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8 tendances clés technologiques en devenir pour l’entreprise performante

Comment présenter ce qui fait aujourd’hui la différence dans le business pour une entreprise en matière de technologies? Le cabinet de conseil Deloitte vient de livrer son étude annuelle Tech Trends 2017 qui mobilise plus de 250 experts dans le monde et analyse plusieurs milliers de services IT pour en tirer 8 tendances clés présentées ici, en mode condensé.

Une expression pour caractériser les technologies aujourd’hui au sein des organisations et dans un écosystème d’affaires: l’entreprise est cinétique en adoptant un mouvement permanent. Elle se doit de développer une dextérité pour surmonter l’inertie opérationnelle et prospérer dans des environnements business en constante évolution.

L’entreprise est cinétique… toujours en mouvement

Derrière le boom des avancées techniques et numériques de notre temps, seules certaines d’entre elles sont créatrices de valeur et il est plus que jamais nécessaire de les connaître en priorité.

L’entreprise cinétique décrite par Deloitte Digital est celle qui se met en mouvement en interne et en externe avec comme dénominateurs communs des priorités données à la formation des collaborateurs, à la veille stratégique, à la transversalité des métiers au sein de l’organisation, à l’ouverture à des environnements externes telles que les start-up, à une maîtrise des données et au développement du machine learning (ou la collaboration avec les machines).

Cette entreprise en mouvement est chahutée par des mutations technologiques profondes au-delà de l’offre et du système de productions. Cela impacte les relations avec les clients et les partenaires ainsi que les modes de collaboration entre les salariés. Toutes les directions métiers sont véritablement impactées.

Ainsi, les dirigeants se préoccupent aujourd’hui d’examiner la technologie sous 3 angles complémentaires via des réflexions stratégiques:

  • prioritairement, l’angle stratégique: quelles innovations sont susceptibles de remettre en cause les modèles économiques existants?
  • ensuite, l’angle opérationnel: comment peuvent-elles contribuer à améliorer la productivité?
  • et enfin, l’angle organisationnel: le capital humain de l’entreprise, son mode de fonctionnement et sa culture, lui permettent-ils de tirer tout le parti des technologies émergentes?

 

8 tendances clés technologiques pour développer son business en 2017

1.L’IT sans frontières: le potentiel de transformation IT est au coeur de ses métiers

La direction des systèmes d’information (DSI) se transforme avec un décloisonnement entre les équipes IT et les équipes métiers, les acheteurs et les fournisseurs. Ainsi, on peut repenser le développement, l’exploitation et la fourniture de services.

Cela peut se construire via une collaboration décloisonnée au sein de la DSI, avec les métiers et potentiellement au-delà même des frontières de l’entreprise.

Par ailleurs, cela nécessite de former les experts de la DSI pour leur permettre de passer d’une logique contractuelle (SLA) à une logique orientée KPI (indicateurs clés de performance), plus proche de celles des métiers.

Les vieux schémas de la gestion de projet traditionnelle des années 70 qui cloisonnent les rôles ne sont plus de mise… L’approche agile doublée d’une approche holistique impliquant une équipe focalisée sur la conception comprenant des représentants de l’IT, des métiers, du marketing, de la finance et d’autres groupes est désormais une réalité.

De la sécurité du réseau, on va vers la sécurité du service.

ordinateur

2.Dark analytics: mettre en valeur les opportunités cachées dans les données structurées

Les entreprises se posent encore beaucoup de questions sur le Big Data et parallèlement ont commencé à exploiter des cas d’usages.

La grande quantité de données non utilisée constitue une «matière noire» informationnelle qui devrait aboutir à livrer des applications probantes dans le 18 à 24 mois pour les pionniers.

La nouvelle frontière du Big Data, ce sont donc les «dark analytics» qui recouvrent 3 types de données aujourd’hui négligées:

  • les informations «dormantes» de l’entreprise,
  • les données non structurées (e-mails, photos ou vidéos)
  • et le Web invisible («deep web») qui, bien qu’accessible publiquement, n’est pas indexé par les moteurs de recherche classiques.

 

Ces données recèlent des indications à forte valeur ajoutée pour les entreprises qui sauront les faire «parler». Sur ce point, on attend des gains de productivité significatifs. Et pour réussir, les organisations devront favoriser une perspective métier, sous peine de dissiper leurs efforts, et s’ouvrir sur leur environnement, qui détient probablement une partie des données dont elles ont besoin.

