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Ben Costantini (Startup Sesame) : «Le format des événements en ligne, tel qu’il est, est un danger pour les entrepreneurs»

Interview de Ben Costantini, co-fondateur et CEO de Startup Sesame

L’an passé, avec l’arrivée du Covid-19, les conférences, salons et autres événements qui rythment la Tech n’ont eu d’autre choix que d’annuler leur rendez-vous physique. Mais plutôt que d’attendre que la crise se termine et que les restrictions soient levées, de nombreux organisateurs se sont tournés vers le virtuel pour survivre. Un an après, qu’en est-il ? Est-ce une réussite ou un échec ?

Ben Costantini, co-fondateur et CEO de Startup Sesame, a un avis bien tranché sur la question :

Lancé en 2015 par Joanna Kirk et Ben Costantini, Startup Sesame est un programme européen qui accompagne les start-up dans leur développement à l’international au travers d’événements technologiques. Startup Sesame accompagne également les grands groupes pour les mettre en relation avec les jeunes pousses susceptibles de les intéresser, toujours par le biais d’événements. Et pour cause, les conférences et les salons sont le meilleur moyen pour se constituer un carnet d’adresses de qualité. Problème, le Covid-19 a rendu tout cela impossible…

Et si le virtuel a permis de sauver les meubles et d’assurer une sorte de continuité dans cette période difficile, un constat s’impose : cela reste insuffisant. Rien ne remplace les rencontres spontanées dans les événements physiques. Et bien que l’accélération de la digitalisation des événements soit une bonne chose aux yeux de Ben Costantini, il estime cependant que l’approche actuelle peut se révéler toxique pour certains acteurs de l’écosystème. «Le format des événements en ligne, tel qu’il est, est un danger pour les entrepreneurs. Ça reproduit des logiques de dissolution de pouvoir dans l’écosystème. La Tech, ce n’est pas la démocratie. Il y a des acteurs qui accumulent le pouvoir et l’influence. Dans le digital, on n’est pas dans une logique où par magie tout serait redistribué et ce serait plus facile d’accéder au business parce que ça se passe en ligne», explique-t-il.

«Dès qu’on pourra ressortir, plus personne n’ira sur Clubhouse»

Pendant que les organisateurs d’événements grincent des dents, des entreprises se frottent les mains depuis le début de la crise. C’est notamment le cas de Hopin, spécialiste des événements virtuels, et de Clubhouse, plateforme de salons de conversations uniquement audio, dont les valorisations ne cessent de grimper à mesure que la crise s’allonge. Clubhouse est ainsi valorisé à 4 milliards de dollars après une nouvelle levée de fonds il y a quelques semaines, soit quatre fois plus qu’en janvier. Des performances qui laissent Ben Costantini assez dubitatif. «Leur croissance vient d’une pandémie mondiale et de la misère d’organisateurs d’événements», note-t-il. Et d’ajouter : «Dès qu’on pourra ressortir, plus personne n’ira sur Clubhouse. Ce sera un désert !»

C’est une hypothèse très probable dans la mesure où l’allègement des restrictions au printemps 2020 en Asie ou ces dernières semaines aux États-Unis engendre le retour des événements physiques. Certes, le 100% physique n’est peut-être pas pour tout de suite. L’heure est plutôt au modèle hybride pour conjuguer présentiel et distanciel. Plusieurs événements comme VivaTech ont ainsi opté pour cette approche. «Certains cas d’usage vont perdurer en marge de la pandémie, notamment pour des événements en interne dans les entreprises ou pour avoir des interlocuteurs étrangers, mais les gens n’ont qu’une envie, c’est de revenir à la vraie vie !», fait remarquer Ben Costantini.

En attendant le retour des événements physiques, il a lancé «Sesamers on Tour», un programme en ligne gratuit qui s’étale sur 12 semaines pour découvrir des écosystèmes dans le monde entier avec des experts et des organisateurs d’événements aux quatre coins du monde. Chaque mardi à 14h, c’est donc un nouvel écosystème, comme l’Estonie, l’Australie, la Pologne, Israël ou les pays nordiques, qui est à l’honneur. «C’est le tour du monde de la Tech en 80 jours», s’amuse Ben Costantini.

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