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Avec Xnor.ai, Apple veut s’affranchir encore un peu plus du cloud

Apple et la protection de la vie privée, une histoire qui semble partie pour durer. Pas plus tard que cette semaine, le géant américain s’est attiré les foudres de Donald Trump pour avoir refusé de débloquer les iPhone d’un terroriste responsable de l’attaque en décembre de la base aéronavale de Pensacola, en Floride. Revendiquant son attachement à la protection de la vie privée, la marque à la pomme avait déjà vécu une situation similaire en 2016 lorsqu’elle avait refusé de déverrouiller l’iPhone d’un des auteurs de la tuerie de San Bernardino, en Californie, qui avait 14 victimes en 2015. 

Argument marketing de taille, la protection de la vie privée est utilisée par Apple pour tirer son épingle du jeu face à Facebook et Google, régulièrement sous le feu des critiques pour leur traitement des données personnelles de leurs utilisateurs. Lors du CES de Las Vegas en 2019, Apple n’avait d’ailleurs pas hésite à humilié les deux firmes américaines avec une affiche géante comportant la citation suivante : «Ce qui se passe sur votre iPhone reste sur votre iPhone». 

Une puce pour traiter les données en local

La position d’Apple ne va pas bouger sur ce point en 2020, comme en témoigne l’acquisition de la start-up américaine Xnor.ai, spécialisée dans l’intelligence artificielle directement intégrée dans les appareils électroniques. Le montant de l’opération s’élève aux alentours des 200 millions de dollars, selon TechCrunch. Une belle opération pour les fondateurs et les actionnaires de cette société puisqu’elle avait seulement levé 14,6 millions de dollars depuis sa création, dont 12 millions en mai 2018. Comme à son habitude pour ce type d’opération, Apple a déclaré : «Apple achète de temps en temps de petites entreprises technologiques, et nous ne discutons pas généralement de nos objectifs ou de nos projets.»

Fondée en 2017 par Ali Farhadi et Mohammad Rastegari, cette start-up basée à Seattle est issue de l’Allen Institute for Artificial Intelligence (AI2), un centre de recherche lancé par Paul Allen, co-fondateur de Microsoft décédé en octobre 2018. Xnor.ai a développé une puce qui permet de maximiser l’efficacité des algorithmes de machine learning, de manière à ce que qu’ils puissent fonctionner sur des appareils électroniques, sans passer par des serveurs à distance. Concrètement, cela permet d’exécuter une intelligence artificielle capable de traiter les données en local plutôt que de les faire transiter vers le cloud. 

Seattle, pôle IA d’Apple 

Non seulement, cette puce permet d’accélérer les calculs pour optimiser le fonctionnement des appareils, notamment en matière de reconnaissance d’objets, qui nécessite habituellement un processeur puissant ou une connexion à un serveur cloud, mais aussi d’assurer une meilleure protection de la vie privée des utilisateurs. Apple cherchant à s’affranchir du cloud pour des tâches comme la reconnaissance faciale, le traitement du langage naturel et la réalité augmentée, cette acquisition coche toutes les cases pour améliorer le fonctionnement de ses appareils. Elle s’inscrit dans le prolongement des travaux réalisés depuis le rachat en 2016 de la start-up Turi, également spécialisée dans l’intelligence artificielle. Cette dernière était aussi basée à Seattle, ville évidemment connue pour héberger le siège d’Amazon, mais qui devient au fil des années le bastion d’Apple en matière d’intelligence artificielle.

Entre le projet de lunettes de réalité augmentée de la marque à la pomme, l’optimisation de ses différents logiciels embarqués dans ses iPhone, iPad, iMac et Macbook, et ses ambitions dans la maison connectée, les applications possibles pour Apple sont nombreuses. Si iCloud est utilisé par des millions d’utilisateurs pour stocker des photos, vidéos, mails et autres fichiers, Apple entend bien réduire la part du cloud dans le fonctionnement de ses appareils. Une manière pour le géant américain de renforcer ses compétences technologiques et de s’ériger en alternative exemplaire à Facebook et Google en matière de protection de la vie privée auprès de ses utilisateurs. 

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Maxence Fabrion

Journaliste chez FW - DECODE MEDIAPour contacter la rédaction : redaction.frenchweb@decode.media
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