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Graphisme: « le réflexe Google ne doit pas remplacer la culture artistique »

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Comme de nombreux secteurs des services, celui du graphisme a dû se transformer suite à l’émergence des outils numériques. Il y a eu un avant et un après l’apparition de l’informatique dans les agences et studios de création. Désormais la tendance est à la 3D, à la composition et à l’animation de contenus virtuels et adaptés pour le partage sur les réseaux sociaux.

Plus de précisions sur les métiers du graphisme avec Nicolas Rozier, directeur exécutif du studio de création parisien H5. Cette société emploie six personnes et fait également appel à quelques freelance réguliers, en fonction des besoins. Fondée en 1996, elle revendique des clients dans les domaines de la mode (Dior, Yves Saint Laurent, Lacoste), de la distribution (Coca Cola), de l’automobile (Toyota, Audi), de la musique…

FrenchWeb: Comment a évolué cette profession depuis quelques années ?

Nicolas Rozier: On est passé au motion design avec la réalisation et l’animation de contenus graphiques virtuels. Cela passe par des compétences et des outils différents: les professionnels du secteur doivent maîtriser des logiciels de compositing et d’animation (ex: Adobe After Effects) et des logiciels 3D (ex: Autodesk maya).

Ceci dit, le graphisme pour continue d’exister. Le changement majeur dans le secteur du graphisme est intervenu il y a une vingtaine d’années, lorsque la photo-composition a disparu. Aujourd’hui, on est toujours sur les mêmes outils informatiques, par contre, de nouveaux supports sont apparus: les réseaux sociaux. Cela demande de s’adapter à ces nouveaux médias pour maintenir le même impact, mais ce n’est qu’une question déclinaison.

Qu’est-ce qui fait un bon professionnel du graphisme ?

C’est la culture typographique et de l’image ainsi que la créativité. Mais la sensibilité créative ne s’apprend pas ! Dans une agence, il faut avoir des gens qui ont des sensibilités différentes afin de pouvoir répondre à des demandes de clients dans divers secteurs d’activité.

Le réflexe d’aller sur Google pour regarder ce qui se fait a tendance à réduire le champ de recherches. Je considère que cela ne doit pas remplacer le fait d’avoir une culture artistique de la lettre et du graphisme.

Et bien sûr, il faut savoir dessiner ! Etre capable d’exprimer ses idées avec quelques dessins ou croquis permet d’aller plus loin en réunion, en test, en recherche… sans passer tout de suite à l’outil illustratif virtuel.

Quelles formations conseillez-vous ?

Nous n’avons pas de religion en la matière, il existe de très bonnes écoles publiques – l’ENSAAMA Olivier de Serres, l’Ecole nationale des Arts décoratifs par exemple – ou privées comme l’ESAG Penninghen.

Le métier est-il en tension sur le plan du marché de l’emploi ?

C’est plus difficile aujourd’hui de trouver un emploi dans ce secteur par rapport à il y a 10 ans. Ces métiers font beaucoup plus rêver qu’il y a 20 ans et beaucoup d’écoles privées se développent autour de ces métiers. Pour autant, je ne suis pas sûr qu’il y ait de la place pour tout le monde. Il faut être particulièrement créatif et motivé.

Je regrette par ailleurs que l’Etat organise beaucoup de concours de graphisme mais il y a rarement une rémunération à la clé…  Il y a une incohérence: le métier et ses formations sont valorisés mais ensuite le graphisme n’est pas reconnu financièrement à sa juste valeur, surtout dans le domaine culturel et celui des commandes publiques. Dans le privé, le marché est également en tension.

Dès lors, comment réussir à se faire une place dans ce secteur quand on débute ?

Le réseau est très important. Le construire passe par les stages mais il ne faut pas hésiter à envoyer son book à des agences et studios de création, à condition de l’avoir adapté à ce que fait cette entreprise. Chez H5, nous ne sélectionnons les stagiaires que par le book.

Ensuite, le stage de longue durée est le mode de recrutement chez nous. Il faut du temps pour voir si cela fonctionne bien avec la personne, pour évaluer quelles sont ses sensibilités créatives… et si elles correspondent à nos besoins, nous envisagerons éventuellement une embauche.

Lire aussi: >> Tech’: les métiers qui montent ne sont pas ceux que vous croyez

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Adeline Raynal

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1 thought on “Graphisme: « le réflexe Google ne doit pas remplacer la culture artistique »”

  1. le-reflexe-google-ne-doit-pas-remplacer-la-culture-artistique…non; non…la preuve…:) « Fotolia, banque d’images, vecteurs et videos libres de droits »…:)

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