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Olivier Ezratty: «En 2018, nous allons voir se démocratiser progressivement les outils de l’IA dans les entreprises»

Tout au long du mois de janvier, FrenchWeb donne la parole aux entrepreneurs et décideurs du numérique pour partager leurs ambitions pour 2018.

FrenchWeb: Quels sont, pour vous, les éléments sur les 12 derniers mois?

Olivier Ezratty, consultant et auteur: J’en vois au moins trois dans des domaines très différents:

Le pic de notoriété de l’intelligence artificielle, qui n’est que la marque d’un début d’adoption par les entreprises. Un gros travail d’explication reste à faire pour que les entreprises puissent se l’approprier. C’est aussi un rare cas où une vague technologique est devenue un sujet politique majeur avant même son adoption généralisée. Le plan France IA puis la mission Villani n’en sont que des exemples car le phénomène est mondial. On a un peu mis la charrue avant les bœufs avec l’IA, agitant le drapeau rouges des risques avant ses techniques, usages et bénéfices. Si on ne comprend pas ces derniers, l’idée que l’on se fait des risques m’a l’air d’être quelque peu faussée et surtout, exagérée.

L’irruption de Facebook dans les débats politiques. La société commence à comprendre l’influence des réseaux sociaux dans la construction des opinions. On l’a vu en partie dans l’élection de Donald Trump en 2016. Barack Obama en a récemment fait un sujet d’avertissement. Dans son intervention à Paris le 2 décembre aux Napoléons, il indiquait que Facebook était celui des GAFAMI qui l’inquiétait le plus. Facebook se retrouve face à une responsabilité inédite: comment faire en sorte que le réseau social ne génère pas de pathologies sociétales comme l’enfermement dans les bulles d’information, la diffusion de fausses nouvelles et aussi la désacralisation des institutions et des médias traditionnels.

La bulle spéculative autour des crypto-monnaies et l’engouement autour des applications de la blockchain où se côtoient le meilleur comme le pire. On y voit s’affronter les parangons d’une nouvelle révolution impossible à stopper, des visions économiques et monétaires plus ou moins farfelues et des entrepreneurs qui ont de bonnes idées d’applications de la blockchain hors de la folie spéculative du bitcoin.

Quelles sont les tendances incontournables dans votre secteur?

Mes centres d’intérêt sont très larges, mais focalisés actuellement sur l’adoption de l’intelligence artificielle par les entreprises. Il n’y aura pas d’année 0 ou 1 de l’IA. C’est un processus continu qui a démarré en 1955 et va se poursuivre pendant longtemps. Nous allons voir se démocratiser progressivement les outils de l’IA dans les entreprises. Je vois de nombreuses offres pointer du nez, qui permettent de créer des solutions intéressantes sans nécessiter de PhD en IA, que ce soit dans le machine learning pour générer des prédictions à partir de données structurées avec des outils comme Prevision.io et DataRobot, des solutions de reconnaissance d’images ou de traitement du langage jusqu’aux outils de création de chatbots. La maturité d’une nouvelle technologie se mesure ainsi par son adoption et aussi par l’émergence d’outils qui la facilitent. Entre 2018 et 2019, on devrait pouvoir observer cela de près.

En 2018, quelle ambition comptez-vous mettre en place?

J’en ai principalement deux:

  • Continuer d’explorer le vaste champ de l’IA pour le vulgariser auprès des entreprises et sous ses diverses facettes (outils logiciels, matériels, applications par marchés, études de cas, méthodologies). Je prévois de mettre à jour à l’automne 2018 mon ebook «Les usages de l’intelligence artificielle» pour y intégrer toutes les évolutions du secteur sur une année et creuser de nouveaux marchés verticaux laissés en plan dans l’édition d’octobre 2017.
  • M’attaquer à un nouveau sujet fascinant: l’informatique quantique. J’ai planifié cela dès 2016 pour 2018, observant les progrès réalisés dans les laboratoires et chez quelques grands acteurs (IBM, Google, Intel, Microsoft). Un peu comme pour l’IA, je souhaite d’abord en comprendre les aspects techniques pour pouvoir les vulgariser pour le plus grand nombre puis identifier les cas d’applications et les enjeux stratégiques, notamment économiques et entrepreneuriaux pour l’écosystème français des «deep techs». Mon premier livrable sur le sujet sera une conférence que je vais faire en duo avec Fanny Bouton au Web2day de Nantes en juin 2018. Avant ou après une longue série d’écrits!
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