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Comment la concurrence compte profiter des difficultés d’Uber à Londres

A Londres, Uber vient de voir le renouvellement de sa licence annulée par l’autorité de régulation Transport for London (TfL). L’entreprise de VTC, qui a fait appel, peut tout de même poursuivre ses activités dans la capitale anglaise le temps que son dossier soit à nouveau étudié. Mais ses concurrents voient là une occasion de bousculer le géant américain qui domine le marché londonien avec 45 000 conducteurs et 3,5 millions de clients revendiqués. Des acteurs internationaux comme Bolt (ex-Taxify), Kapten ou encore Ola se disent prêts à répondre à la demande des utilisateurs d’Uber et à attirer les chauffeurs de la firme américaine dans leurs entreprises. 

En effet, les plateformes de VTC se sont multipliées dans la capitale britannique ces dernières années. Parmi elles, c’est sans doute Bolt, implanté à Londres depuis juin 2019, qui risque de fortement concurrencer Uber grâce à son offre très diverse. La plateforme estonienne de VTC, de trottinettes électriques et livraison de repas à domicile revendique 25 millions d’utilisateurs dans 30 pays. Après l’annonce de l’annulation de la licence d’Uber, un porte parole de Bolt a souligné que l’entreprise mettait un point d’honneur à travailler sereinement avec les autorités londoniennes et que le recrutement et le bien-être des chauffeurs étaient d’une importance cruciale. C’est ce qui s’appelle tirer sur l’ambulance… Cette stratégie pourrait-elle être payante?

Le Français Kapten lance son offensive

La startup française de VTC Kapten, de son côté, a également commenté l’actualité d’Uber, arguant que Londres pouvait se passer des services du géant américain. Fondée en 2012, la plateforme rachetée par Daimler s’est lancée sur le marché londonien en mai 2019 et revendique 2 millions de clients et 22 000 chauffeurs partenaires. Bolt comme Kapten revendiquent également des tarifs plus bas que ceux pratiqués par Uber et des commissions moins élevés prélevées sur le salaire des chauffeurs.

Après avoir levé 300 millions de dollars en mars 2019 auprès d’Hyundai pour concurrencer Uber en Inde, la startup Ola va également tenter de mettre fin à la domination d’Uber à Londres. Présente au Royaume-Uni depuis 2018, au lendemain de l’annonce concernant Uber, l’entreprise a annoncé que son programme de recrutement de chauffeurs était officiellement ouvert pour un lancement dans la capitale londonienne dans les prochaines semaines. Pour rappel, comme Uber, la startup indienne est soutenue financièrement par SoftBank.

Des polémiques à répétition

Uber, qui a perdu plus de 5 milliards de dollars au deuxième trimestre 2019, soit sa plus grande perte trimestrielle depuis sa création, est en mauvaise posture pour renouveler une licence à Londres. Après de nombreuses polémiques sur la rémunération de ses chauffeurs jugée insuffisante, le géant américain a été ciblé pour des failles de sécurité de son système qui permet à des milliers de conducteurs de placer leur photo sur les comptes d’autres chauffeurs et ainsi de prendre en charge des passagers frauduleusement selon TfL. Une situation qui permet à des conducteurs sans permis ou suspendus de créer des comptes Uber actifs.

En France, de nombreux témoignages de femmes victimes d’agressions sexuelles par des chauffeurs Uber ont été diffusés sous le hashtag #UberCestOver. L’entreprise a reconnu avoir supprimé des messages des victimes sur les réseaux sociaux avant de s’excuser. 
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Assiya Berrima

Journaliste chez FW - DECODE MEDIA Pour contacter la rédaction : redaction.frenchweb@decode.media
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