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Comment la technologie peut contribuer à la réindustrialisation de la France

Si l’on rajoute les services associés, l’industrie pèserait en France 25% de de la valeur ajoutée totale du pays, donc plus que les 12% couramment cités, selon l’étude du Symop, du Gimelec et de l’Alliance Industrie réalisée par Accenture Strategy. Cela reste tout de même encore derrière l’Allemagne, par exemple, et ses 36,6%. Un des enjeux aujourd’hui est de parvenir à réindustrialiser le pays.

«Il y a 20-30 ans s’est présenté un sujet sur le coût du travail. Les Allemands ont choisi de garder un coût du travail assez bas, mais quand même pas au niveau des pays à bas coût. Ils ont monté leurs usines en gamme et ont gardé une présence industrielle très forte. Ce qui va aussi avec leur histoire car le pays est très territorialisé. En France, cela n’a pas été le cas, avec un coût du travail beaucoup plus haut et une désindustrialisation progressive», rappelle Renan Devillières, co-fondateur d’OSS Ventures, spécialisé dans la création de startups à destination des industriels.

Retrouvez l’interview complète de Renan Devillières, co-fondateur d’OSS Ventures

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Les usines françaises sont au premier tiers de leur transformation

«Mais nous nous sommes rendu compte avec le temps que sans usine cela ne marchait pas. En plus, le consommateur veut consommer local, plus green. Nous sommes donc est train de rebattre les cartes. Et une autre chose qui permet de rebattre les cartes, c’est la technologie», poursuit Renan Devillières.

Comment la technologie peut-elle répondre à ces enjeux? «Pour être plus proche du consommateur, pour faire en sorte que l’usine soit agile, il faut utiliser du digital. Quand on regarde les entreprises qui sont un peu nées dedans – comme Amazon – elles ont un système de supply chain exceptionnel. On peut également citer Tesla, Apple. Eux considèrent que le digital et le code font partie de leur système opérationnel. Ils ne font même plus la différence», répond Renan Devillières.

Alors, où en sont les usines françaises dans l’utilisation de la technologie pour optimiser leurs activités? Renan Devillières cite une étude d’Accenture qui estime que le pays en est au premier tiers. «Il y a des initiatives dans beaucoup d’usines mais il n’existe pas encore de système cohérent. Il n’y a pas encore de ‘software ingénieur’, de gens, qui codent dans les usines et qui sont complètement intégrés». Pour ce dernier, il existe une réelle prise de conscience et les acteurs du secteurs sont maintenant en train d’étudier les solutions, de voir comment ils vont s’y prendre.

Comment OSS Ventures co-construit des logiciels pour les usines

OSS Ventures a justement pour objectif de répondre à ces questions. Il s’agit d’un «venture builder». La structure envoie ses équipes dans des usines afin de voir les solutions logicielles qu’elles peuvent apporter. Une fois qu’elles ont repéré un problème à résoudre et commun à plusieurs usines, elles leur proposent de co-constuire une solution. Pour cela, le venture builder fait appel à des entrepreneurs. Ces derniers deviennent ensuite propriétaire de la startup créée et OSS Ventures prend 20% du capital. De leurs côtés, les usines payent une licence pour pouvoir utiliser le logiciel.

Pour l’instant, 8 startups ont vu le jour au sein d’OSS Ventures depuis sa création en 2018. On peut citer Mercateam, un logiciel de gestion de planning et de formation basé sur l’IA et qui a levé 1,2 million d’euros en octobre dernier ou encore Fabriq, une solution de pilotage d’atelier utilisée dans plus de 80 usines selon Renan Devillières. L’ensemble des startups ont produit un peu plus de 1 million de chiffre d’affaires. L’objectif d’OSS Ventures est de doubler ce chiffre en 2021, puis de le doubler à nouveau en 2022.

Innocentia Agbe

Journaliste chez FrenchWeb / Le Journal des RH - DECODE.MEDIA Pour communiquer sur FrenchWeb ou le Journal des RH, devenez partenaire, cliquez ici.
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