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Après OnOff, Taïg Khris lance Albums, une alternative européenne à Instagram

Après s’être lancé sur le marché des télécoms avec sa start-up OnOff, qui permet d’héberger les numéros de téléphone dans le cloud pour les rendre indépendants d’une carte SIM, Taïg Khris, triple champion du monde de roller sur rampe et vainqueur des X Games, s’attaque à un secteur largement dominé par des géants américains et chinois : les réseaux sociaux. En effet, l’entrepreneur annonce aujourd’hui le lancement d’Albums, un réseau social qui permet de partager ses photos et ses vidéos. L’application est d’ores et déjà disponible sur iOS.

Pour se différencier d’Instagram, leader en la matière avec plus d’un milliard d’utilisateurs actifs mensuels et réputé pour être un aspirateur à données pour le grand bonheur de sa maison-mère Facebook, Taïg Khris défend une approche plus respectueuse de la vie privée des utilisateurs avec Albums, en phase avec le RGPD cher à l’Union européenne. «Mon ambition est de créer l’application de référence pour partager nos photos et vidéos tout en protégeant nos données personnelles. Je lance Albums pour préserver la vie privée de millions de personnes et leur donner les outils appropriés pour enfin partager et contrôler les milliers de photos et vidéos qu’ils créent au quotidien», explique Taïg Khris.

Le créateur de ce nouveau réseau social met aussi l’accent sur la sécurité avec un système de chiffrement de bout en bout en cours de développement, à l’heure où les vulnérabilités des réseaux sociaux et des messageries sont dans le viseur des régulateurs en Europe et aux États-Unis. «Il y a aujourd’hui plusieurs apps de messagerie sécurisées disponibles mais pas pour la gestion des photos et vidéos», note Taïg Khris. Et d’ajouter : «Nous avons démarré un processus d’agrément auprès de l’Anssi (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information) car nous voulons être certains que la sécurité de notre app n’est pas qu’un argument marketing mais correspond bien aux exigences d’organismes experts en sécurité comme l’Anssi. Ce processus prendra plusieurs mois mais une fois validé, nous proposerons l’une des apps les plus sécurisées au monde pour la photo et la vidéo.»

L’interface de l’application Albums lancée par Taïg Khris. Crédit : Albums.

Une application collaborative entre proches

Évidemment, Albums ne compte pas se distinguer uniquement sur les volets de la protection de la vie privée et de la sécurité des échanges. Comme le nom de l’application l’indique, l’idée est de créer des albums, et non de partager une seule photo. Le réseau social privilégie une approche collaborative pour permettre à ses utilisateurs de partager leurs photos et vidéos avec un cercle restreint de personnes, comme leurs amis et leur famille. Une manière de prendre le contrepied de la course aux likes sur Instagram qui cherche d’ailleurs à atténuer les effets toxiques de cette addiction. Ainsi sur Albums, l’utilisateur peut inviter ses amis à collaborer à un album commun afin que chacun y publie ses photos et vidéos, avant d’interagir via des likes ou des commentaires.

D’autres options de partage sont proposées, comme la possibilité de créer un album en lecture seule ou de nommer d’autres amis «administrateurs» pour gérer un album. Les albums peuvent être partagés à un carnet de contacts mais également à des tiers via un lien ou un QR code générés par l’application. Pour garder le contrôle du partage, il est possible de limiter l’accès à un album dans le temps (5 minutes, 1 heure ou plus…) et même de limiter le nombre d’accès (5 connexions, 10 connexions…). Par ailleurs, l’application bloque les captures d’écran et se réserve le droit de suspendre le compte d’un utilisateur qui en tenterait trop souvent.

«L’Europe a perdu la bataille sur les datas personnelles»

Avec Albums, Taïg Khris espère donner naissance à un réseau social européen capable de rayonner à travers le monde alors que quatre des applications appartenant au groupe Facebook figurent dans le Top 5 des plateformes sociales les plus utilisées dans le monde, fait remarquer le rapport annuel Digital 2021 réalisé par Hootsuite et We Are Social. «Il faut se rendre à l’évidence, l’Europe a perdu la bataille sur les datas personnelles. Tous les plus grands réseaux sociaux sont américains, chinois ou russes. L’exemple de la suppression du compte Twitter de Trump montre bien que contrôler un réseau social mondial devient aujourd’hui une arme politique que l’Europe n’a pas. Il est temps de créer nos propres réseaux sociaux européens et de contrôler notre avenir», estime Taïg Khris.

L’entrepreneur a déjà de la suite dans les idées pour son réseau social puisqu’il prévoit de proposer dans les prochains mois la possibilité d’acheter de l’espace de stockage dans le cloud d’Albums, de manière à libérer de l’espace sur les smartphones des utilisateurs. «Au fil des mois, nous allons ajouter des fonctionnalités et améliorer l’usage pour arriver à un produit répondant parfaitement aux attentes. Pour peut-être devenir un jour un réseau social aussi connu que les plus grands réseaux sociaux étrangers», espère-t-il. Le défi est ambitieux, très difficile à relever, mais il est la hauteur du caractère de champion de Taïg Khris. Plus de dix ans après son saut de la Tour Eiffel, c’est un saut peut-être encore plus périlleux que tente l’entrepreneur avec Albums.

Lire aussi : Pourquoi l’Europe ne parvient-elle pas à faire émerger des alternatives à Facebook ?

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