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Internet par satellite: OneWeb est-il armé pour exister face à Starlink?

AFP

L’opérateur britannique OneWeb s’apprête à ouvrir son service d’accès à internet par satellite et compte sur le gigantesque marché des entreprises pour s’imposer face à la concurrence emmenée par le géant Starlink, expliquent son PDG et le patron de son actionnaire Eutelsat dans un entretien à l’AFP. L’opérateur européen Arianespace a lancé jeudi une fusée Soyouz emportant 36 nouveaux satellites de OneWeb. Sur les 648 satellites de la constellation de OneWeb, 254 sont désormais en orbite, soit 40%, faisant du Britannique le deuxième opérateur de satellites au monde. Ce troisième tir en trois mois « va nous permettre d’offrir de la connectivité dans les zones situées au-delà du 50e parallèle Nord », affirme le président de OneWeb Neil Materson.

A partir de novembre, le temps que les satellites rejoignent leur orbite à environ 1 200 kilomètres, OneWeb fournira de l’internet à haut débit et à faible latence -le délai de transmission des données- dans les zones non couvertes par les opérateurs terrestres au Royaume-Uni, en Europe du Nord, au Canada, au Groenland et en Islande, et dans les mers arctiques. Placée sous le régime de la faillite au début de la pandémie après 3,4 milliards de dollars investis, OneWeb a été repris par un consortium rassemblant le conglomérat indien Bharti (38,6%), le gouvernement britannique, le japonais Softbank et l’opérateur français de satellites Eutelsat (19,3% chacun).

Une constellation déployée à un «rythme très intense»

« Nous sommes maintenant entièrement financés, nous avons levé 2,4 milliards de dollars, cela suffit pour compléter la constellation », selon M. Materson. Il faut encore dix lancements pour finaliser la constellation, déployée à un « rythme très intense » d’ici la fin 2022. Car sur ce marché des constellations en orbite basse -quelques centaines de kilomètres d’altitude qui permettent d’avoir cette faible latence comparable à celle des réseaux terrestres- il n’y aura pas de la place pour tout le monde, pronostique Rodolphe Belmer, PDG d’Eutelsat, groupe historiquement spécialisé sur la télédiffusion depuis l’orbite géostationnaire (36 000 kilomètres).

« Aujourd’hui, les places sont en train d’être prises très rapidement. OneWeb, c’est pour Eutelsat l’opportunité de sécuriser un accès en orbite basse avant que toutes les places soient occupées », argue-t-il. La constellation Starlink du patron de SpaceX Elon Musk compte déjà près de 1 400 satellites en orbite et a ouvert un service initial. Le fondateur d’Amazon Jeff Bezos compte investir 10 milliards de dollars dans sa constellation Kuiper, le Canadien Telesat prévoit de lancer 298 satellites pour sa constellation Lightspeed… sans compter la Chine et son projet de méga-constellation de 13 000 satellites.

Deuxième génération 

Mais quand Starlink propose des abonnements directement à l’utilisateur final, OneWeb table sur une approche commerciale « très différente » pour s’imposer. « Nous sommes une entreprise B-to-B, nous servons les opérateurs de télécommunications, les gouvernements et les distributeurs », explique Neil Materson. OneWeb permet par exemple aux opérateurs télécoms de déployer la 5G dans les zones reculées en connectant leurs tours téléphoniques par satellite plutôt que par la fibre.

Cela « va être un marché important dans les zones en développement mais aussi pour les zones développées, parce que la 5G créera un besoin universel en connexion à faible latence », estime Rodolphe Belmer. L’entreprise a déjà conclu plusieurs accords commerciaux, avec British Telecom, un opérateur télécom en Alaska, l’US Air Force pour lui fournir du haut débit dans les zones arctiques, ainsi qu’avec une compagnie aérienne. Le marché auquel Starlink s’adresse étant beaucoup gros, il a besoin de davantage de satellites. Pour un service similaire, « nous déployons beaucoup moins de satellites, ce qui signifie que nous avons besoin de beaucoup moins de capitaux », s’enorgueillit le patron de OneWeb.

Elon Musk a annoncé qu’il prévoyait « 20 à 30 milliards de dollars » à long terme pour sa constellation. De son côté, OneWeb réfléchit déjà à la deuxième génération de sa constellation, la durée de vie des satellites en orbite basse n’excédant pas cinq à sept ans. « On va essayer de prendre la décision quant au nombre de satellites le plus tard possible pour pouvoir bénéficier de l’apprentissage qu’on aura eu sur le marché avec la génération 1 », selon Rodolphe Belmer. Si OneWeb a soumis une demande pour pouvoir lancer jusqu’à 48 000 satellites, Neil Materson dit s’attendre à « plusieurs centaines » de satellites pour la constellation de seconde génération.

La rédaction

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