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[NEXT40] Comment OVHcloud continue de défendre un «cloud de confiance» en plein débat sur la souveraineté numérique

Interview de Michel Paulin, CEO d'OVHcloud

La nouvelle composition du NEXT40 sera bientôt annoncée. En attendant, retrouvez tous les matins une interview d’une start-up issue de la première promotion pour faire un bilan sur ses activités, parler de ses perspectives et de ce que lui a apporté le NEXT40.

Positionné sur un marché du cloud qui ne cesse de grossir en pleine pandémie de Covid-19, avec l’explosion du télétravail (Zoom, Slack…), de l’e-commerce (Amazon, Alibaba, Mirakl…) et des plateformes de divertissement (Netflix, Spotify…), OVHcloud a vécu une année 2020 intense. Évidemment en raison de la forte demande des consommateurs qui a mis les serveurs de l’entreprise nordiste à rude épreuve, mais aussi à cause du climat tendu qui entoure les discussions internationales autour de la protection des données. Plus que jamais, la souveraineté numérique est devenu un enjeu majeur alors que le monde entier traverse une crise sanitaire inédite.

Entre la création de Gaia-X, projet initié par la France et l’Allemagne pour «poser les fondations d’une véritable infrastructure de données européenne», et la décision de la Cour de justice de l’Union européenne d’annuler les transferts de données personnelles vers les États-Unis, le marché du cloud est aujourd’hui à la croisée des chemins en Europe. Dans ce contexte, comment OVHcloud compte-t-il tirer son épingle du jeu face aux mastodontes du secteur que sont AWS, Microsoft, Google, Alibaba, Salesforce ou encore Oracle ? Dans ce sens, Michel Paulin, CEO de l’hébergeur français, estime qu’il faut miser sur un «cloud de confiance». Mais qu’est-ce que cela induit concrètement ? Il nous explique…

Le «Health Data Hub», symbole des enjeux autour de l’hébergement des données 

Ce «cloud de confiance» apparaît d’autant plus essentiel en pleine pandémie mondiale. En effet, dans le cadre de la phase de vaccination, ce sont les données de centaines de millions de personnes à travers le monde qui circulent entre plusieurs acteurs, ce qui fait de l’hébergement de ces données un enjeu majeur de souveraineté numérique. En France, un cas illustre particulièrement les craintes autour de la protection des données : le «Health Data Hub», la plateforme française de données de santé pour la recherche. Cet entrepôt virtuel doit permettre aux scientifiques d’accéder aux montagnes de données de santé françaises, sous forme pseudonymisée, pour faire de la recherche en utilisant en particulier l’intelligence artificielle. Ces données sont actuellement éparpillées dans une variété d’organismes (Sécurité sociale, hôpitaux…), ce qui oblige les chercheurs à multiplier les démarches pour les obtenir.

Or début 2019, le gouvernement a choisi dans une grande discrétion de confier l’hébergement de ces données à Microsoft. L’histoire aurait pu s’arrêter là, sauf que le géant américain est soumis au «Cloud Act», une législation américaine qui oblige dans certains cas les hébergeurs américains à fournir des données aux autorités, même si elles sont hébergées à l’étranger. Mais le coup de grâce est surtout venu de l’invalidation l’an passé du «Privacy Shield» (accord qui autorisait le transfert de données personnelles européennes aux États-Unis), ce qui a complètement changé la donne.

«Nous attendons l’appel d’offres»

Cédric O, le secrétaire d’État au numérique, ayant déclaré en octobre dernier que le gouvernement cherchait à rapatrier le Health Data Hub sur des plateformes françaises ou européennes, OVHcloud n’a pas tardé à se porter candidat pour le récupérer. «Le domaine dans lequel les Français veulent une totale transparence sur leurs données, c’est la santé. 85% des Français veulent avoir une compréhension fine de l’endroit où sont leurs données données et comment elles transitent dans le domaine de la santé», explique Michel Paulin. Et d’ajouter au sujet du Health Data Hub : «Notre position est très claire, nous attendons l’appel d’offres.»

En attendant le dénouement de la situation concernant le Health Data Hub, OVHcloud a reçu en ce début d’année la qualification SecNumCloud, sésame délivré par l’Agence de sécurité des systèmes d’information (Anssi) qui certifie les prestataires considérés comme fiables pour stocker les données sensibles des entreprises et administrations françaises. Cette certification concerne l’offre de cloud privé Hosted Private Cloud de l’hébergeur nordiste. Ce dernier rejoint ainsi un cercle très fermé comprenant Oodrive et Outscale, la filiale cloud de Dassault Systèmes. Par ailleurs, OVHcloud, qui compte désormais 31 datacenters dans le monde, continue d’ajouter des cordes à son arc pour améliorer son offre d’hébergement, notamment au travers de partenariats stratégiques avec Google et Atos.

Maxence Fabrion

Journaliste chez FrenchWeb - DECODE MEDIA
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