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Le jour où j’ai découvert que WeChat & WhatsApp n’avaient rien à voir : merci Hong Kong !

Par Marie, étudiante à l'EDHEC Business School

Cet article fait partie du programme annuel sur le futur du commerce, du cabinet de conseil Equancy. Ce dernier a donné la parole à une communauté de Millenials, répartis aux quatre coins de la planète.

 

Lorsque je suis arrivée à Hong Kong, je le confesse : WeChat était pour moi un concept assez obscur… J’ai longtemps pensé qu’il ne s’agissait que d’une version asiatique de WhatsApp. Et puis, un jour, alors que j’étais vendeuse en boutique, un groupe de chinois m’a demandé s’ils pouvaient payer via WeChat.  Je les ai regardés avec un œil interrogateur: payer via WeChat, mais encore?! Et c’est alors que j’ai commencé à mener l’enquête…

Je me suis donc mise à la mode locale et j’ai téléchargé cette énième application. Je n’étais vraiment pas convaincue: j’ai déjà WhatsApp & Facebook Messenger, alors à quoi bon en avoir une de plus? Et puis, j’ai très vite compris que WeChat, c’est bien plus que de la messagerie instantanée. C’est une application tout-en-un qui permet de payer en magasin, de jouer, de lire des articles, de suivre une marque et j’en passe.

Ce qui est drôle, c’est que le succès de WeChat repose avant tout sur les QR codes. Les QR codes, oui oui! Vous avez bien lu! Alors qu’ils paraissent totalement ringards en France, ils sont au cœur du réacteur à Hong Kong! Tous les magasins possèdent leur propre QR code: il suffit de les scanner pour accéder à la page officielle Wechat d’une marque. Et alors, bim: on entre en relation avec la marque qui nous envoie un message de bienvenue. Bon, étant donné que mes capacités linguistiques en cantonnais sont encore assez limitées, je n’en fais certes qu’un usage limité. Mais mes collègues m’ont expliqué qu’il s’agissait en fait de réponses automatiques à des mots clefs permettant au client d’obtenir de façon hyper simple toutes sortes d’informations: les heures d’ouverture de la boutique, les adresses des magasins… Tout ça sans avoir à passer par le site Internet de la marque. J’ai trouvé ça super malin parce que moi, je ne vais que très peu sur les sites des enseignes. Du coup, ça me faciliterait la vie un tel système!

Ces QR codes, c’est aussi une super façon de personnaliser la relation avec le consommateur. Une fois inscrite à une page officielle, j’ai reçu à plusieurs reprises des bons de réduction directement sauvegardés sur l’application qui m’invitaient à venir en boutique. Et il faut savoir que les Hongkongais adorent les coupons (et moi aussi, ok !): ils sont prêts à faire la queue des heures pour un produit d’une marque qui n’est pas dans leurs habitudes juste pour faire une bonne affaire! Donc ce système, c’est banco pour les marques!

Ce que j’ai remarqué aussi, c’est que les QR codes se retrouvent en magasin. Ce n’est pas juste en ligne. Il suffit de les scanner en rayon pour obtenir la fiche complète d’un produit ou même des conseils d’utilisation. Encore une fois super pratique, vraiment simple à mettre en place pour la marque et c’est un vrai bénéfice pour l’utilisateur. Je cherche une information, hop je flashe et tac, j’ai la réponse! Avantage supplémentaire très personnel: je suis assez timide, donc je n’ose pas vraiment demander de l’aide aux vendeuses en général là, et encore moins dans un pays étranger. Donc ça me rend vraiment service!

Bon, pour la partie paiement par téléphone, j’avoue que ça reste encore un peu abstrait pour moi. N’ayant pas de compte bancaire local, je n’ai pas pu lier ma carte bleue à mon «WeChat Wallet». Mais de ce que j’ai pu comprendre, une fois à la caisse il suffit de générer depuis son compte un QR code que le vendeur va ensuite scanner pour vous débiter. A voir ce que cela donnerait en Europe où le paiement sans contact a déjà mis du temps à émerger.

Donc effectivement, WeChat c’est bien plus que WhatsApp. Pour une marque, il y a plein d’avantages: c’est moins coûteux que de développer sa propre application, ça permet de garder un contact régulier avec le client via l’envoi de petits articles ou de messages instantanés (sans avoir à collecter l’adresse email) et en plus les coupons permettent d’attirer le client en magasin! Et pour l’utilisateur, ça simplifie vraiment la vie: je peux tout faire au même endroit, d’un clic! Plus besoin de passer des heures à chercher des informations sur un site aux pages multiples, je pose une question et j’ai la réponse. Vivement que WeChat arrive en France: je sais déjà que je serai une adepte!

La contributrice:

Actuellement en césure d’un an avant un Master 2 à l’EDHEC Business School de Lille, Marie a choisi de faire un stage en contrôle de gestion à Hong Kong chez L’Occitane. Véritable nomade, elle souhaitait en effet s’immerger dans une culture très différente de la sienne. Sa curiosité et son goût pour l’écriture l’ont poussé à enquêter sur le monde du retail, au-delà de son entreprise d’accueil.

Marie fait partie du programme annuel sur le futur du commerce, du cabinet de conseil Equancy. Ce dernier a donné la parole à une communauté de Millenials, répartis aux quatre coins de la planète. L’objectif: savoir s’il s’agit d’une génération Amazon, adepte du tout en ligne, ou si le point de vente physique a encore un sens à leurs yeux. Découvrez dans cette série leur point de vue sur différentes utilisations du digital en magasin.

 

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Les contributeurs sont des auteurs indépendants de la Rédaction de FrenchWeb. Leurs propos et positions leurs sont personnels.

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3 thoughts on “Le jour où j’ai découvert que WeChat & WhatsApp n’avaient rien à voir : merci Hong Kong !”

  1. « Vivement que WeChat arrive en France » : c’est le cas ! ça s’appelle Lyf Pay, la fusion depuis mai 2017 de fivory (actionnaires d’origine: Crédit Mutuel, puis Total (2015) puis Auchan Oney Mastercard (2016) et wa! (actionnaires d’origine: BNP et Carrefour). Le positionnement de lyf pay est d’être une plateforme ouverte non dépendante d’un OS (comme ApplePay), d’un opérateur télécom (comme OrangeCash), d’une banque ou d’un système de paiement. Leur stratégie est d’aller + loin que le simple paiement, pour proposer des services en +, pour en faire un réseau social de shopping, pour avoir des info push etc…

  2. Bonjour,
    Merci, intéressant. Je connais WeChat mais ne savais pas que le QR Code était aussi répandu à HK.
    Le QR Code est-il autant répandu dans le reste de la Chine ?
    Et les bots (textuels ou vocaux) sont-ils répandus ?
    Michel

  3. « vivement que weChat arrive en france », oui vivement qu’une seule et unique entreprise ait un accès illimité à des données perso qui peuvent renseigner sur toute notre vie! N’est-ce pas déjà le cas aujourd’hui? non, fb, twitter, google, amazon, paypal sont autant d’entreprises différentes. WeChat c’est une seule entreprise qui permet de tout faire, prendre rdv chez le médecin, le publier sur weChat, noter un restaurant, réserver un hotel, payer en ligne, réserver un Uber, etc. bref on peut savoir qui on est, ou on va et avec qui, qui est la bas, etc. Au final, en supportant ce genre d’entreprise, on arrivera à ce que le monde soit régenté par une poignée de super-entreprise exactement pil poil ce qu’il faut pour un monde encore plus big brother qu’aujourd’hui!! génial

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