On s’attend également à des analyses de masses de données exploitant les progrès réalisés dans les domaines du traitement de l’image (comme la reconnaissance de formes), du son (avec l’analyse de la voix), la vulgarisation des méthodes d’analyse statistique issues des recherches en intelligence artificielle… pour développer un avantage concurrentiel exclusif.

Exemple d’application: Une start-up de l’habillement collecte les données relatives aux tendances et goûts de ces clients (réseaux sociaux dont images) pour mieux cibler les articles proposés.

3.L’intelligence des machines: la technologie imite la cognition humaine pour créer de la valeur

En matière d’intelligence artificielle, on est passé du monde de l’automatique à des outils, des machines et des programmes qui s’adaptent.

On note l’évolution rapide de l’Intelligence Artificielle (IA) qui a donné naissance à une myriade de compétences diverses telle que le «machine learning», le «deep learning», le «cognitive analytics», la «robotic process automation» (RPA) et les bots (agents conversationnels). Tous ces outils en plein développement constituent l’intelligence des machines (IM).

Avec l’intelligence artificielle, on passe de la sémantique à la statistique. Les capacités algorithmiques aujourd’hui mobilisables permettent d’augmenter la performance des employés, d’automatiser des charges de travail et de développer des agents cognitifs simulant à la fois la pensée et le comportement humains. Aussi, les enjeux en termes de productivité et de gestion des ressources humaines sont capitaux.

Les robots qui font si peur utilisent des tâches extrêmement basiques et sont utilisés surtout pour éviter des ruptures dans des processus. Il peut par exemple s’agir de traitement de factures. En fait, ce sont des tâches qui vont être remplacées plus que des postes et on va observer au sein des organisations une réaffectation des tâches. Ceci va demander un effort de formation conséquent pour les collaborateurs.

Exemple d’application: Un assureur expérimente les co-bots pour l’assistance dans la collecte, l’analyse de l’information, pour automatiser des tâches et favoriser l’engagement avec le client par la réduction du temps de traitement des demandes.

4.Réalité mixte: des expériences toujours plus intuitives, immersives et engageantes

La réalité mixte est un différenciant tendanciel dans les 18 à 24 mois. Les entreprises expérimentent la réalité virtuelle et la réalité augmentée avec un potentiel de ces technologies qui ne cesse de croître, renforcé encore par les opportunités qu’apporte l’Internet des Objets. Toutefois, ce potentiel ne doit pas faire oublier les implications notamment en termes d’ergonomie qui sont à prioriser pour la mise en oeuvre de service à base de réalité mixte.

On a dépassé aujourd’hui la phase de la «gadgetisation» de la réalité mixte (en bref, ne pas s’encombrer de casques et autres interfaces lourdes).

Les écrans laissent progressivement la place à d’autres outils permettant de capter la gestuelle et la voix, d’intégrer de l’information digitale à l’environnement de l’usager, de manière de plus en plus satisfaisante. Il faudra sans doute encore quelques années pour que la réalité mixte trouve sa «killer app». On sait que les spécificités de la réalité mixte et son accès simple (disponibilité grand public) rendent pertinente une familiarisation avec cette technologie.

La stratégie doit aujourd’hui se porter sur la créativité pour envisager des interfaces innovantes au-delà de l’écran, de la souris, du clavier ou du tactile pour réinventer la relation à l’usager.

Exemple d’application: Une entreprise innovante de services à la distribution qui propose une solution fondée sur la possibilité donnée au client de visualiser un produit en contexte d’utilisation (meuble dans son propre salon, électroménager sur le plan de travail…).

travail

5.L’architecture incontournable: la complexité fait place à la simplicité et à la flexibilité

Les organisations transforment leur système d’information en se fondant sur des technologies «open source», des standards ouverts, la virtualisation et la «conteneurisation». D’autre part, elles intensifient l’automatisation et le couplage souple des plateformes anciennes et nouvelles, tout en adoptant souvent une approche «cloud first».

Cette nécessité d’accélérer et d’être agile est déterminante pour le «time to market». Comme pans d’une transformation de l’entreprise, cette approche contribue à une tendance émergente que beaucoup jugent inéluctable: la généralisation d’un modèle d’architecture flexible qui génère plus d’efficacité, réduit les coûts matériels et humains, améliore structurellement les délais, la flexibilité, et produit des résultats plus rapidement.

