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AgTech : AeroFarms lève 100 millions de dollars pour ses fermes verticales

AeroFarms, spécialiste américain des fermes verticales, a bouclé une levée de fonds de série E de 100 millions de dollars, selon le Financial Times. L’entreprise fondée en 2004 vaudrait près de 500 millions de dollars à l’issue de ce financement. Le tour de table a été mené par la société d’investissement d’Ingka Group, la maison-mère d’Ikea. Les investisseurs historiques Wheatsheaf, ADM Capital, Mission Point Capital, GSR Ventures et AllianceBernstein, ont également participé au tour de table. Au total, AeroFarms a désormais levé 238 millions de dollars. Des investisseurs d’AeroFarms ont indiqué au Financial Times que l’entreprise est rentable sur une base opérationnelle, mais qu’elle continue à investir lourdement. Ce tour de table de 100 millions de dollars serait destiné à des investissements sur le long terme.

AeroFarms : plus de 907 000 kilos de légumes produits par an

L’entreprise créée par David Rosenberg, Ed Harwood et Marc Oshima fait pousser des légumes — principalement de la roquette, du cresson et du chou kale — dans des fermes verticales sans pesticides, avec peu d’eau, et avec un système d’éclairage LED propriétaire en partenariat avec une entreprise qui appartient à GSR Ventures. Elle a également créé un programme de consommation d’énergie qui calibre sa consommation d’énergie en fonction de sa disponibilité. La société distribue ses produits dans un rayon de 80,5 kilomètres sous la marque Dream Greens. Parmi ses clients : les enseignes Whole Foods et ShopRite.

AeroFarms dispose d’une ferme principale de plus de 21 000 mètres carrés à Newark, dans le New Jersey. Elle serait capable de fournir en légumes le Grand New York, la huitième aire urbaine la plus peuplée au monde. Cette ferme principale produirait plus de 907 000 kilos de légumes chaque année. Toujours à Newark, l’entreprise dispose aussi d’un établissement de R&D, d’une deuxième ferme de plus de 9 000 mètres carrés, et d’une ferme pédagogique à destination des écoliers et étudiants locaux. La nouvelle levée servira à financer une nouvelle ferme de production qui devrait être construite l’année prochaine et une extension prochaine vers d’autres produits comme les baies.

Plusieurs avantages

Aux Etats-Unis, d’autres entreprises comme Plenty (200 millions de dollars levés en 2017 auprès de SoftBank, du CEO d’Amazon Jeff Bezos et de l’ancien chairman d’Alphabet Eric Schmidt), Bowery (95 millions de dollars levés en 2018 auprès de Google Ventures et Temasek) ou 80 Acres Farms (40 millions de dollars levés en janvier 2019 auprès de Virgo Investment Group) se sont lancés dans les fermes verticales. Si les premières fermes de ce type, à l’image d’AeroFarms, ont d’abord vu le jour dans les années 2000, elles ont profité des dernières années d’une amélioration de technologies comme la robotique ou l’intelligence artificielle, mais aussi de bases de données plus importantes.

Selon Global Market Insights, l’industrie des fermes verticales valait 2 milliards de dollars en 2017. Elle a notamment mené au développement de techniques telles que l’aéroponie (culture hors-sol) et l’hydroponie (culture de végétaux dans l’eau). La part de l’hydroponie dans les fermes verticales pourrait à terme croître de 26% entre 2018 et 2024.

Les fermes verticales présentent plusieurs avantages : elles peuvent personnaliser le goût de leurs produits en fonction de l’éclairage utilisé et donc rivaliser avec les fermes extérieures, qui dépendent uniquement du soleil ; elles utiliseraient 95% moins d’eau (dans le cadre de l’aéroponie) que les fermes traditionnelles, nécessitent peu de surface terrestre, n’utilisent pas de pesticides, et peuvent donc rivaliser avec les fermes biologiques ; elles peuvent être situées en zone urbaine et ne nécessitent pas de transport sur de longues distance pour atteindre l’acheteur ; elles peuvent être implantées dans des régions chaudes, voire désertiques, là où l’agriculture extérieure se révèle compliquée.

Plusieurs inconvénients

Mais elles présentent aussi des inconvénients. Elles nécessitent d’importants investissements initiaux dans les établissements puis des coûts d’opération en zone urbaine plus élevées qu’en zone rurale. Elles impliquent également des factures d’énergie (lumières LED et ventilation) et des coûts de main d’oeuvre importantes. Le secteur a vu plusieurs entreprises fermer leurs portes : fondé en 2011, FarmedHere était un acteur majeur des fermes verticales aux Etats-Unis avant que l’entreprise ne ferme ses portes en 2017 et se repositionne sur la transformation alimentaire ; fondé en 2008, le Suédois Plantagon a mis la clé sous la porte en janvier dernier après des problèmes de trésorerie, de capitaux, et de rentabilité.

De nombreux acteurs dans le monde

Dans le monde, d’autres acteurs des fermes verticales et de l’éclairage LED destiné au secteur incluent Aizufujikako, American Hydroponics, Everlight Electronics, General Hydroponics, Genesis Photonics (GPI), Gotham Greens, Granpa, Green Spirit Farms, Hon Hai, Hydrofarm, Inventec, Iwasaki Electric, JGC, Jingpeng Solar Powered Plant Factory, Mirai, Natural Vitality, Nihon Advanced Agri Corporation, Ozu Corporation, Philips Horticulture Lamps, Rambridge, Ringdale ActiveLED, Rockwool Group, Ryobi Holdings, Sky Greens, Spread, ou Urban Crop Solutions.

En France, des acteurs tels que la Ferme Urbaine Lyonnaise (FUL), la Cité maraîchère de Romainville, Le Paysan Urbain, Cueillette Urbaine, Agripolis ou encore HRVST participent au paysage hexagonal de l’agriculture urbaine.

AeroFarms: les données clés

Fondateurs: David Rosenberg, Ed Harwood, Marc Oshima
Création:
2004
Siège social:
Newark
Activité:
fermes verticales
Financement:
100 millions de dollars en juillet 2019

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Patrick Randall

Journaliste chez FW - DECODE MEDIA. Pour contacter la rédaction : redaction.frenchweb@decode.media
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