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[E-commerce] Le fait-main fait son chemin

Le fait-main est aujourd’hui une tendance de fond, qui exprime clairement l’envie des français de consommer différemment. De la cuisine à la mode en passant par les cosmétiques et la déco, il concerne plusieurs secteurs et touche toutes sortes de consommateurs.

De retour sur le devant de la scène grâce à Internet, il se décline de deux manières: les ateliers qui surfent sur la mode du « do it yourself »  et le commerce de produits fait-main, comme le font les plateformes Etsy et ALittleMarket. Mais comment peut on expliquer l’ampleur de ce mouvement?

Le « Made in France » identifié comme porteur du fait-main

Selon une étude OpinionWay réalisée pour le compte de ALittleMarket en 2011, 91% des Français préfèrent les produits dits « Made in France » aux marchandises industrielles. Pour les français, acheter un produit fait-main confectionné en France serait perçu avant tout comme :

  • Un moyen de préserver le savoir-faire national et régional (96 %)
  • Une source de création ou maintien d’emplois en France (94 %)
  • La garantie d’acheter un produit de qualité (83%). Pour 61 % d’entre eux, ces produits sont même assimilés au luxe.
  • Une originalité face à la standardisation des produits vendus sur le marché français (79%)
  • Un marché plus convivial et rassurant grâce au rapport (presque) direct avec le producteur (79%)
  • Une garantie de respect de l’environnement (64%)

Cependant, le fait-main n’est pas toujours perçu comme bon marché, et seulement 29 % des interrogés considèrent que c’est la possibilité d’acheter moins cher.

« Do it Yourself », on est jamais mieux servi que par soi-même

Des ateliers dédiés au fait-main ont alors été créés, des tutoriels ont vu le jour sur Internet, et des marques ont commencé à s’approprier cette tendance. C’est le cas du site Mycosmetic.fr, qui permet aux adeptes du « handmade » de créer eux-mêmes leurs propres cosmétiques en commercialisant uniquement les produits nécessaires à leur réalisation (huiles, hydrolats, pots vides, pipettes, etc.). Tout est 100% naturel et le site fournit également des recettes explicatives pour aider les internautes à réaliser correctement les produits.

Autre exemple, la marque Aroma Zone, qui propose, via son site internet, des ateliers de création fait-main dédiés à l’aromathérapie et aux cosmétiques. Ceux-ci se déroulent en petits groupes de 8 à 10 personnes dans son atelier parisien et chaque participant y réalise une ou plusieurs recettes cosmétiques naturelles et repart avec ses réalisations.

Enfin, les journées du fait-main 2012 ont été organisées par le site ALittleMarket. Ces deux jours dédiés à la création avaient pour objectif de faire découvrir au grand public les créations « faites-main » des petits créateurs. Au final, l’événement a prouvé que le fait-main était au coeur des tendances, en rassemblant près de 800 créateurs dans 60 villes françaises.

De la création au commerce en ligne

Les sites de créateurs indépendants se sont eux-aussi multipliés à vitesse grand V. Ces passionnés qui, pour la plupart, travaillent parallèlement, essaient de lancer leurs propres e-boutiques de fait-main. Ils y présentent et y vendent leurs créations personnelles dans divers domaines: déco, mode, cosmétiques, etc.

Une étude publiée récemment par le site ALittleMarket montre que 49 % des adeptes du fait-main ont une activité créative depuis plus de 10 ans mais 80% d’entre-eux essayent d’en vivre depuis 3 ans, soit depuis le retour du fait-main sur le devant de la scène. 30% des interrogés réalisent un CA mensuel supérieur à 250€ et seulement 8% réalisent un CA mensuel supérieur à 2 000€.

Le travail d’un créateur indépendant est difficile puisqu’il faut trouver le temps de créer, promouvoir, et vendre ses produits, ainsi que de gérer son site internet. Certains choisissent ainsi de se regrouper sur les sites de vente et d’achat de créations originales spécialisés, dont l’intérêt premier est de permettre à ces petits créateurs de vendre leurs produits dans un univers bien loin de la grande distribution.

Depuis le milieu des années 2000, de nombreux sites dédiés à ce marché ont ainsi vu le jour, parmi lesquels certains se sont créés une véritable notoriété. On peut ainsi citer ALittleMarket, Sample Listing, ArtFlock, 1000 market et bien sûr l’américain Etsy, pionnier dans le genre, qui compte aujourd’hui 19 millions de membres et déclare un chiffre d’affaires 2011 de près de 525M€.

La boutique en ligne décrite par les internautes comme « le temple du handmade », déclare vouloir « changer l’économie globale en jouant un rôle croissant dans le commerce », c’est à dire « rapprocher le consommateur du producteur et proposer un artisanat mondialisé ». Les créateurs peuvent s’y inscrire gratuitement, mais doivent débourser 0,20$ pour déposer un article à vendre, qui restera 4 mois sur le site. Etsy récupère alors 3,5% de commission sur les ventes effectuées.

