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Yann LeCun, l’optimiste de l’IA

Par Laurence BENHAMOU / AFP

ChatGPT, lancé il y a un an, ne l’impressionne pas car il l’a imaginé avant tout le monde: depuis trente ans, le Français Yann LeCun a tout misé sur le « deep learning », l’apprentissage profond, qui entraîne les ordinateurs au lieu de les programmer.

Son pari a fait de ce visionnaire une star mondiale de l’intelligence artificielle, un « père de l’IA ». Mais il réfléchit déjà à l’après-demain, bien au-delà de ces populaires générateurs de textes et d’images qui, pour lui, sont déjà dépassés.

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En 30 ans, bravant les doutes de beaucoup de ses pairs, ce pionnier a vu son domaine de recherche s’imposer comme le plus novateur du siècle, au coeur de toutes les IA d’aujourd’hui. Modèles de langage, IA génératrices de contenus mais aussi voitures autonomes, reconnaissance faciale, diagnostics prédictifs… autant de technologies qui en découlent.

Avec chatGPT, lancé en novembre 2022, et les autres IA génératives, même le grand public connaît le concept et a compris le potentiel des ordinateurs capables d’apprendre.

Consécration suprême, en 2019, le Breton a reçu le prix Turing, l’équivalent du Nobel pour l’informatique.

Formé à l’université Pierre et Marie Curie à Paris, puis professeur à New York, ce sexagénaire jovial, qui réfléchit à grande vitesse, a été recruté par Mark Zuckerberg en personne en 2013, dans les couloirs d’un colloque. Depuis, il dirige le laboratoire de recherche en IA du groupe Meta (Facebook, Instagram).

 

– « 2001 » –

Marqué à 9 ans par « 2001, l’Odyssée de l’espace », le film de Stanley Kubrick sur les dangers d’un ordinateur conscient, il se passionne très tôt pour les premiers ordinateurs personnels.

A 21 ans, le débat entre le linguiste américain Noam Chomsky et le psychologue suisse Jean Piaget sur l’inné et l’acquis dans l’intelligence l’oriente sur le chemin des « machines apprenantes ».

Recruté en 1988 par Bell Labs, il tente d’appliquer cette technique émergente à la reconnaissance d’écriture sur les chèques manuscrits. Taux de réussite: 50%. Bell jette l’éponge. La technologie est jugée complexe et trop gourmande en puissance de calcul.

Yann LeCun, lui, persiste. En 2003, avec les chercheurs Geoffrey Hinton et Yoshua Bengio, il fomente ce qu’il appellera une « conspiration des réseaux de neurones », pour relancer l’intérêt de la communauté scientifique, grâce à des conférences. En 2012, leurs efforts paient enfin : Hinton et d’autres scientifiques remportent un concours sur la reconnaissance d’images, avec un programme fondé sur le « deep learning ».

La masse de données disponibles sur Internet et l’augmentation de la puissance des microprocesseurs vont rendre son rêve possible.

« Du jour au lendemain, les gens ont abandonné tout ce qu’ils faisaient pour utiliser ces modèles », s’est souvenu LeCun pour Libération. « Je n’ai jamais vu ça dans la science ».

– Rationalité optimiste –

Au point de faire un peu peur à certains de ses collègues.

En mai 2023, son comparse et co-lauréat du prix Turing Geoffrey Hinton, 75 ans, a quitté Google en expliquant « regretter » son invention, qui pourrait « être un risque pour l’humanité ».

Cet été, un collectif de scientifiques, patrons et experts — dont les grands noms Elon Musk et Sam Altman — a réclamé une pause de six mois dans la recherche en IA qui, selon eux, menace l’existence même de l’humanité.

Ce n’est pas le cas de Yann LeCun, athée rationaliste, qui reste convaincu des bienfaits de l’IA et du progrès en général. « L’idée même de vouloir ralentir la recherche sur l’IA s’apparente à un nouvel obscurantisme », a-t-il déclaré. Les leaders de la tech veulent, selon lui, « semer la peur » pour conserver le monopole et leur business.

A rebours de l’engouement mondial, il martèle ses réserves envers les IA génératrices. « L’IA d’aujourd’hui et l’apprentissage automatisé sont vraiment nuls. Les humains ont du bon sens alors que les machines, non. Je ne crains pas que l’IA échappe à notre contrôle et conduise à la destruction de l’humanité ».

ChatGPT ? Pour lui, c’est « une impasse », un modèle de prédiction statistique dont on ne se servira plus « dans 5 ans ».

Son employeur Meta a pourtant lancé des IA similaires. Mais Yann LeCun garde sa différence. Et y croit dur comme fer. « Avec l’aide de l’IA va être amplifiée l’intelligence et la créativité de tout un chacun. Cela peut conduire à un nouveau siècle des Lumières ».

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