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Qui sont les 3 Français parmi les 35 innovateurs de moins de 35 ans en Europe repérés par le MIT ?

C’est Noël avant l’heure pour Alexandre ColavinArnaud Pourredon et Paul-Adrien Menez. Ces trois Français figurent en effet dans la liste des 35 innovateurs de moins de 35 ans en Europe établie par la revue MIT Technology Review, créée par la prestigieuse université américaine. Depuis 1999, le magazine américain récompense en effet les entrepreneurs, chercheurs et innovateurs les plus prometteurs du Vieux Continent avec des projets qui visent à relever les défis les plus importants de notre époque.

En 2019, ce sont plus de 1 000 candidats qui ont été sélectionnés avec l’appui de plus de 60 ambassadeurs européens. A l’arrivée, seulement 35 jeunes chercheurs, tous âgés entre 24 et 34 ans et issus de 12 pays différents, ont été retenus par un jury de 116 experts. A l’issue de cette sélection, ce sont les secteurs de la biotechnologie et de la médecine (19 lauréats), ainsi que de l’intelligence artificielle et de la robotique (6 lauréats) qui sont les plus représentés. Quant au pays le plus représenté, il s’agit du Royaume-Uni avec 12 lauréats, devant l’Allemagne (5 lauréats) et l’Espagne (4 lauréats). Juste derrière ce trio de tête, on retrouve donc la France avec trois lauréats, que FrenchWeb vous propose de découvrir… 

Alexandre Colavin, fondateur de Jungla 

Les avancées de la recherche dans la génétique au cours de ces dernières années permettent chaque jour un peu plus de se rapprocher d’une médecine prédictive et personnalisée. Cependant, les tests génétiques ne livrent pas encore tout leur potentiel pour détecter les altérations génétiques et connaître leurs conséquences. Pour progresser dans ce secteur, Alexandre Colavin a fondé Jungla, une entreprise qui cherche à mieux utiliser les informations collectées dans le cadre de tests génétiques pour améliorer l’interprétation de millions de variations génétiques. 

Aux côtés de ses associés Jason Reuter et Carlos Araya, le jeune Français a développé de nouvelles technologies pour identifier l’évolution des séquences de biomolécules ou encore les régions altérées à cause d’un cancer. Ces innovations ont été intégrées dans une plateforme digitale qui apprend en continu grâce aux résultats des tests génétiques qui l’alimentent pour interpréter avec précision les données collectées. Ainsi, la plateforme, qui place ses données dans la blockchain pour les protéger, prend en compte les mutations génétiques connues, puis détecte et comprend les variations rares. Une approche qui permet de fournir aux médecins des informations plus claires pour améliorer la qualité des diagnostics, et par ricochet de faire un pas de plus vers la médecine personnalisée. Le dispositif a séduit l’entreprise américaine Invitae Corporation, qui a racheté Jungla cet été.

Arnaud Pourredon, fondateur de Meditect

Arnaud Pourredon, fondateur de Meditect. Crédit : MIT Technology Review.

Chaque année, ce sont près d’un million de personnes qui décèdent après la prise d’un faux médicament, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui estime qu’un médicament sur dix vendus dans le monde est un faux. Ce sont surtout les pays en développement qui sont confrontés à cette problématique, car la distribution des médicaments autorisés y est très compliquée. C’est notamment le cas en Afrique où il n’existe pas de code unique pour identifier les médicaments authentique.

Face aux effets dévastateurs du trafic de produits de santé contrefaits, dont l’essentiel de la fabrication se concentre en Chine et en Inde, Arnaud Pourredon a créé Meditect, une solution à destination des entreprises pharmaceutiques qui exportent des médicaments vers Afrique. Reposant sur la blockchain et l’intelligence artificielle, la plateforme permet d’assurer la suivi et l’authentification des médicaments tout au long de la chaîne de distribution. Avec ce dispositif, les pharmaciens et les patients disposent d’une solution respective où ils n’ont qu’à scanner un médicament pour vérifier son authenticité.

Pour le moment, le service n’est disponible qu’en Côte d’Ivoire, où il est utilisé dans une centaine de pharmacies dans les cinq plus grandes villes du pays. Arnaud Pourredon prévoit de déployer sa solution au Sénégal, en Mauritanie, au Mali et au Burkina Faso dès 2020. A plus long terme, il espère que sa technologie sera disponible dans plus de 25 pays africains et utilisée par plus de trois millions de personnes d’ici 2022.

Paul-Adrien Menez, fondateur de Zéro-Gâchis 

Paul-Adrien Menez, fondateur de Zéro-Gâchis. Crédit : MIT Technology Review.

Un tiers des aliments produits dans le monde sont gaspillés, soit 1,3 milliard de tonnes de denrées alimentaires perdues chaque année, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). En France, le constat n’est gère plus reluisant avec 10 millions de tonnes d’aliments consommables qui finissent chaque année à la poubelle, ce qui représente 16 milliards d’euros gaspillés, selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Dans ce contexte, Paul-Adrien Menez a décidé de quitter ses études d’ingénieur en 2012 pour s’attaquer au gaspillage alimentaire avec Zéro-Gâchis.

Au départ, l’entreprise proposait simplement une application pour informer les consommateurs sur les aliments périssables en vente. Depuis, le projet a évolué vers un service reposant sur l’intelligence artificielle pour déterminer la meilleure action à réaliser (don ou remise) pour des aliments en passe de dépasser la date de péremption. Pour ce faire, l’algorithme de l’entreprise est installé sur une application embarquée sur des lecteurs de codes-barres industriels, de manière à ce que les supermarchés transmettent directement à Zéro-Gâchis les données sur les produits périssables ou qui ne vont pas tarder à atteindre la date limite de consommation. De cette manière, l’algorithme aide les supermarchés à mieux gérer leur volume de déchets alimentaires.

A ce jour, Zéro-Gâchis travaille avec plus de 350 supermarchés en France, en Belgique, en Espagne et au Portugal. Sur ce marché, Paul-Adrien Menez estime qu’avec une présence sur seulement 5% du marché, cela permettrait aux supermarchés d’augmenter leurs bénéfices de 1,36 milliard d’euros et d’éviter le gaspillage de 1,5 milliard de tonnes de denrées alimentaires. L’entrepreneur français n’est cependant pas isolé dans son combat contre le gaspillage alimentaire. Les applications Too Good To Go et Phénix se positionnent également pour sauver plusieurs tonnes d’invendus alimentaires auprès des enseignes de grande distribution et des commerçants de proximité. 

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Maxence Fabrion

Journaliste chez FW - DECODE MEDIAPour contacter la rédaction : redaction.frenchweb@decode.media

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