Fort de son succès, Etsy contenue son développement mondial et annonce deux nouveautés en cette fin d’année 2012: des cartes cadeaux (pour l’instant qu’aux Etats-Unis) et univers entièrement dédié au mariage: robe de mariée, liste de cadeaux, décoration, accessoires, le tout fait-main. Le site est aujourd’hui le plus « pointé » sur Pinterest, devant Google et Flickr.

Autre pillier du marché : ALittleMarket, créé en 2009 par 3 français. Sur le même principe que son concurrent américain, le site commercialise des bijoux, vêtements, jouets, ou accessoires de décoration faits maison. Le site compte à ce jour 36 000 créateurs, propose près de 800 000 produits uniques et revendique 2 millions de VU par mois.

Après avoir réalisé un premier tour de table de 500 000€ en juin 2010 auprès de plusieurs business angels, la plateforme a annoncé en novembre 2011 la finalisation d’une seconde levée de fonds d’1,6M € dans le cadre de son développement européen.

De son côté, Dawanda, plateforme e-commerce basée sur le shopping communautaire, connait un réel succès en Allemagne. Après avoir ouvert des filiales en France et en Hollande, le groupe se concentre à présent sur  l’Espagne, l’Italie et la Pologne.

Enfin, de nombreux pures-players du fait-main se sont également lancés ces dernières années, comme le site Mamy Factory, lancé en juillet 2012 par Stéphanie Léone. Sur le même principe que la marque Golden Hook, les produits Mamy Factory sont entièrement tricotés à la main par une armée de 20 grands-mères et son ici dédiés aux enfants de 0 à 3 ans.

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La rédaction

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6 thoughts on “[E-commerce] Le fait-main fait son chemin”

  1. Il y a aussi une grosse tendance de créateurs qui vendent directement via leur blog/site plutôt que sur une plateforme car ils ne veulent pas être affichés à côté de leurs concurrents.

    Ca leur permet aussi d’avoir leur propre identité graphique mais en contre-partie ils n’ont pas l’apport de visibilité comme sur une plateforme dédiée.

  2. Bonsoir! Merci pour cet article, très intéressant!
    Pour les créateurs/créatrices, toutes les plates-formes ne se valent pas, tout de même ;-)
    et vendre sur son propre blog/site a d’autres avantages que de ne pas être affiché à côté des concurrents : la frontière est en effet floue entre « les créatrices du dimanche », qui veulent vendre quelques créations, et celles qui veulent vivre pleinement de leur créativité. Leur travail peut se retrouver noyé dans une masse de créations de moindre qualité, au milieu de boutiques moins soignées, moins pros, et donc moins chères!
    Les fonctionnalités et l’ergonomie des boutiques sur les différentes plates-formes ne se valent pas non plus…

  3. Effectivement Apolline, avoir son propre site nous prive de la visibilité des places de marché comme Etsy ou ALM mais on est 100% pilote de son projet et on ne laisse une com’ qu’au module de paiement (banque ou paypal).
    C’est gage de sérieux aussi à mon sens… Par contre cela nécessite de bidouiller un peu en web, et pas seulement en création de site, car une fois le site lancé, le plus gros du travail est à venir : référencement, étude des stats, amélioration du site, opération de communication… mais quel plaisir et quelle épanouissement !

    Et surtout, rien n’empêche de conserver quelques articles en vente sur Etsy ou autre pour élargir sa visibilité et soigner son e-réputation… sans oublier les réseaux sociaux ! Actuellement, ma page Facebook représente 70% du trafic sur mon jeune site de 1 mois…

  4. Bonjour! Je suis bien d’accord :-) Je ne sais pas si on a vraiment plus de visibilité sur des plates-formes de vente : disons qu’on peut en avoir, si on a la chance d’être présenté dans des sélections ou dans des rubriques comme « vendeur à la une ».

    Les 2 avantages que je vois sont surtout

    1/ la possibilité de vendre sans toucher à du code

    et 2/ la possibilité d’intégrer des communautés de vendeurs, donc de s’entraider et d’être moins seul dans son aventure en ligne!

    Ah oui, et 3/ Acheter sur une plate-forme peut aussi être rassurant pour certains clients, car ils font confiance à une grosse machine comme Etsy, qui a fait ses preuves de confiance.

    Ceci dit, avoir une boutique perso me semble indispensable, pour la liberté et l’indépendance que ça apporte.

    Donc oui, il faut mettre les mains dans le code, mais si on veut vraiment vivre de sa créativité, il y a un moment où il faut passer par là…

    Voici une série d’articles sur le sujet :
    http://apollinepoint.com/vendre-en-ligne-mais-ou/

    Et concernant les réseaux sociaux pour la visibilité de son entreprise créative, ça a commence ici :
    http://apollinepoint.com/le-b-a-ba-des-reseaux-sociaux-pour-creatives-entrepreneuses-presentation/

    A bientôt j’espère :-)

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