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Palantir veut s’inscrire «dans un écosystème français»

Avec l'AFP

Président de Palantir France, start-up américaine spécialisée dans le traitement de données de masse, l’ancien numéro deux d’Airbus, Fabrice Brégier, veut intégrer l’entreprise dans «un écosystème français» et rassurer sur les liens avec les services de renseignement américains, dans un entretien à l’AFP.

La proximité de Palantir avec les services de renseignement, notamment américains, pose parfois question : comment l’entreprise peut-elle garantir la sécurité des données qu’elle traite ? 

Fabrice Brégier : «Palantir est une entreprise dont la très vaste majorité est détenue par des investisseurs privés. Le pilotage de Palantir est pensé de manière à créer de la valeur pour ses actionnaires. Comme des centaines d’autres jeunes entreprises, elle a été identifiée comme une start-up qui pouvait apporter des services aux services de renseignement et c’est le cas bien sûr, pas seulement aux États-Unis mais également au Royaume-Uni, en France, dans les pays scandinaves ou ailleurs.

Quand on est à la tête d’un groupe privé et qu’on veut faire à terme une introduction en Bourse, on se doit de respecter le client et cela passe par le fait de démontrer que ses données sont sécurisées. La donnée sous-entend des problèmes de sécurité, comme l’ont montré les récentes affaires concernant Facebook ou Google.

Lorsque l’on est une boîte technologique, on doit être capable d’offrir des solutions véritablement sécurisées au client. Chez Palantir, c’est le client qui choisit. Il décide quel cloud (stockage à distance des données, NDLR) il souhaite utiliser, public ou privé, et on s’adapte à son choix. On ne recueille pas, on ne stocke pas les données à la place du client et on ne les monétise pas, nous ne sommes pas dans la logique des GAFA. On apporte un soutien, mais le client est seul à la manoeuvre pour intégrer ses algorithmes, pour faire travailler ses équipes de sciences de la donnée, pour travailler avec Accenture, Capgemini ou d’autres.»

Le Règlement européen de protection des données (RGPD) a-t-il présenté un défi pour Palantir ?

F. B : «Le RGPD est totalement une opportunité pour nous. Palantir a regardé sa compatibilité avec le règlement, mais n’a pas eu du tout à changer son logiciel parce que nos ingénieurs ont été contrôlés et formés d’emblée pour respecter des règles d’accès, de sécurité et de suppression des données qui ont été exigées par les agences de sécurité du monde entier. Le RGPD est d’emblée compatible et je pense que c’est un axe de vente, contrairement à ce que d’autres pourraient croire, qui est extrêmement puissant pour une société comme Palantir.

Le paradoxe avec une telle plateforme réside dans le fait que l’on travaille sur les données, mais on ne peut pas manipuler les données personnelles, on peut démontrer aux autorités, par des audits et des tests de pénétration, la sécurisation du logiciel et le respect des règles élémentaires de protection des libertés civiles.»

Quels sont vos objectifs à la tête de Palantir France ?

F. B : «Palantir est prêt à jouer la carte française et à se développer en France, c’est le sens de mon recrutement. Je ne suis pas là pour vendre un logiciel mais bien construire quelque chose de durable. Il s’agit de valoriser ce potentiel incroyable, que ce soit auprès d’instances publiques ou dans le monde de l’entreprise.

Il s’agit de développer Palantir en France, nous avons aujourd’hui des clients gouvernementaux (la Direction générale de la sécurité intérieure, NDLR) et industriels avec Sanofi et Airbus, le champ des possibles est donc immense. Ça n’ira pas sans une stratégie de développement d’un Palantir France dans un écosystème français, c’est-à-dire recruter massivement. Nous sommes 50 et nous souhaitons passer à 300 dans les deux prochaines années, avec uniquement du personnel de très haut niveau, mais également soutenir des start-up françaises qui pourront valoriser leur logiciel d’intelligence artificielle sur une plateforme comme celle de Palantir.»

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