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Carrefour lance sa liseuse Nolim six ans après Amazon

Carrefour mise sur une liseuse à bas coût et 230 de ses magasins pour s’imposer sur ce marché. Mais la concurrence risque d’être rude face à Amazon et l’envolée des ventes de tablettes.

Carrefour a finalement décidé d’emboîter le pas à son rival britannique de la grande distribution Tesco. Quelques semaines seulement après que ce dernier ait présenté fin septembre sa tablette baptisée Hudl – qui ne sera disponible qu’au Royaume-Uni avant d’être commercialisée en Europe -, le Français a dévoilé hier sa propre solution à destination des consommateurs de livres avec sa liseuse Nolim.

Là où l’Anglais a parié sur une tablette, Carrefour choisit donc de s’adresser spécifiquement aux lecteurs avec une liseuse se déclinant en deux modèles distincts proposés respectivement à 69,9 euros et 99,9 euros.

Construit avec le spécialiste français Bookeen, les deux appareils –  qui incluent 100 livres offerts dès l’allumage – sont tous deux dotés d’un écran de 6 pouces et d’une mémoire interne de 4 Go permettant de stocker jusqu’à 4 000 ouvrages selon la marque. La principale différence étant que le second dispose d’un « Front Light » , un écran éclairé permettant la lecture de nuit.

Si les tarifs affichés semblent bel et bien compétitifs, c’est parce que Carrefour mise avant tout sur la vente de contenus pour générer des revenus. Le champion français de la grande distribution va en effet mettre à disposition des utilisateurs un catalogue de plus de 100 000 livres, dont 1 500 seront téléchargeables gratuitement – ce qui est généralement le cas une fois la durée de protection des droits d’auteur révolue, soit 70 ans après la mort d’un écrivain selon la jurisprudence.

Une stratégie qui n’est pas sans rappeler celle d’Amazon quelques années avant lui.

En effet, si l’enseigne tricolore compte se reposer son son puissant réseau pour imposer sa liseuse Nolim – elle sera disponible dans les rayons de 230 magasins -, celle-ci arrive presque 6 ans après le Kindle d’Amazon lancé par Jeff Bezos en novembre 2007 (pour le marché américain, ndlr), et près d’un an et demi après le lancement du Kobo de la Fnac en partenariat avec la société canadienne du même nom.

« Un produit numérique a la particularité d’être lié à un écosystème – périphériques, produits associés… – dont la valeur est aussi importante, voire plus importante, que le produit lui même. Carrefour peut essayer de le reconstituer mais son choix sera toujours plus restreint que celui d’Amazon présent depuis plus longtemps sur le marché des liseuses. Les consommateurs risquent donc de préférer s’appuyer sur des marques déjà connues » précise Olivier Ezratty, expert Frenchweb et consultant en stratégie d’innovation digitale.

Défis de taille, Carrefour devra convaincre les acheteurs d’opter pour une liseuse numérique ne permettant que la lecture de livres lorsque Tesco propose une tablette à bas coût – aux usages beaucoup plus larges – pour 119 livres (soit 140 euros) et d’une capacité de stockage de 16 Go (lorsque les premiers prix commencent à 227 euros pour la Nexus 7 de Google par exemple).

« Tablettes et liseuses répondent à deux usages différents, les secondes étant précisément dédiées à la lecture de livres » . Mais les ventes des unes cannibalisent celles des autres et la stratégie de Tesco reste la même que celle adoptée par Amazon et Carrefour : équiper le public en tablettes au tarif le plus bas possible pour imposer son modèle sur le marché et se rattraper par la suite sur la vente de contenus bien plus lucrative à terme.

Or les contenus susceptibles d’être proposés sur tablettes sont potentiellement beaucoup plus larges que sur une liseuse. Tesco a par exemple acquis 80% de Blinkbox en 2011, un service de vidéo à la demande basé au Royaume-Uni.

Et les consommateurs français semblent avoir fait leur choix parmi les les deux types d’appareils puisque l’institut GfK prévoit que 6 millions de tablettes seront vendues en France en 2013 contre 500 000 liseuses. Des chiffres qui vont dans la continuité de 2012 où 3,6 millions de tablettes ont été écoulées contre 300 000 liseuses, toujours selon GfK.

« Nolim se base sur la commercialisation d’un produit en marque blanche [développé par Bookeen, ndlr] le tout sur un marché des liseuses qui se tasse. Ce n’est pas un pari impossible, mais c’est un pari risqué » conclut M. Ezratty.

[Voir la vidéo de promotion de la tablette Nolim]

Crédit photo: Fotolia, banque d’images, vecteurs et videos libres de droits

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Olivier Harmant

Journaliste chez FrenchWeb - DECODE.MEDIAPour communiquer sur FrenchWeb ou le Journal des RH, devenez partenaire, cliquez ici.

4 commentaires

  1. Votre article manque de compréhension sur le marché car une liseuse n’est pas une tablette !
    Pas de fatigue des yeux avec une liseuse, énorme autonomie contrairement à la tablette. On est la sur deux usages et besoins différents.

  2. L’auteur de l’article n’a jamais lu de livre sur une tablette, c’est
    possible mais ça n’est pas fait pour. C’est une aberration de comparer
    les 2! Ce sont 2 produits totalement différents.

  3. Choix intéressant que d’illustrer un article sur la liseuse Nolim de Carrefour, fabriqué par Bookeen, avec une photo du… Kobo. Les photos de la Nolim ne manquent pas pourtant… https://www.google.com/search?q=nolim+carrefour&source=lnms&tbm=isch&sa=X&ei=0UhhUqbwEaic0QXgo4CADg&ved=0CAkQ_AUoAQ&biw=1067&bih=785

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