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Nouvelles applications de storytelling: quelle opportunité pour les marques?

Ever.tl, CheckThis, Spheri.co, Backspac.es, Popset… Depuis quelques mois, une poignée d’applications mobiles surfe sur la tendance du storytelling. Situés à mi-chemin entre le réseau social et le blogging, ces nouveaux services collaboratifs font la part belle au vécu, aux images et à la créativité de leurs utilisateurs, qui affichent des taux d’engagement records. Ces applications présentent-elles de nouvelles opportunités pour les marques ? Réussiront-elles à tirer leur épingle du jeu face à des Vine, Twitter et Instagram ? 

Imaginée par le belge Frédéric Della Faille, la start-up CheckThis a lancé discrètement sa nouvelle application mobile. Inscrite dans l’univers du microblogging, l’application a opté pour un format multi-images pour permettre à ses utilisateurs de raconter des histoires. « Contrairement à Instagram qui est très orienté vers les objets et l’esthétique, les utilisateurs de Checkthis accordent une très grande importance à la dimension humaine et s’attachent à raconter de véritables souvenirs partagés », explique Frédéric.

Lancée il y a trois semaines, l’application compte près de 5000 utilisateurs. Si ce score reste encore modeste une statistique sors quant à elle du lot : celle de l’engagement. « 70% de nos utilisateurs sont actifs » affirme Frédéric Della Faille.

Ces chiffres reposent néanmoins sur une très petite communauté d’utilisateurs qui découvrent un nouveau service et doivent donc être pris avec des pincettes. « Si nous arrivons à maintenir ce niveau d’implication tout en scalant notre produit, notre plateforme pourrait représenter une véritable aubaine pour les marques » estime Frédéric. Toutefois, comme pour tous les réseaux sociaux, la problématique reste celle de la masse critique. « Les marques se rendent là où il y a des utilisateurs », rappelle Frédéric. Checkthis doit donc réussir à tirer son épingle du jeu pour attirer les marques sur son application et tenter de la monétiser.

« Attention néanmoins au raisonnement » prévient Célina Barahona, co-fondatrice du studio de storytelling So Cult. « Beaucoup de personnes ont tendance à s’interroger sur les opportunités possibles pour les marques en considérant ces nouveaux outils et plateformes sous l’angle média. Ce qui n’est pas le plus pertinent à mon sens », explique-t-elle. « Pour les marques, je pense que le travail est d’abord de comprendre les usages : ce que font les gens, pourquoi ils le font, qu’est ce qu’ils y cherchent, qu’est ce qu’ils y trouvent. »

« Le marché du storytelling ou plus largement du blogging sur mobile présente énormément d’opportunités. Nous sommes très ambitieux. Il faut donc agir vite et fort », affirme Frédéric, qui n’éloigne pas l’idée d’une nouvelle levée de fonds pour soutenir cet appétit, après un 1er tour de table de 910 000 dollars.

Ce type d’applications ne supplantera jamais Instagram

Sur le même créneau, on retrouve également la jeune pousse Spherico, basée en Lettonie. Imaginée par Jean Mauris et disponible sur iPhone depuis fin 2012, l’application permet aux utilisateurs de créer des événements en ajoutant photos, vidéos et commentaires écrits et d’inviter leur entourage à alimenter cet événement pour raconter et partager une histoire commune. « Le fait que ce soit collaboratif est intéressant et c’est probablement là que réside l’opportunité pour une marque », estime Célina.

Parmi les autres acteurs identifiés, l’application Backspaces. Lancée en août 2012, elle revendiquait en janvier 2013 50 000 utilisateurs et 90 000 histoires créées. Notamment repérée par le site The Next Web, l’application présente également un très fort taux d’engagement qui ne devrait pas laisser indifférents certains investisseurs.

En France, Stanislas Coppin et son équipe planchent actuellement sur une application similaire. Baptisée Ever, celle-ci n’est pour le moment disponible qu’en beta privée et propose à sa petite communauté de créer de manière collaborative des « événements » en y ajoutant : images, textes, vidéos, voix et localisation.

La question est donc de savoir si ces nouveaux réseaux sociaux réussiront à se faire une place. Un challenge qu’ils pourraient effectivement relever si l’on en croit l’analyse de Célina Barahona, qui considère que ces applications répondent à un besoin ou des usages en développement : « Depuis l’invention des blogs et du web 2.0, les humains aiment raconter « des trucs et des bidules », en utilisant différents médias et formats pour s’exprimer. Le fait que le rich media se développe sur le mobile semble une avancée assez naturelle. »

« Ce type d’applications ne supplantera jamais Instagram » précise toutefois Grégory Pouy. « Il est important de comprendre que lorsqu’un réseau est très focalisé sur le contenu cela limite la taille de la communauté aux utilisateurs très créatifs. Toutefois, il ne faut jamais juger la pertinence d’un réseau par sa taille mais plutôt par son taux d’engagement ».  D’après lui, les marques pourraient travailler intelligemment avec ce type d’applications en dénichant et collaborant avec les créatifs qui se démarquent le plus.

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La rédaction

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