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FinTech: le secteur bancaire européen guette l’arrivée des géants chinois

AFP

Le géant chinois du paiement Ant vient certes de buter violemment sur le report de son entrée en Bourse, mais les banques européennes ne s’y trompent pas : les mastodontes de la Tech asiatiques pourraient être la concurrence de demain. Le secteur financier a déjà assisté ces dernières années à l’émergence d’un vaste archipel de jeunes sociétés innovantes – les « FinTech » – décidées à tailler des croupières aux établissements traditionnels en révolutionnant les services bancaires.

Pour l’heure, ces nouveaux venus n’ont pas véritablement réussi à fragiliser les banques historiques. Ils ont toutefois contraint les acteurs traditionnels à investir massivement pour dépoussiérer leurs modèles. « La vraie concurrence de demain, elle est plutôt dans les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft, ndlr) ou les Ant de ce monde qui ont des capacités d’investissement considérables », a récemment souligné Frédéric Oudéa, le patron du groupe français Société Générale. Les géants américains de la tech multiplient ces derniers mois les têtes de pont dans le pré carré de la finance. S’y ajoute la montée en puissance d’acteurs asiatiques aux dimensions déjà cyclopéennes.

Du logiciel de « chat » à la « super app » 

Ant Group, qui prévoyait de lever la somme record de 34 milliards de dollars avant que son introduction en Bourse ne soit suspendue par les autorités chinoises, est le propriétaire d’Alipay, une plateforme de paiement devenue quasi-incontournable dans le quotidien des Chinois. Son principal concurrent en Chine, WeChat Pay, est détenu par le géant de l’Internet Tencent. « Ces sociétés qui ont initialement développé des logiciels de ‘chat’ ont tout intérêt à améliorer leurs activités, car cela leur permet de couvrir un éventail encore plus large des activités quotidiennes des gens » et « progressivement, une part de plus en plus importante des dépenses des gens se fait via ces entreprises », estime auprès de l’AFP Christopher Schmitz, associé chez Ernst & Young Allemagne.

Outre les 731 millions d’utilisateurs mensuels actifs de sa plateforme de paiement Alipay, Ant s’est diversifié dans les services financiers, permettant par exemple d’obtenir un emprunt en quelques clics. En quelques années, ces deux plateformes ont fait basculer la Chine d’un pays où l’argent liquide régnait, à une société où le téléphone a remplacé le cash. « Alipay fait plus de revenus via les produits financiers qu’ils proposent, comme les solutions d’investissement et les prêts, que sur le paiement lui-même, qui n’est finalement que la partie visible de l’iceberg de ce qui devient une ‘super app’ », explique Adrien Boué, consultant en e-commerce pour le marché chinois. Selon lui, « le but est que les utilisateurs restent le plus longtemps possible dans l’application. Du matin au soir, il y a toujours une fonctionnalité disponible : parler à ses amis, commander un taxi, acheter à manger et même travailler avec des solutions de travail collaboratives ».

Barrières culturelles 

« Si on pense au modèle le plus avancé dans le secteur financier, c’est la Chine », a reconnu M. Oudéa. Tout la question est de savoir si leur modèle est reproductible tel quel sur le Vieux continent, surtout après la déconvenue d’Ant Group – le report de son IPO géante est en effet interprété par certains observateurs comme une volonté des autorités chinoises de remettre au pas une entreprise trop ambitieuse. « Nos banques sont encore un peu protégées. Les clients ne semblent pas encore prêts à basculer massivement vers le tout-numérique. Il y a encore des barrières culturelles, mais ceci ne nous protégera pas éternellement », prévient Julien Maldonato, associé chez Deloitte.

« Les géants de la Tech américains sont déjà très présents dans le quotidien des Français. Les géants asiatiques sont là aussi : onze millions de Français sont déjà sur TikTok, jeunes pour la plupart, et ce sont les clients bancaires de demain ». « Les deux acteurs chinois sont déjà en avance et pourtant ils investissent encore 70 milliards chacun sur les cinq prochaines années, là où les pays européens tardent à débloquer quelques milliards. Ça inquiète les GAFAM américains qui vont accélérer » aussi dans cette direction, pointe M. Maldonato.

La rédaction

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