Cela passe notamment par la définition de sa propre architecture de nouvelle génération en s’appuyant sur ses points forts et la spécificité de ses besoins. Il est également judicieux dans un dispositif de veille et de benchmark qui permettra de rendre visibles de nouvelles technologies, de nouveaux usages parfois passés sous silence ou difficilement identifiables (forges open source, partenaires entreprises ou communautés ouvertes de développeurs…).

Exemple d’application: Une grande banque doit s’adapter à la génération Y en déployant et en faisant évoluer le faisceau de services proposé grâce à une base de composants standardisés et modulaires. Cette base lui permet de gérer l’adoption virale d’un service ou le recyclage d’un autre pour contrer la concurrence et satisfaire des clients de moins en moins fiables.

6.Everything-as-a-service: tout devient service en ligne

De nombreuses organisations amorcent un virage stratégique en adoptant une approche de services en ligne, accessibles au sein des frontières de l’entreprise ou en dehors.

Pour mettre en oeuvre cette stratégie, la direction des systèmes d’information doit transformer, ouvrir ses plateformes technologiques et repenser ses modes de développement.

L’ambition de ces programmes de modernisation peut décourager certaines entreprises. Ils permettent pourtant de réaliser d’importants gains de performance à court terme et posent les bases nécessaires aux ambitions stratégiques présentes et futures de l’entreprise.

bricoleur

7.Blockchain: l’économie de la confiance

L’intérêt grandissant porté à la blockchain est renforcé par l’évolution des modèles économiques et des systèmes d’échanges en mode ouvert. On observe notamment le développement de l’économie collaborative, qui repose sur l’échange direct de valeur entre individus (vente d’objets, location d’appartement, covoiturage…).

La blockchain réinvente la notion de confiance, instaure de nouveaux modes d’échanges et d’interactions entre individus. La valeur de l’économie collaborative est conceptuellement proche des principes véhiculés par la blockchain, tels que la notion de réseau de pair à pair et la désintermédiation des échanges.

Aujourd’hui, ce sont les tiers de confiance qui se sont emparés très rapidement de la technologie blockchain: banques, assurances, Swift…

Par où commencer avec la blockchain? A petite échelle en expérimentant le potentiel de la blockchain sur les projets qui semblent les plus adéquats et apportent des gains rapides… Et suivre le mouvement en s’appuyant sur les entreprises innovantes et les communautés les plus actives, notamment dans le secteur open source.

Exemple d’application: Slock.it, start-up qui permet pour une location d’appartement de connecter la serrure de votre porte à la blockchain. Si quelqu’un veut utiliser votre appartement, il effectue le règlement de la location au contrat qui est lié à votre serrure sur la blockchain. Une fois le paiement validé, la porte s’ouvre automatiquement pour la personne qui a réglé la location, pendant la durée correspondant au paiement.

8.Les technologies exponentielles pour conserver une longueur d’avance

Les applications industrielles des nanotechnologies, de la biotechnologie, des technologies quantiques semblent être à des années lumière de nous mais dans les faits, elles sont déjà en développement.

Dans les 3 à 5 prochaines années, on s’attend à voir émerger une multiplication d’initiatives pionnières fondées sur ces technologies. Dans cette optique, un nombre croissant de DSI entreprennent des démarches exploratoires vis-à-vis de telle ou telle technologie exponentielle. Ils détectent et analysent les forces d’innovation de rupture et mettent en placent, en réaction, des stratégies d’innovation volontaristes.

Sur ce point, la veille est essentielle pour une innovation radicale qui permet l’entreprise de redéfinir son secteur d’activité ou de réinventer son modèle de fonctionnement.

Exemple d’application: Dans le domaine des nanotechnologies, une entreprise fabrique déjà un lubrifiant nanostructuré et autorégénérant, conçu pour répondre à des performances sous forte pression, l’anti-frottement, la corrosion et la stabilité à température extrême afin de prolonger la durée de vie et de réduire les coûts d’entretien des systèmes mécaniques.

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jean-luc-raymondJean-Luc Raymond est Social Media Manager Senior. Il conseille des grandes entreprises, institutions et organisations non gouvernementales sur leur stratégie de présence en ligne. Il traite des tendances numériques professionnelles et d’usages sur son blog.

Son compte sur Twitter

Crédit photo : Nikos Aliagas

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Les Experts sont des contributeurs indépendants de FrenchWeb.fr.

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