chauffeur et la plateforme) soit reconnu par l’Union européenne ». La Commission doit rendre ses travaux pour réglementer le secteur d’ici la fin de l’année 2021.

La rédaction

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