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[Made in Italie] L’Italie accélère dans les FinTech

Par Philippe Tandeau de Marsac, correspondant FrenchWeb

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Les derniers rapports disponibles sur les volumes de financement dans les fintech et insurtech sont implacables pour la Péninsule même si elle n’a pas à rougir face aux pays européens qui, pour certains d’entre eux, sont également mal lotis. En 2016, les startups de la finance et de l’insurtech ont levé 28 milliard de dollars (7 milliards en 2012) et près de 13 milliards de dollars au cours des deux premiers trimestres 2017. Le poids de l’Europe reste marginale (9% des investissements en 2016). Celui de l’Italie presque inexistant (50 millions de dollars en 2017).

Cependant la donne est en train de changer. L’écosystème italien est en pleine effervescence après l’inauguration en 2017 de son premier fintech district à Milan en drainant les meilleures startups italiennes en son sein. Sous la houlette de Sellalab – le pôle d’innovation de la banque Sella –Apple-converted-space »>  et de Copernico, plateforme innovative de partage d’espaces de travail située non loin de la gare centrale de Milan, ce hub servira de point de contact entre startups, mentors, institutions financières, investisseurs et universités. Avec pour objectif de créer une masse critique d’acteurs spécialisés autour des fintech et de favoriser une croissance durable de cette industrie en Italie.

Les activités de ce nouveau hub s’appuient sur trois piliers : la mise en commun des connaissances acquises par les adhérents en terme de création d’entreprises et de connexion avec les institutions financières ; la mise à disposition de technologies (plateforme ou software) en mesure de supporter les entreprises dans le développement de leur business model ; le capital en y associant incubateurs, accélérateurs, business angels et fonds de capital-risque national et international. Les partenaires stratégiques ne font pas défaut. Les américains Cisco et Endeavor ont déjà rejoint le hub aux côtés d’opérateurs italiens tels que le réseau d’incubateurs Digital Magics ou encore le fond de capital-risque P101.

Et les start-up italiennes ? Elles sont toutes au rendez-vous. On y retrouve tout d’abord le fleuron italien des fintech, MoneyFarm, une plateforme de gestion des investissements. Celle qui a déjà levé plus de 20 millions d’euros auprès des plus grands investisseurs tels que Cabot Square Capital et du groupe Allianz, reste la référence italienne dans ce secteur depuis des années.

Les nouveaux entrants se font également remarquer. Mentionnons-en trois en particulier :

  • Satispay, qui révolutionne le secteur des paiements électroniques grâce à un système innovant de mobile payment, a récemment levé 18 millions d’euros et rejoint le top 100 des meilleures startups au monde (Kpmg).
  • Sardex, un circuit commercial alternatif créé en Sardaigne pour favoriser les échanges de produits et services. Un modèle déjà répliqué dans plusieurs régions italiennes qui a suscité le vif intérêt de la France qui en étudie l’impact socio-économique sur les territoires.
  • Oval Money qui entend révolutionner la gestion de l’épargne grâce à une app qui gère les dépenses des usagers tout en lui suggérant des moyens d’épargner. Cette jeune pousse qui est implanté à Londres s’est récemment distinguée en levant 500.000 £ en 72 heures sur la plateforme Crowdcube.

L’Italie accélère donc car elle a compris l’enjeu liée à la pénétration des fintech dans son écosystème. Elle doit pourtant faire face à quatre défis majeurs : (1) travailler sur l’éducation financière en sensibilisant davantage les usagers sur les nouvelles technologies digitales (16% d’entre eux ont utilisé au moins une fois des services fintech) ainsi que les banques qui restent encore sur une approche traditionnelle ; (2) créer des compétences-métiers spécifiques en associant une offre de formation adéquate; (3) simplifier les procédures d’autorisations de création d’une startup fintech ; (4) mettre en place un marché du capital-risque ambitieux pour aider ces jeunes pousses.

L’Italie a tous les atouts pour devenir un acteur de premier plan dans ce domaine et attirer davantage d’entreprises innovantes dans les fintech. Mais elle doit aller vite.

Le correspondant :

Philippe Tandeau de Marsac est le responsable du développement d’Invitalia Ventures SGR, le Mentor French Tech et membre du comité de pilotage French Tech Hub Milan.

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